DESSINE-MOI UNE ABEILLE…

Publié le 7 Octobre 2014

DESSINE-MOI UNE ABEILLE…
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DESSINE-MOI UNE ABEILLE…
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DESSINE-MOI UNE ABEILLE…
DESSINE-MOI UNE ABEILLE…

Victimes du plus grand prédateur de la planète, la disparition scandaleusement programmée des abeilles préfigure des lendemains qui pleurent !

Qu’importe l’auteur – Albert Einstein ou Charles Darwin – et qu’ils aient ou non préfiguré notre avenir en fonction de la préservation de la fameuse « apis mellifera » (autrement et plus communément nommée l’abeille dite domestique) le fait est là. Indéniable.

Qu’on se le dise et que l’on cesse de pratiquer la langue de bois : les abeilles se meurent et leur disparition engagera, à plus ou moins brève échéance, notre processus vital.

Ce n’est plus une question de qualité gastronomique par rapport à un produit d’exception dont les vertus remontent en des temps immémoriaux mais plus clairement, et sans exagérer, une affaire grave liée au fait que notre existence sur terre ne sera plus tout à fait comme avant en raison de cette disparition.

Le lobby agro-alimentaire sur la sellette

En cause, nous ne le savons que trop : notre légèreté liée à une civilisation de plus en plus asservie à une modernité plus destructrice que constructive.

En l’occurrence et de façon plus circonstancielle, le lobby agro-alimentaire, notamment celui d’Outre-Atlantique, qui fait la pluie et le beau temps économique, est manifestement plus motivé par la situation des marchés financiers que par la santé, et, par voie de conséquence, la survie de l’être humain.

Produire s’imposant, pour cette frange d’individus néfastes et cupides, comme le mot clé d’une politique profondément égoïste qui pour se justifier invoque la mission perverse et déguisée de nourrir, envers et contre tout, la planète et tous les affamés dont le nombre n’a de cesse d’augmenter.

Dans ce combat de dupes la chimie prévaut et les pesticides se révèlent, au final, comme une arme à double tranchant et surtout permissive en regard de produits finalement plus dangereux qu’utiles.

Spirale infernale

Les acteurs opposés à cette politique du produire n’importe comment pour fournir du n’importe quoi, s’efforcent de promouvoir d’autres méthodes.

Non sans difficulté.

Notamment, les Pierre Rabhi et autres innovateurs en la matière aussi courageux qu’entreprenants et motivés par la preuve irréfutable que le mode de vie occidental est tout simplement destructeur.

A contrario, nous pouvons, malheureusement, compter sur certains pays émergents, actuellement en pointe économico-financière, pour reprendre le flambeau du profit pour le profit au détriment de la qualité de vie souhaitée par le plus grand nombre.

Ce qui est le cadet de leurs soucis !

Pourtant, dans cette spirale infernale qui nous attire de plus en plus vers le bas, l’abeille, la minuscule, mais ô combien savante et énigmatique « apis mellifera », ne parvient plus à tenir la dragée haute à ces pourfendeurs de la vie sur terre, indifférents à la disparition - programmée et dans des proportions dramatiques - de cette espèce, indispensable, via la pollinisation, à l’indispensable renouvellement végétal.

Sans ce maillon de vie essentiel et naturel à la pérennité de l’espèce humaine nous imaginons facilement, pour l’homme en particulier mais aussi pour les animaux, les conséquences fatales à plus ou moins brève échéance.

La prise conscience est certaine mais en attendant les abeilles, par ailleurs amoindries par différents virus - dont le redoutable varroa - meurent par millions en même temps que le monde de l’apiculture s’indigne, s’inquiète et tire la sonnette d’alarme.

Singulièrement– et j’en connais – ceux que les abeilles n’ont de cesse de surprendre par leur intelligence, leur codes et leur sens inné de l’organisation. Tel cet apiculteur du Sud-Ouest plus soucieux de la santé compromise de ses abeilles que de leur rapport financier et qui maintenant doit aussi affronter les voleurs de ruches.

Un mauvais rêve et pourtant …

Une âme qui revient

Un plan de développement durable de l’apiculture a été initié. De son côté la société Guerlain qui a choisi l’abeille comme symbole de son activité s’est engagée dans une action conduite par l’association du conservatoire de l’abeille noire bretonne, sur l’île d’Ouessant.

Elle vient ainsi de lancer son premier prix littéraire en formant le vœu que l’abeille – symbole de l’Empire et rehaussant le légendaire flacon commandé en 1853 par le célèbre parfumeur et réalisé par les verriers Pochet et du Courval à l’intention de l’Impératrice Eugénie – retrouve dans notre quotidien la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

Une lecture récente faisant à ce propos référence à Charles Baudelaire a merveilleusement ravivé mes souvenirs ; principalement, celui qui se rapporte au flacon dont les créateurs se sont inspiré, à dessein, des tuiles du dôme de la colonne Vendôme, les recouvrant des soixante neuf abeilles symboliques :

« Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient

D’où jaillit toute vive une âme qui revient. »

Que souhaiter, aujourd’hui, sinon que l’âme de l’abeille martyrisée investisse à nouveau et en nombre nos campagnes et nos jardins urbains.

Ne serait-ce que pour perpétuer et embellir la vie.

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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