Mais où vont-ils chercher çà ?

Publié le 8 Juillet 2014

Le cinéma fiction n’a qu’à bien se tenir car le moment n’est pas si loin où les réalisateurs de ces productions d’un autre monde devront inventer de nouvelles séquences à l’intention des amateurs de sensations fortes sinon exemples-types de spectateurs en salles obscures qui prennent leur plaisir à se laisser emporter dans les vaisseaux spatiaux qui, pourtant, n’appartiennent déjà plus au royaume de l’imaginaire.

Comme l’époque singulière que nous traversons est plus que jamais asservie au Dieu argent, il faut bien se triturer les méninges pour se donner les moyens de satisfaire les envies les plus insatiables.

Les artisans du système ne sont pas en reste ; particulièrement du côté de l’Afrique subsaharienne où certains petits malins sont passés maîtres dans l’art de manipuler l’informatique délinquante. C’est une autre affaire.

Mais il semble que les réseaux sociaux et singulièrement Facebook soient à leur tour, plus sérieusement et du même coup dangereusement, passés autrement à la phase active dans ce déploiement vertigineux de méthodes d’investigations au plus intime de la nature humaine. Mieux nous sonder pour mieux nous connaître.

Dans ce travail de recherche les scrupules n’ont pas droit de cité.

Les américains sur le chapitre connaissent la musique.

Ainsi, un bataillon d’universitaires a t-il été constitué avec, pour feuille de route, la mission de « tester » la bagatelle de 700.000 cobayes- utilisateurs du système. L’affaire a fait son petit effet.

Objectif : étudier leur comportement pour, à terme, définir cette expression barbare dénommée, « la contagion émotionnelle ».

Terreur et enchantement à la clé.

Pas évident d’échapper à« Big Brother ».

Tout ce que l’on peut manifester, parfois inconsciemment, est soumis à la moulinette de la conscience.

L’équation se traduira, à partir de tout ce qu’on exprime, par des choix qui n’en seront plus afin de mieux nous imposer ceux de ce système diabolique.

Inutile de chercher à comprendre.

Le cerveau lui-même, nous apprend-on dans la foulée, tout comme cet organe conoïde qu’est le cœur, ne seront bientôt plus que des colifichets physiologiques sans utilité.

Des ordinateurs penseront à notre place et, pire, créeront pour nous.

D’acteurs nous deviendrons spectateurs à perpétuité.

La machine, par exemple, pourrait concevoir des œuvres littéraires ou toutes autres créations. Elle sera aussi performante que ces ordinateurs mastodontes capables d’ingurgiter et de restituer des centaines de millions pour ne pas dire de milliards de données.

Pire, elles penseront – au sens de l’activité de l’esprit et de la connaissance – se jouant des Marx, Gandhi et autres Pascal et Einstein qui affirmait (en manière d’ultime pensée née d’un cerveau humain) que nous aurons le destin que nous méritons.

Mais où, diable, sont-ils allés chercher tout ça ?

Sur ma terrasse encore humide de rosée matinale et colorée par les rayons timides d’un soleil naissant alors que depuis les arbres proches où mes amis les oiseaux mènent une sarabande joyeuse avant de venir réclamer, à une portée de main, leur pitance journalière, je me prends à rêver de ce que la nature nous offre.

Gratuitement.

J’ai refermé l’ordinateur puis éteint le téléphone portable, un pléonasme de circonstance car le téléphone, aujourd’hui, ne peut qu’être portable afin de mieux nous menotter à nos habitudes du 21ème siècle qui n’est plus, loin s’en faut, celui des lumières.

Arrêt soudain sur image … histoire de retrouver le rythme du temps d’hier. Celui des illusions qui n’étaient pas encore perdues.

Bernard VADON

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Mais où vont-ils chercher çà ?

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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