Alors que Jean Gabin chante « La vie commence à 60 ans »… … D’AUTRES ENVISAGENT DE METTRE LES ANCIENS AU RANCART !

Publié le 19 Janvier 2015

Alors que Jean Gabin chante « La vie commence à 60 ans »…    … D’AUTRES ENVISAGENT DE METTRE LES ANCIENS AU RANCART !

Quelle mouche aurait donc piqué Jacques Attali – au demeurant éminent économiste – dont on a quelques difficultés à comprendre et à partager les propos récemment rapportés (et quand même à confirmer) sur Facebook et relatifs à sa façon, pour le moins singulière et hallucinante, de prôner l’inutilité de laisser vivre des individus au-delà de la soixantaine.

Rumeur ou interprétation retirée de son contexte en tout cas la citation a tout lieu de surprendre sinon de scandaliser. Qu’on en juge :

« Dés qu’il dépasse 60-65 ans l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché mais il n’est pas solvable. Je suis, pour ma part, en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. » (sic)

UNE OPPORTUNITE INATTENDUE

Analyse doublement surprenante de la part de celui qui, par ailleurs, a largement dépassé cet âge limite à partir duquel, selon lui, le sexagénaire n’a plus droit au chapitre social sinon à la vie tout court.

A moins que M. Attali ne se considère côté son propre état civil comme une exception confirmant sa règle …

Ce qui ne manquerait pas de culot.

Pourtant, quelques chiffres puisés au hasard d’études récentes démentissent sa conception personnelle du vieillissement de la population laquelle, contrairement à toute attente, constituerait plutôt une opportunité inattendue de croissance pour l’hexagone.

Les tempes argentées – plus jolie et plus poétique désignation des papy et mamy boomers – assimilés chez les anglo-saxons à une authentique et profitable « Silver Economy » ont encore du beau et du bon temps devant elles ; n’en déplaisent, cher M. Attali, aux pseudos « djeun’s » (comme on les désigne en langage branché) et autres pisse-vinaigres de circonstance qui, d’ailleurs, crachent avec autant de hargne sur les « vieux » (oh le vilain qualificatif qui n’a plus sa place dans le contexte social de notre 21 siècle) que sur les jeunes.

DE L’ARGENT QUI VAUT DE L’OR

Vous souhaitez, chers économistes, des preuves de l’utilité de laisser vivre cette frange de la population ?

Par exemple et pour cibler le produit en chiffres : l’Insee prévoit que le nombre de Français âgés de plus de 60 ans pourrait atteindre le chiffre de 21 millions en 2035 et jusqu’à 22,3 millions en 2050, soit une hausse de 8O% par rapport à 2005.

Ils seront, en 2050, plus de deux milliards dans le monde.

Vous pouvez commencer de préparer les seringues et autres breuvages propres à les expédier sur l’autre rive du fleuve de la vie.

Mais redevenons sérieux :

Ceux que l’on classe aujourd’hui dans cette fameuse « silver-economy » - qui n’en est qu’à ses balbutiements – valent de l’or.

Démonstration :

Que l’on ne se méprenne pas sur l’utilité de cette population qui n’inclut pas uniquement le profit (eh,oui !) généré par la dépendance (seulement 8% des personnes de plus de 60 ans sont concernées par cet état physique) mais les autres « retraités » dont le niveau de vie est largement supérieur, par comparaison aux actifs, à ce qu’il était il y a 30 ans. Leurs dépenses de consommation devraient, dans un proche avenir, dépasser les 50% par rapport à celles des moins de 50 ans.

Autant en emporte les fantasmes des partisans de la solution finale rappelant – infâme souvenir – la folie des fomenteurs de génocides en puissance. Un certain Hitler a malheureusement fait des adeptes qui officient encore de nos jours. La raison est autre mais la finalité tout aussi abjecte.

350.000 EMPLOIS A LA CLE

Mais poursuivons les bienfaits de soigner plus que jamais cette génération de seniors un peu trop vite enterrée.

Côté emploi, par exemple, le secteur pourrait afficher 0,25 point de croissance annuelle en France et favoriser la bagatelle de 350.000 créations d’emplois.

Qui dit mieux ?

Aujourd’hui, la diversité des besoins de ces nouveaux consommateurs dynamise un marché en plein essor.

Des loisirs à l’alimentation en passant par le tourisme, l’assurance, la santé, les transports, la communication et singulièrement l’informatique et le téléphone, sans parler des société de services, cette population émergente pourrait facilement prendre place dans une modernité « up to date ».

La gamme des services qui leur sont dévolus est large : résidences services, logements évolutifs, téléassistance médicale relayée aujourd’hui par des capteurs médicaux et demain les robots auxiliaires de vie.

Il est bien évident que cette politique doit s’accompagner, notamment pour les retraites modestes, d’innovations propices à favoriser des marchés appropriés s’adressant à cette population qui voit, grâce à un système social adapté, son pronostic vital engagé dans la voie d’un développement « new-wave ».

BIEN VIEILLIR

Ce défi passe aussi par des mesures visant à augmenter les liquidités nécessaires pour donner à la filière toutes ses chances.

Le viager en est un.

Pour exemple encore :

« Si les plus de 75 ans vendaient des viagers à un taux équivalant à celui constaté aux Etats-Unis, ils disposeraient de 5 milliards d’euros supplémentaires à consommer. » estime Jean-Hervé Lorenzi, titulaire de la chaire de transitions démographiques et transitions économiques.

Une piste sérieuse encouragée par la Caisse des dépôts ainsi qu’un groupe d’investisseurs institutionnels au travers d’un fonds d’acquisition de biens en viager occupé mutualisé sous le label Certivia et doté de 120 millions d’euros.

En conclusion, si le « bien mourir » est compréhensif dans des situations spécifiques et volontaires, le « bien vieillir » est autrement préférable et louable au plan humain.

En d’autres termes et selon Gustave Thibon :

« Bien vieillir c’est gagner en transparence ce qu’on perd en couleur. »

Un vaste programme qui demande du temps, ce temps dont Romain Gary disait qu’il ne vous fait pas vieillir mais qu’il vous impose ses déguisements.

Et pour rester dans la note de la nouvelle année empruntons ces mots de Victor Hugo à Alfred de Vigny à la veille d’entrer dans le millésime 1825 :

« Saluons ensemble cette nouvelle année qui vieillit notre amitié sans vieillir notre cœur.»

Bernard Vadon

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Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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