LE PAPE FRANCOIS : mobilisateur imprévisible et surprenant mais tellement lucide !

Publié le 22 Janvier 2015

LE PAPE FRANCOIS : mobilisateur imprévisible et surprenant mais tellement lucide !

S’il est un chef d’Etat unique en son genre et dans tous les (bons) sens du terme, c’est bien le pape François qui, par sa fonction et contrairement aux remarques délirantes et déplacées de M. Mélanchon, mérite sa place au sein des instances internationales.

André Finkielkraut, distingué philosophe devant l’Eternel laïque, en a remis récemment une couche en le qualifiant de démagogue.

Cet infatigable baroudeur spirituel qui passe finalement autant sinon plus de temps dans les avions que sous les ors du Vatican - où d’ailleurs, contrairement à ses prédécesseurs, il se contente d’une modeste chambre quasi monacale – n’a de cesse de prendre, à bras le corps, les délicats problèmes de société du moment.

La tâche est ardue.

Au risque réel de mettre sa vie en danger ou de nourrir des réflexions injustes et sans fondement.

André Finkielkraut, membre de la caste agissante et bavarde des intellectuels en vogue, y est ainsi allé gaiment de la litote percutante dont il a le secret en déclarant, sans rire, que si le pape est populaire c’est parce qu’il est démagogue. Ben, voyons !

Singulier procès en disqualification qu’intente M. Finkielkraut lequel, en fin lettré, devrait faire l’effort de remonter à l’étymologie grecque du mot qui signifie l’art de conduire et de charmer le peuple. Tout à l’opposé de la personnalité du souverain pontife, un homme simple, à l’image de son patron, Saint François, pauvre et populaire et soucieux de remplir sa mission autrement qu’en recherchant le clientélisme ou le populisme.

L’élection d’un pape n’est pas encore une affaire de suffrage universel mais bien d’un dosage de capacités multiples, appréciées par un aréopage de dignitaires qui savent de quoi il retourne même si celui qu’ils ont installé sur le siège de Saint Pierre ne leur fait pas de cadeaux quant à leur conduite.

Autant dire que l’appréciation du philosophe de circonstance est sans intérêt.

Dont acte.

Mais c’est vrai que l’audience exceptionnelle que recueille partout où il passe le successeur de Pierre a tout lieu d’agacer.

Le record d’affluence, jamais atteint, des fidèles lors de la messe solennelle célébrée à Manille – près de 7 millions de personnes – est un signe fort de la puissance de la foi mais aussi de la pérennité d’une religion de plus de 2000 ans d’existence.

Et cela, en dépit d’épisodes pas toujours glorieux mais atténués, depuis, par la repentance.

Ce pape argentin dont la vie a toujours été exemplaire s’emploie à défendre une éthique religieuse aujourd’hui décriée et prétexte minable à des excès de langages et d’écrits choquants qui détonnent quelque peu au regard des discours politiques du moment axés sur la sacro-sainte (on n’en sort pas !) liberté d’expression, dont il faudrait peut-être aussi définir les limites. Ne parlons pas de la tolérance.

La célèbre formule cartésienne « Cogito ergo sum » (je pense, donc je suis) que je reproduisais fidèlement sur la page de garde de mes cahiers d‘études, au-delà de sa stricte analyse philosophique, m’invitait au respect de l’autre et surtout de sa différence de pensée, source d’enrichissement.

Aujourd’hui, ce pape me séduit comme il séduit plus de deux milliards de chrétiens dont une forte proportion de catholiques auxquels il convient d’ajouter de nombreux non-croyants également conquis.

Par ces temps de changement d’époque, et non pas d’époque de changement, la société se trouve confrontée à une perte de valeurs élémentaires.

Les amalgames de toutes sortes n’arrangent pas un souhaitable mais hypothétique retour à la sérénité et à la paix.

Selon François qui a – comme nous tous - condamné sans appel les actes barbares qui ont frappé la capitale française, nous avons, certes, l’obligation de parler ouvertement mais cette liberté doit s’exercer sans offenser.

Dans le domaine de la foi plus qu’en tout autre, il y a des limites et d’ajouter à ce propos qu’on ne peut provoquer, insulter et tourner en dérision la foi des autres.

A bon entendeur salut !

Le message est clair et je serais tenté de le compléter par cette remarque d’Albert Einstein :

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

En d’autres termes, il est à souhaiter que le beau soufflé de la mobilisation du 11 janvier dernier ne retombe pas et ne se limite à quelques pieuses déclarations de nos gouvernants.

Comme disait encore le pape François :

« Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing ! »

Il y a comme du Don Camillo dans ce comportement. Une raison de le rendre plus encore sympathique et rassurant.

Bernard Vadon

André Finkielkraut ... vous avez dit démagogue mais qui est véritablement démagogue ?

André Finkielkraut ... vous avez dit démagogue mais qui est véritablement démagogue ?

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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