A Paris, dans le cadre du Musée du Quai Branly la Fondation Jacques Chirac pour la défense de la liberté et de la démocratie.

Publié le 22 Novembre 2014

A Paris, dans le cadre du Musée du Quai Branly la Fondation Jacques Chirac pour la défense de la liberté et de la démocratie.

En marge d’un nouveau destin pour son pays, un aréopage de personnalités venues d’horizons divers a honoré la tunisienne Amira Yahyaoui et célébré son combat pour la paix.

Il y a trois sortes de tyrans : ceux qui règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes et les derniers par succession de race. Cherchez l’erreur !

Au demeurant, le résultat est malheureusement le même : la célébration de l’asservissement.

Etienne de la Boétie et son œuvre-phare, « Contr’un » ou « Discours sur la servitude volontaire » - dont l’ami Montaigne fut au demeurant un fervent propagandiste - touchait au point sensible du comportement humain et le plus détestable qui soit, à savoir la tyrannie.

Une manière d’éloge de la désobéissance inspirée de cette constatation qui faisait affirmer à La Boétie que :

« C’est un malheur extrême que d’être assujetti à un maître dont on ne peut jamais être assuré de la bonté et qui a toujours le pouvoir d’être méchant quand il le voudra. Quant à obéir à plusieurs maîtres, c’est être autant de fois malheureux. »

Peu importe, au fond, que le doute subsiste quant à la paternité de ces textes et que d’aucuns en viennent – curieusement - à les attribuer à Montaigne.

Pourtant, un écrit composé dans la prime jeunesse de La Boétie donnait déjà le ton du propos à venir et dans lequel il célébrait l’honneur de la liberté contre les tyrans.

Seul, un difficile ADN littéraire pourrait authentifier cette suspicion finalement spécieuse !

Pour la prévention des conflits

Au musée du Quai Branly, à Paris, dans le décor de l’amphithéâtre Claude Lévy-Strauss, en présence de Jacques Chirac et d’un aréopage de personnalités venues d’horizons divers – dont le président de la République Française - Alain Juppé a dernièrement eu pour mission de remettre, à la jeune tunisienne Amira Yahyaoui, le prix « Pour la Prévention des Conflits » décerné par la Fondation Jacques Chirac.

Le prix de la culture pour la paix ayant été par ailleurs remis à l’association « Clowns sans frontières » laquelle, depuis une vingtaine d’années, œuvre auprès des populations victimes de la guerre, de la misère et de l’exclusion.

Alain Juppé a opportunément insisté sur la volonté toujours affirmée du président Chirac de mettre la diplomatie au service de la paix et de favoriser un engagement sans relâche en faveur d’une mondialisation maîtrisée et respectueuse de la dignité de la personne humaine.

Rien de plus actuel !

Le souvenir des printemps arabes est encore sensible dans les mémoires. Singulièrement, celui de la Tunisie.

Le parcours d’Amira Yahyaoui, dans la Tunisie du clan Ben Ali, est à divers égards exemplaire.

Une famille d’exception et insoumise au sens noble du terme.

Son père, le juge Mokhtar Yahyaoui paya un lourd tribut au pouvoir pour avoir défendu l’indépendance de la justice et son cousin, Zouhair, fut torturé dans les geôles tunisiennes. Elle même fut exilée forcée durant cinq années. Ce qui ne l’empêcha pas de soutenir la rébellion et de dénoncer les exactions dans son pays d’origine.

Respect de la vie

La Tunisie : surprenant pays où les femmes ont toujours et courageusement tenu le haut du pavé politique et social.

De Didon (Elyssa) qui fonda Carthage en 815 avant J.C à Nebiha Ben Miled qui initia l’Union de femmes musulmanes en passant par la Kahena, première femme féministe en Afrique du Nord et aujourd’hui Amira Yahyaoui mais aussi Omezzine Khelifa et tant d’autres, connues ou inconnues, conduites par la stricte observance de valeurs fondées sur le respect de la vie.

Elles savent pertinemment de quoi il retourne et surtout que le combat n’est pas fini.

Ce qui se passe aujourd’hui de par le monde où l’élémentaire respect de la personne humaine n’est même plus une vue de l’esprit. Dans certains pays, l’asservissement a repris du poil de la bête et les femmes ne sont pas les seules à souffrir de ce regain de violence et d’inhumanité.

L’atrocité et la barbarie sous toutes leurs formes sont devenues monnaies courantes :

« Il n’y a rien au monde de plus contraire à la nature, toute raisonnable, que l’injustice. »

L’absolutisme qui en résulte est, en ce cas, une plaie et, en même temps, une offense à la nature au sens large du terme.

D’ailleurs, La Boétie ne se prive pas d’y faire allusion:

« La nature de l’homme est d’être libre et de vouloir l’être mais il prend facilement un autre pli lorsque l’éducation le lui donne ».

En clair, la porte ouverte sur la désobéissance qui peut devenir, en certaines circonstances, une nécessité vitale… sinon une qualité.

Bernard Vadon

A Paris, dans le cadre du Musée du Quai Branly la Fondation Jacques Chirac pour la défense de la liberté et de la démocratie.A Paris, dans le cadre du Musée du Quai Branly la Fondation Jacques Chirac pour la défense de la liberté et de la démocratie.A Paris, dans le cadre du Musée du Quai Branly la Fondation Jacques Chirac pour la défense de la liberté et de la démocratie.
A Paris, dans le cadre du Musée du Quai Branly la Fondation Jacques Chirac pour la défense de la liberté et de la démocratie.A Paris, dans le cadre du Musée du Quai Branly la Fondation Jacques Chirac pour la défense de la liberté et de la démocratie.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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