Un monde de contrastes …

Publié le 8 Juillet 2014

Comment ne pas succomber à la magie du désert naissant. Aux portes de Marrakech.
Au cœur de cette palmeraie mythique.
Moment fort et d’exception.


A quelques kilomètres seulement d’une ville en gestation urbaine effrayante de nuisances de toutes sortes. Plongée dans une modernité dévorante.
Au risque de perdre sinon ses valeurs en tout cas ses repères.

Dans la nuit superbe de ce mois de juillet dévolu, en principe, à la réflexion spirituelle, les vagues déferlantes d’une musique du temps présent venue d’établissements touristiques dont les responsables ne sont manifestement pas respectueux du droit au calme nocturne des riverains, perturbe les beaux quartiers présumés de l’Hivernage.
Amplifiée par une sonorisation tonitruante.
Un mélange surprenant et choquant de sons et de vociférations faussement lyriques où la mélodie et plus simplement la musique sont absentes.
Cherchez l’erreur … ou l’accord !

Retour à la case « out of Morroco ». Côté palmeraie.
Dans ce havre de paix encore noyé de soleil couchant.


Prélude à la nuit proche.


Dans les arbres mariant leurs formes à l’obscurité doucement envahissante, les oiseaux offrent leur dernier chant aux dieux de l’Olympe sinon à Dieu tout court.
Place au mystère et aux apparitions fantasmagoriques que génère la féerie des lieux.
Le vent du soir soufflant depuis le Sud froisse sensiblement les feuilles en accompagnement naturel dans ce décor imaginaire inimitable.
Sur l’herbe fraîchement tondue, à deux pas d’un étang aménagé, les crapauds, sautillants et bruyants, mènent la danse.


Dans la campagne proche, un troupeau de moutons broute une herbe rare alors qu’un âne brailleur dérange le calme de la nuit.
D’un modeste minaret, repère spirituel et significatif, l’appel à la prière porte, au plus loin qui soit, le dernier message de vigilance avant l’aube.

Le ciel prend une couleur bleu nuit.


Les étoiles cernent la moitié de lune qui a déjà entamé sa course sans pour autant le rattraper en direction du soleil disparu depuis quelques minutes derrière la courbe légères des collines précédées de champs d’oliviers et de bouquets de palmiers, sortes de points géodésiques naturels.
Les oiseaux sont soudain silencieux alors qu’une compagnie de grillons rythme, par leurs crissements secs, cette symphonie à la gloire de la nuit que soutient à nouveau le chant rauque des crapauds.

Autant en emporte le vent de la nuit sur un monde de contrastes où la sérénité des lieux est au loin troublée par les accents agressifs d’un ramadan singulièrement et malheureusement décalé façon « faites place au vacarme ».

Bernard VADON

Un monde de contrastes …
Un monde de contrastes …

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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