La montre du calife…

Publié le 14 Juillet 2014

Toutes proportions gardées il aurait pu, en son temps, inspirer Edith Piaf comme elle le fut d’un certain François Nicot auquel, pour les besoins de la rime, elle inventa avec celui de Jean un prénom composé.

A la différence du héros de la célèbre chanson : « Les trois cloches », notre spécimen du moment n’est ni tendre ni joufflu et encore moins rosé mais plus prosaïquement brut de béton, chevelu, enturbanné et barbu à souhait.

Abou Bahr Al Baghdadi … il se nomme et grâce aux réseaux sociaux, il y va de sa ritournelle démentielle en ce 21ème siècle qui n’a pas fini de nous surprendre à l’exemple de la langue d’Esope que l’on sait être : « la meilleure et la pire des choses » !

La vidéo sur le net est très tendance.

Notre calife autoproclamé – le prophète dont il se réclame doit se retourner dans sa tombe devant tant d’outrecuidance et d’aplomb – en termes de bagou et de paroles pour ne rien dire est un très mauvais propagandiste.

Le drame résultant de cette pantomime sinistre, c’est qu’il fait, comme on dit dans le jargon informatique, le buzz.

Loin d’être stupide, l’homme à la présumée montre de luxe qu’il arborerait au poignet n’y va pas - c’est bien le cas de le dire - de main morte dans l’élaboration de sa feuille de route.

L’invitation à suivre son turban noir via ses élucubrations et gestuelles qui rappellent dans le style d’autres tristes sires, est sans appel.

La loi et les principes, c’est moi.

Basta cosi !

Rompez, il n’ y plus rien à voir !

En filigrane d’une violence souvent abjecte dans ses actes et qui, à ce jour, ne connaît malheureusement plus de frontières.

A se poser la question de savoir quand l’escalade va cesser !

De Cordoue à Bagdad et dans la mouvance des Omeyyades, celui qui, aujourd’hui, s’implique d’autorité dans la succession de Mahomet ne manque pas d’air et de culot.

On pourrait en rire si ce n’était les conséquences multiples que pourrait entraîner ce remarquable mais inquiétant coup médiatique perpétré par une bande d’excités, d’irresponsables et au fond de fous capables de tous les excès, ils en ont fait la triste démonstration.

Là encore, vidéos à l’appui.

Pire, nul doute que leur vertu affichée sous couvert d’un Etat islamique en reconquête dont le calife représenterait les pouvoirs temporels (mais jamais spirituels) comme ces fous de Dieu le prétendent, relève du blabla et du mensonge. Et pour les esprits faibles, du bourrage de crâne.

Cruels et cyniques, ces adeptes de la charia non contrôlée et tous azimuts ne semblent pas tellement donner l’exemple de leur doctrine du partage entre tous sinon celle du « faites ce que je dis et pas ce que je fais ».

Vraie ou fausse –à la limite on s’en fiche - la montre de luxe, au-delà des vociférations de celui qui la porte au poignet, est un signe grossier mais qui ne trompe pas sur les véritables intentions de ces nouveaux exploiteurs de la l’affligeante crédulité de certaines populations.

Bernard Vadon.

 La montre du calife…

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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