EN MARGE DE LA VISITE DU PAPE FRANCOIS A STRASBOURG

Publié le 25 Novembre 2014

 EN MARGE DE LA VISITE DU PAPE FRANCOIS  A STRASBOURG

LA LETTRE OUVERTE ADRESSEE PAR M.MELANCHON AU PAPE FRANCOIS, AU-DELA DE SES OUTRANCES, EST UN SIGNE GRAVE D’UNE SOCIETE EN DECADENCE ET ILLUSTRE, VIA LE RIDICULE, LA RAISON DES SOTS.

La visite du souverain pontife aux institutions européennes a constitué – n’en déplaise à certains - un événement sinon politique en tout cas diplomatique important qui témoigne – n’en déplaise encore et toujours à certains - de la mission fondamentale de l’Eglise et singulièrement de son pasteur institutionnel actuel, le pape François.

Que le monde soit en crise, nul ne le nie.

Et cela, dans un contexte particulier qui incite à penser que ce n’est pas une époque de changements mais un changement d’époque.

Un monde où le fossé entre les très (ou trop) riches et les très (malheureusement trop) pauvres ne cesse de se creuser.

L’ARGENT ROI

Du Secours Catholiques au Secours Populaire en passant par les Restos du Cœur de Coluche où le nombre de repas distribués ne cesse, chaque année, d’augmenter dans des proportions inquiétantes, ces associations à la démarche exemplaire constituent un baromètre de la pauvreté incontournable et fiable qui donne la pleine mesure du scandale de l’argent-roi.

Quelques exceptions généreuses qui ne vont pas manquer de se manifester confirmant, comme toujours, la règle.

Le problème est récurrent et pas forcément relatif au productif mais à une redistribution totalement dévoyée et autoritaire qui se moque, de par le monde et dans la plupart des cas de figures (l’exception confirmant la règle) de la toute simple et élémentaire justice humaine.

Que les sceptiques et pourfendeurs patentés de tout ce qui touche au religieux - toutes confessions confondues - se penchent, en particulier, sur le Nouveau Testament et lisent quelques paraboles instructives sur le sujet. Notamment, sur la notion de l’argent et de son usage.

Dans ce contexte préoccupant, le pape François a pris la mesure du danger et remplit tout simplement sa mission en prenant le parti de ceux qui pâtissent, du Nord au Sud, de conditions d’existence inadmissibles et insupportables. Un constat qui ne met pas en marge de cette grave situation ceux – les nations en l’occurrence – qui estiment légitimement ne pouvoir accueillir toute la misère du monde en déplaçant ainsi le problème sans pour autant lui apporter des solutions intelligentes qui ne nuiraient à personne.

Cela dit, s’offusquer, à la suite de l’eurodéputé et néanmoins co-président du Parti de Gauche français, Jean-Luc Mélanchon, de la démarche du souverain pontife qui - dans la foulée - s’est également et sévèrement manifesté à Rome devant les membres de la F.A.O. – en charge, pour les Nation Unies, de l’alimentation et de l’agriculture -relève d’un ridicule abouti.

Celui dont Henry de Montherlant affirmait (« Le Cardinal d’Espagne ») :

« Que tout homme à qui le pouvoir monte à la tête est toujours ridicule ». (sic)

Un grotesque qui va se nicher jusque dans l’usage des formules de politesse puisque M. Mélanchon engage son courriel par un surprenant : « Monsieur le Pape … ».

Pourquoi pas Monsieur le Roi, s’il s’adressait un monarque ou un Madame la Reine … d’Angleterre !

Dans le cas du pape François, nous pourrions suggérer à M. Mélanchon de calquer son quotidien sur celui d’un homme qui, en dépit de sa haute fonction de Chef d’Etat et de chef religieux, a renoncé, purement et simplement, aux ors et aux pompes du Vatican. Une ascèse permanente et louable respectée durant toute sa vie aussi bien à Rome qu’hier en Argentine et héritée de son ordre des Franciscains et de son saint patron, François. Un modèle dont M. Mélanchon pourrait peut-être s’inspirer.

CHARITE CHRETIENNE OBLIGE

François n’a pas attendu d’être installé sur le siège de Saint Pierre pour appliquer son principe de don de soi en vivant le plus simplement qui soit, privilégiant dans toutes les situations et à l’image de son guide, le Christ, les plus petits et les plus pauvres.

Quant aux remarques relatives à ce que François aurait dû faire et surtout ne pas faire sur l’autel d’une République et d’une laïcité sur lesquelles il y aurait bien à dire et surtout à écrire, elles prêtent sinon à rire en tout cas à sourire.

Charité chrétienne oblige !

Mais oui, c’est ainsi Monsieur Mélanchon … à qui le bon sens des urnes nous a épargné de confier la responsabilité suprême.

Selon vous, vos collègues européens auraient été « Humiliés et blessés » (diantre !) par la démarche papale.

Pardonnez-moi, c’est oublier que le pape François, si modeste et sage soit-il, est à même – j’estime - de juger de certaines situations diplomatiques et, le cas échéant, son entourage est également là pour déjouer les éventuels pièges protocolaires et les ingérences dans les affaires étrangères.

Et puis, que je sache, le Vatican n’est-il pas un Etat souverain avec tout ce que cette spécificité lui octroie de privilèges certes mais surtout de responsabilités morales sur la scène internationale ?

Avec ce pape, pour parler familièrement, vous tombez un peu à côté de la plaque car – pardonnez-moi encore - en ce qui concerne sa sagesse et son sens de l’humain, vous auriez quelques difficultés à seulement lui arriver au niveau de la cheville.

Sur le chapitre strasbourgeois le pape François, ne nouvelle fois, n’y est pas allé par quatre chemins pour fustiger le ronron mondial en matière d’élémentaire humanité.

Qu’ajouter à son message de l’instant initié par le souci d’exhorter un continent en crise mais uni – en l’espèce l’Europe – à rester attentif à l’étranger et à continuer à œuvrer pour la justice dans le monde.

Peut-on trouver à redire à un homme qui se réclame avec une rare conviction de la défense de la paix, de la vie et des plus faibles ?

Un message que pourtant, vous gens de gauche … sinon d’extrême gauche, au-delà de votre culture traditionnellement anticléricale et de toute façon obsolète, devriez applaudir des deux mains.

Bernard VADON

Post-scriptum :

Avec tout le respect que l’on peut nourrir à l’égard des représentants de notre gouvernement actuel on peut s’étonner du choix des deux officiels chargés au nom de la France – le pape François foulait pour la première fois notre sol et le drapeau national en témoignait –

En d’autres temps, M. François Mitterrand – président pourtant socialiste - avait fait le déplacement à Strasbourg pour accueillir Jean-Paul II et son premier ministre de l’époque avait été dépêché pour le retour du souverain pontife.

Autres temps autres mœurs, mais aussi une nouvelle illustration de la légèreté de nos institutions protocolaires. A chacun d’apprécier.

Quelques illustrations du grave problème de la pauvreté dans le monde et la vidéo de l'intervention musclée du Pape François devant les représentants des  institutions européennes.Quelques illustrations du grave problème de la pauvreté dans le monde et la vidéo de l'intervention musclée du Pape François devant les représentants des  institutions européennes.
Quelques illustrations du grave problème de la pauvreté dans le monde et la vidéo de l'intervention musclée du Pape François devant les représentants des  institutions européennes.
Quelques illustrations du grave problème de la pauvreté dans le monde et la vidéo de l'intervention musclée du Pape François devant les représentants des  institutions européennes.Quelques illustrations du grave problème de la pauvreté dans le monde et la vidéo de l'intervention musclée du Pape François devant les représentants des  institutions européennes.

Quelques illustrations du grave problème de la pauvreté dans le monde et la vidéo de l'intervention musclée du Pape François devant les représentants des institutions européennes.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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