Aujourd’hui, entre « Je suis Charlie » et « Not in my name », ma préférence irait à « Say it Ain’t so ».

Publié le 11 Février 2015

Aujourd’hui, entre « Je suis Charlie » et « Not in my name », ma préférence irait à « Say it Ain’t so ».

Plus qu’un slogan ou un cri de guerre travesti, ce titre d’une chanson référence de Murray Head, dans sa traduction (« Dites-nous que ce n’est pas vrai ») publiée non sans un vif succès en 1975, n’a pas pris une ride et me semble résumer, en autant de mots que les autres affirmations de circonstance sinon l’état des lieux planétaires, en tout cas le malaise singulier que l’on éprouve dans la situation mondiale actuelle.

Avec, en filigrane de ce mauvais scénario, les vœux d’une année nouvelle et meilleure qui, d’un pays à un autre - et la France n’a malheureusement pas fait exception au tout début de ce mois de janvier 2015 - ont volé en éclats sous les balles meurtrières d’une minorité certes mais suffisante pour mettre le feu aux poudres. La preuve.

Chacun y va de sa vision personnelle des événements sinon de sa propre et certainement sincère philosophie mais au bout du compte qu’en résulte t-il ?

Certes, s’il ne faut pas, comme l’écrivait Albert Jacquard, s’enfermer dans une définition unique de l’Islam (et peut-être celle chère aux islamistes) où est la solution alors même que les extrémistes d’Irak et de Syrie sont de plus en plus relayés, hors les frontières de ces pays, par des combattants persuadés d’être dans la vérité ? On serait tenté de dire leur vérité.

La même qui leur fait combattre leurs frères en religion mais aussi ces chrétiens arabes pour lesquels la vie en terre d’Islam (souvent leur terre d’origine) n’a jamais été facile.

Loin d’être acceptés ils furent longtemps tolérés mais sous conditions pour être aujourd’hui massacrés ou contraints à l’exil.

On veut bien admettre la notion de confusion entre Etat islamique et Islam tout court. Mais finalement à qui profite le crime ?

Pas évident d’éviter l’amalgame même si ce dernier, dans le contexte actuel, est intolérable.

La critique est facile et la France, de façon injuste et incorrecte, est une cible rêvée le plus souvent d’ailleurs sous le feu de ceux qu’elle a bien voulu accueillir. Un comble.

L’art d’harmoniser ce peuple aux multiples facettes dont on s’accorde plaisamment qu’il n’est pas facile à gouverner relève de l’impossible.

La démarche n’est pas évidente dans une société au comble de l’exaspération et qui a fait de la religion et accessoirement de la spiritualité sa bête noire.

Pourtant, si la religion est parfois source de conflits elle est aussi génératrice de valeurs et d’espérance.

Au grand dam des libres penseurs, athées, anarchistes et autres adversaires inconditionnels du sabre et du goupillon puisque pour eux l’un va difficilement sans l’autre.

Pour revenir à Murray Head et à la situation préoccupante du moment j’opte pour « Say it ain’t » (Dites-nous que ce n’est pas vrai).

Il est toutefois et à ce titre une personnalité et non des moindres qui tranche dans un monde qui ignore la transcendance et se complait dans l’indifférence, c’est le pape François que j’aime à citer car il est toujours au cœur des réalités humaines contrairement au plus grand nombre de ses pairs se contentant du « faites ce que je dis mais pas ce que fais ».

« Pas de paix sans fraternité. » exhorte François qui ajoute à cette recommandation la notion de charité, de solidarité et de miséricorde.

Un sacré (sans intention sémantique particulière) programme … et pourtant !

Quand à la différence elle est source d’enrichissement plus que de discorde, de violence et au pire d’indifférence.

Bernard VADON

Paix et fraternité !

Paix et fraternité !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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