Interview à propos de …PHILIPPE JAYAT - dit HUGO :

Publié le 14 Juillet 2014

UNE ŒUVRE PICTURALE A l’IMAGE DU TEMPS PRESENT …

« L’Histoire de la terre a commencé sans l’homme, il est à craindre qu’elle ne se terminât sans lui… »

Une réflexion empruntée à un philosophe et qui donne la mesure du gâchis permanent que nous faisons d’un monde pourtant entièrement et généreusement offert à des exigences humaines de plus en plus insupportables au point d’imaginer que la voie est également tracée quant à le voir un jour exploser.

C’était aussi le prétexte à projeter sinon prolonger cette réflexion dans le cadre d’une rencontre avec le peintre Philippe Jayat.

. On estime à juste titre votre œuvre comme puissante et singulière ?

C’est dans la gestuelle que je me retrouve psychologiquement pour justement parvenir à donner une dimension particulière aux idées qui me préoccupent. Une sorte de dérive planétaire dont chaque jour qui passe nous laisse pressentir les effets pervers. Au fond, le monde est un véritable volcan de couleurs et de formes traduisant un univers concentrationnaire où la guerre, toutes causes confondues, est en filigrane de ce bouillonnement dévastateur. Regardez ce qui se passe actuellement dans certaines parties du monde aux prises avec une violence meurtrière qui parfois dépasse l’entendement.

. En fait, votre oeuvre interpelle plus qu’elle n’effraye tout en en encourageant, à demi mots, le recours à la tendresse et à la rédemption ?

Entre l’ange et le commandeur, entre Mozart et Richard Strauss, je considère mes tableaux comme autant de fenêtres ouvertes sur l’espoir.

Si vous voulez, en filigranes de la furia rougeoyante des jets de sang qui témoignent de mes visions, il est évident que je ne cherche pas à jouer sinon inciter à jouer les apprentis sorciers.

. Les couleurs et les formes comme chez la plupart des artistes seraient, selon vous, des invitations à la réflexion ?

L’infini d’un bleu-lapis reste pour moi, par exemple, générateur d’espoir. Une sorte de mer de sérénité dans laquelle se mélangent les teintes les plus diverses, les moins aptes à cohabiter. Curieusement et magiquement.

. Pourtant, la relation entre certaines de vos oeuvres est ténue ?

Je reconnais qu’entre « Orange Mécanique » et « Mission » ou encore entre « Mater Misericordia » et « Dies Irae »,la passerelle est fragile mais elle relie des mondes au demeurant antagonistes. Et cela ne manque pas d’intérêt.

. C’est peut-être alors, dans ce miracle de la composition, que se situe votre spécificité d’artiste intuitif et autodidacte mais informé quelque part de la bonne manière de se frayer un chemin de vie sur le bois, votre support privilégié même si vous travaillez depuis peu sur la toile ?

C‘est tout nouveau pour moi mais fort intéressant. Je retrouve et je développe d’autres sensations sur des formats pas forcément académiques mais parfaitement adaptés à mes attentes. Ce qui me permet notamment d’utiliser des matières les plus inattendues qui soient.

Le rendu est souvent étonnant au niveau de mes sensations et de mes émotions.

Une œuvre de plain-chant que l’on reçoit, selon, en plein cœur pour les uns et pour les autres, moins émotifs, en pleine figure. Mais pour moi, il n’est pas question de dévoyer notre époque particulièrement agitée et instable.

D’aucuns la considèrent comme une œuvre de notre temps et qui sait, pour certains, d’un autre temps sinon déjà de demain. C’est en tout cas le message que je voudrais faire passer. A présent, à chacun de le saisir et de l’interpréter.

En tout état de cause, ces représentations peut-être excessives apparaîtront toujours comme les témoignages d’un monde de turbulences mais cependant nourri d’espoir.

La conclusion de cette rencontre, je l’ai trouvée dans cette maxime gravée sur le linteau d’une fontaine en médina de Marrakech. Quelques mots en forme de phrase énigmatique et qui invitent à s’approprier dans cette production picturale flamboyante des raisons d’aimer ou de ne pas aimer mais au contact de laquelle on ne peut, de toute évidence, rester insensible :

« Il n’y a pas de prix pour ce qui charme les yeux »

Bernard VADON

Philippe Jayat dit Hugo a exposé dans plusieurs galeries d’art en France et à Marrakech. De nombreux tableaux ont été acquis par des collectionneurs privés.
Il a également signé les peintures qui ornent le buffet de l’orgue de l’église de Marrakech.
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Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #Artistes

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