C’EST L’ETE :

Publié le 29 Juin 2014

C’EST L’ETE :

Faites la fête !

Le jeu de mots a fait long feu mais parce qu’il est de circonstance ne nous privons pas d’en user et, à l’occasion exceptionnelle de la célébration d’une saison estivale nouvelle, que les amateurs invétérés de la fête en abusent mais avec discernement et modération.

On ne passe pas ainsi, tous les jours, d’un été à un autre !

Et la bagatelle de douze mois d’attente – même si en ce 21ème siècle les vacances, dites en rondelles, permettent de multiplier, toutes saisons confondues, les départs - autorisent tous les excès. Ou presque.

Dans la mesure où ils ne gênent pas inconsidérément les autres.

Affaire de civisme même si, en de telles circonstances, le petit « plus » dans la gaité est un facteur certain d’oubli de ces mille et un petits tracas qui ponctuent, à longueur d’année, le quotidien de chacun.

D’autant qu’ils sont encore nombreux cette année à traverser la mer ou prendre l’avion pour venir au Maroc, sous un ciel que l’on sait incomparable, vivre, en famille ou en séjour hôtelier, quelques semaines de détente méritées.

Destination phare pour les européens notamment, le Maroc et singulièrement Marrakech – mais aussi, et depuis cette année en raison de nouvelles structures autoroutières, Agadir et Essaouira mais aussi les stations et villes du Nord - proposent déjà, à grands renforts de programmes festifs, ces moments privilégiés où, traditionnellement, on vient recharger ses batteries physiques et mentales.

Les maîtres mots de santé et de prospérité ainsi régénérées constituant les références incontournables dans ce florilège de promesses qui n’engagent pas forcément ceux qui les font. Mais l’intention, en la circonstance, ne vaut-elle déjà pas le geste ?

Le mythe du Maroc perdure et nul ici ne s’en plaint.

Qu’il s’agisse des gens du cru ou de ceux qui ont, depuis longtemps, compris et assimilé les mille et une vicissitudes de ce pays de rêve à seulement un coup d’aile d’avion des capitales européennes.

Le Maroc, mélange subtil et mystérieux où le charme imprègne autant les palais somptueux que les jardins secrets et riches de senteurs. Sans oublier les médinas populeuses qui portent leurs rumeurs jusqu’aux seuils des hôtels et maisons d’hôtes pour la plupart blottis au cœur d’oasis de verdure où se mêlent, à l’exemple des parcs anglais, les daturas sanguinéa et autres jasmins, bougainvillées, asparagus, bigaradiers, buissons d’aloès et agaves ou encore les euphorbes aux formes oblongues, les cactus pilocereus et les ficus elastica dressés haut dans le ciel, les géraniums aux couleurs chatoyantes et surtout le galant de nuit dont les effluves, irrésistibles et étourdissants à en mourir de plaisir, imbibent, sous les étoiles, les nuits marocaines.

Voilà pour le mystère et la poésie.

Comment ne pas évoquer Lyautey, surnommé à juste raison « le marocain », lorsqu’il confiait, à propos de la lumière de Marrakech :

« En jouir sensuellement comme d’un parfum, comme d’une caresse ».

Alors, je m’interroge lorsque je découvre la démarche singulière de certains médias, pourtant enracinés dans ce morceau de terre d’Afrique, inviter leurs lecteurs à préférer quelques îles certes célèbres mais pas plus accueillantes.

En ces temps de crise, il est surprenant de constater que si quelques structures marocaines s’efforcent d’accroître le potentiel d’accueil, il en est d’autres qui se contentent de vivre sur leurs acquis et qui, dans une société internationale où la concurrence est féroce mais aussi intelligente, ne semblent pas avoir compris qu’aujourd’hui les places, dans le monde du tourisme et de l’économie, sont de plus en plus chères.

En effet, il ne suffit pas d’attirer les touristes et les résidents – le phénomène a en partie vécu – il faut aujourd’hui mettre en place une véritable plate-forme de réflexion – et non pas de bavardages – et surtout de coordination qui fasse que l’ensemble de l’appareil touristico-commercial puisse travailler dans la cohérence mais aussi la transparence. Tous secteurs confondus.

Ce qui n’est pas toujours le cas.

En conservant sa spécificité, le Maroc doit prendre en compte tout ce qui contribue à sa bonne réputation. De la qualité de son accueil à la compétence de ceux qui, à tous niveaux, ont une part de responsabilité.

Une feuille de route difficile.

Il est cependant toujours désagréable d’entendre certaines gens déclarer :

« J’attendais autre chose de ce pays, je n’y reviendrai plus, le Maroc a perdu son âme ! »

Leurs arguments, nous le savons bien, ne sont pas toujours infondés.

La tâche est de plus en plus délicate et à l’unique condition d’une prise de conscience générale, le Maroc réussira l’autre manche de son défi.

Celle de la pérennité.

A ce titre, en ce temps de vacances, prenons le temps nécessaire pour que les lendemains ne chantent pas seulement pour quelques initiés ou privilégiés mais aussi pour l’ensemble d’un peuple qui le mérite et de ses hôtes fidèles.

Bernard Vadon

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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