« MOI, PRESIDENT ! » L’ART DE NOYER LE POISSON OU LETTRE A UN AMI FRANÇAIS.

Publié le 19 Janvier 2015

« MOI, PRESIDENT ! »    L’ART DE NOYER LE POISSON OU LETTRE A UN AMI FRANÇAIS.

Mon bien cher ami,

La politique est un art que d’aucuns consomment avec une rare délectation jusqu’à verser, pour le plus grand nombre, dans une schizophrénie qui, sans friser la démence, se nourrit, en ce domaine d’exception, d’une incohérence manifeste dans la façon d’organiser et surtout d’appliquer des programmes au demeurant alléchants.

M. François Hollande, notre cher président – avec tout le respect dû à la fonction - est devenu orfèvre en la matière et son « Moi, Président ! » entrera dans la légende des plus habiles bonimenteurs de l’espèce.

Toujours aussi droit dans ses bottes - d’on ne sait combien de lieues - il affirme, allergique à la crise, aller son chemin sans finalement en connaître l’issue.

Crise identitaire ou crise mondiale tout court, c’est encore le lampiste qui devra porter le fardeau et assumer les dégâts.

Hallucinant, notre cher Président passé par toutes les affres sentimentales de ce que le plus basique des Français doit parfois et naturellement endurer … pour preuve, cette ingrate compagne disgraciée mais qui – sacrée numéro – n’a de cesse de mettre en scène ses présumés malheurs (comme si elle avait été la seule à souffrir d’amour incompris) et qui, après son carton pseudo littéraire en forme de confession sur canapé-lit, nous promet un visuel cinématographique en forme cette fois d’intimité vue au travers du trou de la serrure. Un second tome serait en préparation de la même veine mais certainement pas inspiré du talent d’un Milan Kundera par exemple. Souvenez-vous son œuvre intitulée : « L’insoutenable Légèreté de l’être »

Le drame c’est qu’il se trouvera demain autant de gogos spectateurs qu’hier de lecteurs pour se nourrir de cette production annoncée de série B.

Pendant ce temps, notre cher Président abreuve nos sillons non pas, comme dans la patriotique « Marseillaise », de sang impur, mais de bobards politiques quant à des lendemains qui chantent mais auxquels il ne croit pas plus qu’aux déclarations enflammées de son ex concubine.

Pour ma part, dans ce florilège de mensonges j’aurais pu, comme tout un chacun, trouver le moyen de passer au travers des mailles de tant de filets administratifs à commencer par les impôts que j’associe à un devoir civique élémentaire.

Pourtant, c’est en ce domaine que mes doutes se confortent :

Foi de président, il n’y aura pas de hausses d’impôts en 2015… certes, mais comme pour grand nombre de mes concitoyens, mon cher Président s’est employé à majorer l’impôt la bagatelle de quelques dizaines de pour cent de hausse pour certains et sur la base de déclarations qui n’ont pas pourtant pas évoluées depuis ces dernières années. Avec, pour faire bonne mesure, une sympathique majoration sur le solde et les mensualités à venir.

Cherchez l’erreur !

Sinon que mon cher Président est un communiquant d’exception passé maitre dans l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes.

Et ça marche.

Après un début d’année pour le moins explosif et tragique on reste partagé entre deux questions clés :

A qui profite le crime et Pour qui sonne le glas ?

François Hollande que, hier encore, on brocardait en capitaine de pédalo se révèle soudain, aux dires d’une grande majorité de français comme un chef de guerre avisé.

Il est vrai que les tristes circonstances que l’on sait lui ont donné du grain à moudre et ont apporté de l’eau à son moulin désespérément en panne.

Le Président, jusqu’alors mal aimé, a regagné son leadership et du même coup grimpé dans les sondages.

En clair, une explication en forme de légitimité politique acquise sur les champs de batailles.

On connaît le phénomène.

Son premier ministre ayant décrété le temps de guerre, notre cher président aura t-il pour autant le talent d’un De Gaulle pour conserver cette légitimité, la paix retrouvée ?

Pas sûr.

L’économie est en berne et, piteusement, nous avons perdu une place sur l’échelle mondiale.

Cela dit, en manière de leçon à notre cher Président et surtout en référence à Albert Camus dans sa lettre à un ami allemand, je note cet extrait instructif :

« Je continue de croire que ce monde n’a pas de sens supérieur mais je sais que quelque chose en lui a du sens, et c’est l’homme, parce qu’il est le seul être à exiger d’en avoir. »

Ajoutant un bémol à ce triomphe :

« Nous avons nos certitudes, nos raisons, notre justice : votre défaite est inévitable ! »

« Wait and see » comme disent nos voisins britanniques autrement plus aptes et prompts à nous brûler la politesse !

Mon cher ami français, j’espère ne pas avoir trop abusé de ta patience et je t’assure de ma fidélité.

Ton très cher et dévoué … Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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