AZALAï DESERT LODGE :Une invitation à la recherche du temps perdu !

Publié le 20 Juin 2014

AZALAï DESERT LODGE :Une invitation à la recherche du temps perdu !

La chaîne de l’Atlas est, ici plus qu’ailleurs, somptueuse, impressionnante et éblouissante sous la lumière rasante préludant au crépuscule naissant. Le moindre détail, dans ce tableau couleur de feu, prend ici, aux prémices d’un désert mystérieux, un relief saisissant.
Une sorte de clair-obscur à la Rembrandt qui en appelle aux œuvres orientalistes nées de l’esprit créatif de peintres talentueux lesquels, d’un trait de plume, ont su, à l’école d’un Delacroix notamment, donner la mesure anthropologique du petit monde la rue et de celui du bled.

Quelques chameaux, à l’image de ceux de la mythique azalaï, progressent à pas comptés, effleurant la splendeur minérale des hautes dunes. Les palmiers ploient sensiblement sous la brise du soir qui soulève, par moments, de légers nuages de sable.

Indifférent à l’agitation discrète des bergers et de leurs troupeaux, formes oblongues autour des kasbahs chargées d’histoire et de culture, le soleil parachève son œuvre diurne, contribution naturelle du ciel à cette route jadis empruntée par azalaï, la caravane du sel – plusieurs milliers de chameaux remontant à travers l’aride Sahara jusqu’aux mines de Taoudeni - qui a confié son nom à cette maison, aujourd’hui nourrie de l’histoire de quelques aventuriers réputés, authentiques « voyageurs de découverte » dont Marcel Proust considérait qu’il ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais avoir de nouveaux yeux.

Expérience culturelle et artistique

Ceux, en l’occurrence, de l’artiste peintre Régis Delène Bartholdi auquel les propriétaires d’Azalaï Desert Lodge – Khouloud Belkahia et Bouchaïb Harmouzi - ont, en confiance, confié la mission de mettre en scène et de décorer cet endroit, en osmose avec la nature, avec infiniment d’originalité mais aussi d’expérience culturelle et artistique.

Il en est résulté, non sans bonheur, une sorte de patchwork culturel grâce auquel Régis Delène Bartholdi a insufflé une existence nouvelle à ces voyageurs du bout du monde, à la recherche du temps perdu.

D’Ernest Hemingway, dont le salon paré, entre autres mobilier et objets, des inimitables Chesterfield, porte son nom, à Théodore Monod et Odette du Puigaudau (ce même Monod qualifiant celle-ci et joliment de « destinée hors série au vrai sens du mot ») en passant par Antoine de Saint Exupéry ou encore Henri Matisse et Pierre Loti dont les chambres respectives restituent notamment, au travers de dessins pour la plupart inédits, leur vif intérêt pour l’Afrique.

Mais aussi Paul Bowles lequel, au gré de ses séjours au Maroc au Sahara et en Algérie, écrivain et dramaturge, auteur entre autres de « Un thé au Sahara », est ici et en quelque sorte matériellement immortalisé par sa machine à écrire.

Quant à Ibn Battûta, écrivain arabe et l’un des grands voyageurs de tous les temps, il figure aussi en bonne place au sein de ce « brain-wave » d’exception.

Enfin, dernier maillon de cette provisoire et précieuse chaîne, Iabelle Eberhardt, écrivaine et voyageuse (déguisée en homme elle traversera le Sud algérien) exprimant en ces termes son inconditionnel amour du Sahara :

« Un amour obscur, mystérieux, profond, inexplicable mais bien réel et indestructible ».

Un bivouac luxueux

Aujourd’hui, Régis Delène Bartholdi prépare « l’entrée en scène » prochaine, sur le site d’Azalaï, de nouvelles personnalités de l’aventure : de Sir Lawrence d’Arabie, qui sut, dit-on, galvaniser les tribus arabes au Général E. Daumas qui, lui, sut pénétrer leur âme, en passant par Mano Dayak, Karen Blixen et Régis Delène Bartholdi soi-même, peintre voyageur devant l’Eternel.

Le scénographe et les propriétaires ayant poussé le raffinement et le sens de la communication de la connaissance jusqu’à déposer, dans chaque chambre et chaque salon, outre des objets glanés çà et là, un livret découvrant, en quelques phrases, le parcours des hôtes recouvrant ainsi leur bien le plus précieux à savoir : le souvenir.

Dernier acte à cette découverte de ce site et pour rester en quelque sorte dans la note aventurière sans s’imposer des mois à dos de chameau – 135 jours, en 1591 étaient nécessaires pour les Saadiens désireux de rallier Tombouctou – à seulement trois heures d’Azalaï, un bivouac luxueux, composé de quatre tentes confortables dont un cabinet de toilettes, est dressé dans les dunes de l’erg Chigaga.
En ce lieu béni des Dieux, je ne peux m’empêcher de faire encore référence à la sensibilité d’Isabelle Eberhardt :

« Dehors, tout se tait, tout rêve et tout repose, dans la clarté froide de la lune. »

Bernard VADON

Mémo
Douar Tissergate, commune de Tarnata ( 3km avant Zagora en venant d’Agdz .
Tel : 00 21Z2 (0) 6 61 43 94 – Email : info@azalaidesertlodge.com etWWW.azalaidesertlodge.com
Scénographe-designer : Régis Delène Bartholdi : 00212 (0) 524 484355
Email : delenebartholdi@gmail.com

http://www.azalaidesertlodge.fr/azalai_FR.html

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #Articles

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