LA DERNIERE TENTATION DES BIOLOGISTES

Publié le 21 Janvier 2015

LA DERNIERE TENTATION DES BIOLOGISTES

L’information a produit son petit effet médiatique.

En effet, si l’on en croit les récents progrès de la science en la matière et singulièrement la parole des biologistes, il semblerait que le vieux rêve, nourrit depuis la nuit des temps par l’homme, à savoir de faire un pied de nez à la mort, ne soit plus une banale vue de l’esprit.

En tout cas, parole de biologiste !

Ainsi, grâce à cette même science de la biologie - qui a fait reculer de façon spectaculaire tout ce qui pouvait contribuer à raccourcir l’existence humaine - les recherches nouvellement abouties concernant notamment des affections plus spécifiques bousculent quelques idées reçues - tel le cancer et ses dérivés que des chercheurs attribuent pour 2/3 au seul fait du hasard - auraient pour effet de rendre immortelle une bonne partie de la société humaine.

Cependant, un bémol s’impose dans cette future équation existentielle. Il a trait à l’éradication - ce qui n’est pas une mince affaire dans une société de plus en plus tournée vers le profit et la consommation –de la pauvreté, des conflits à tous niveaux, des catastrophes naturelles et des accidents de la vie courante dont on a, malheureusement et en permanence, des exemples et non des moindres.

La liste est longue de ces mille et une maladies ou accidents directement favorisés par l‘insouciance de l’homme et ne résultant pas forcément d’une santé fragilisée ou d’un facteur génétique, mais qui nous précipitent via le destin et illico presto de l’état de vie à celui de trépas.

JOLIE FORMULE SIGNEE EINSTEIN

N’entrons pas dans le business plan circonstanciel qui découlerait d’une victoire sur la mort quant à la redistribution des cartes d’une existence sur terre qu’il conviendrait de partager en tenant compte d’un nombre de plus en plus croissant d’individus.

Le merveilleux a ses limites. Et c’est peut-être ce qui en fait le sel de la vie.

Cette continuité qui s’impose dans le monde métaphysique et que Platon considérait comme le couronnement de toutes les connaissances.

Ou encore la croyance selon Georges Clémenceau qui affirmait « qu’elle est en l’air et que nous ne pouvons que l’y laisser … »

Une réflexion qui ne fait pas l’unanimité mais qui fournit le prétexte à ne pas négliger le sens profond de cette formule car c’est dans cette atmosphère insoupçonnée (appelons cela l’éther) que se trouve peut-être la réponse à la question relative à l’autre éternité, celle qui conduit au mystère divin, voire à l’autre éternité dont Albert Einstein estimait joliment que c’est Dieu qui se promène incognito.

IMMANENCE DE L’ACTION DIVINE

Vivre plus longtemps, pourquoi pas si c’est le prétexte à grandir et surtout à se grandir.

En revanche, vivre éternellement dans le sein de Dieu ou, de façon plus universelle quant aux religions monothéistes, celui d’Abraham, n’est-il pas mieux ?

Une théorie qui risque de contrarier Jean Rostand qui déclarait :

« Combien la nature était assez vaste pour ne pas éprouver le besoin de lui ajouter quelque chose ».

Et cela, au mépris de toute métaphysique liée à la création divine.

Pour sa part, Saint Thomas d’Aquin prônait l’immanence de l’action créatrice de Dieu au plus intime des êtres et laissait à Jésus le soin de nous promettre une autre forme d’éternité, sans aucun doute la plus belle : celle de l’âme.

En tout cas, celle qui correspond peut-être mieux à ce que pensait Gustave Flaubert :

« Il ne faudra pas moins que l’éternité pour admirer la beauté absolue, indicible des choses ».

Bernard Vadon

"Ils sont devenus fous !
"Ils sont devenus fous ! "Ils sont devenus fous !

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Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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