Super François …

Publié le 14 Juillet 2014

S’il n’existait pas il faudrait presque l’inventer tant ce pape François, au-delà de toute conviction religieuse, sort de l’ordinaire … de la messe, bien sûr !

Les catholiques comprendront la plaisante allusion.

Dans son enthousiasme, François a même entraîné une autre sainteté émérite, Benoit XVI dans une confrontation sportive inventée – précisons-le quand même - de toutes pièces par les médias non sans un certain sens de l’humour que nos deux chefs d’Etat seront à même d’apprécier.

Tout le monde aura saisi le prétexte éminemment sportif de l’anecdote puisqu’elle concerne le match de Coupe du Monde opposant l’Argentine et dont François est un fervent supporter au point, nous apprend-on encore, de continuer d’acquitter sa cotisation annuelle au club de sa ville dont il recevait, il n’y a pas si longtemps, les joueurs en audience privée.

Les deux papes et néanmoins prélats – n’oublions que les papes sont aussi évêques de Rome – ne se retrouveront pas pour autant autour du même poste de télévision … quoique !

Bref, l’un comme l’autre, outre leur cursus d’exception, ne manqueront pas (ne sont-ils pas bien placés) d’affirmer qu’il n’y a que la foi qui sauve – tout en sachant combien sont impénétrables les voies du Seigneur - et qu’à ce titre chacun en réfèrera secrètement à ses origines.

En tout cas, le temps d’un match qui ne séchera qu’à moitié les larmes de ces pauvres brésiliens qui, maintenant, en font un peu trop dans le pathos.

Entre la rage d’avoir été laminés par une équipe allemande qui n’avait qu’un défaut, si l’on peut dire, c’était de bien jouer et le sentiment de haine cachée vis à vis d’un peuple honni – les argentins- la coupe sera pleine.

Il leur faudra pourtant et encore – comble de malchance – sur leur propre terrain, boire le calice jusqu’à la lie … avec, en prime, l’amère … pilule, symbole de la défaite !

Dans les favelas on s’en portera malheureusement toujours aussi mal car le miracle n’a pas eu lieu et le petit peuple brésilien déjà affecté par le prix de l’événement et de son impact mitigé sur l’économie interne devra retrouver sinon trouver le véritable sens des mots énergie et progrès.

De fait, le dernier mot appartient à ceux qui, en réaction et fous de rage face à un contrat qui pour eux n’a pas été honoré, stigmatisent les salaires, vertigineux en chiffres, des acteurs sportifs en général et footballeurs en particulier surtout motivés par l’argent exagérément roi et régenté par des sponsors experts comptables en la matière.

Avec tout ce que cela implique – en ce domaine comme en d’autres – de gérance et de moralité à géométrie variable.

Pour un peu les comprendre, il n’était que de voir, à leur arrivée en France, les voitures grand luxe sagement stationnées sur leur parking et attendant nos sympathiques mais peu à plaindre joueurs de l’équipe nationale.

A espérer simplement mais sans se faire trop d’illusions qu’ils n’adopteront pas le comportement de leurs anciens, illustres et pédants prédécesseurs plus enclins à prendre les supporters pour des canards sauvages que d’honorer sinon remercier ces derniers sans lesquels ils n’existeraient pas.

Une leçon parmi d’autres - et à méditer - de la notoriété.

Bernard Vadon

Super François …Super François …

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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