De Charlie aux chrétiens d’Orient : D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !

Publié le 26 Février 2015

De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !

Ainsi va la vie pourrait-on dire sur le ton de la résignation si l’objet ne portait pas en lui des conséquences désastreuses.

L’hebdomadaire, dont tout le monde connaît le titre en forme de prénom, hier encore quasi inconnu sinon confidentiel et dont la notoriété confortée par quelques caricatures ravageuses, c’est le moins qu’on puisse dire, a franchi, en victime, les frontières de l’inconcevable en matière d’horreur. En ce jour maudit de janvier dernier des malades mentaux, en quelques minutes, ont ainsi bouleversé la conscience du plus grand nombre.

L’inimaginable union nationale s’est alors manifestée au prétexte d’une liberté d’expression à géométrie variable.

Terminé les belles et émouvantes déclarations ponctuées de ces larmes dont on à peine, pour ceux qui se laissèrent aller au pathos, à ne pas les qualifier de crocodiles.

A ne plus rien y comprendre dans ce monde qui a de plus en plus de difficultés à trouver ses repères. Notamment, à la lecture de la déclaration universelle des droits de l’homme et singulièrement de son article 19 qui garantit tout individu de son droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. Fin de citation.

Liberté occidentale par excellence

Certes, mais il y a un mais dont semblent se moquer ceux qui sautent la ligne pourtant importante relative à une liberté qui ne peut s’affirmer, et le cas échéant se justifier, qu’au regard d’un élémentaire respect des opinions, principalement religieuses, sinon de pensées tout court.

Cherchez une fois encore l’erreur.

Kant estimait – à chacun d’apprécier son analyse – que la liberté d’expression est nécessaire à la liberté de pensée.

On pourrait ajouter : dans la mesure où elle ne conduit pas à la tentation de la calomnie et de la diffamation.

Ou, tout simplement, si elle n’est pas génératrice de blessures morales.

En termes plus clairs et judiciairement parlant l’exercice de ces libertés comporte des devoirs et surtout des responsabilités.

Des restrictions aussi quand elle porte atteinte au respect des droits et de la réputation d’autrui.

Même si la liberté d’expression est considérée comme la liberté occidentale par excellence - âprement défendue, en particulier, par les caricaturistes de « Charlie Hebdo » qui ont payé de leur vie ce risque, pourtant bien encadré, en tout cas pour quelques-uns - il n’en demeure pas moins que le passage est étroit entre cette liberté et le blasphème dont ces gens revendiquent, pourtant et d’autorité, le droit.

Curieuse conception de la tolérance si chère aux laïcs invétérés et autres démocrates en puissance.

Comme tant d’autres ils ont eu parfois à répondre de ces dérapages devant la justice.

Aujourd’hui, le miracle (un mot à consonance divine certes mal approprié pour qualifier le succès inattendu d’un journal anti conformiste et aux abois) en millions d’euros est quand même une consolation si mince soit-elle mais qui relève du hasard chez les athées et de la providence pour les modèles cul bénis souvent choisis par le crayon assassin. Principalement celles et ceux qui ont la mauvaise fortune de croire en des idées qui chagrinent, tout en leur donnant du grain à moudre, les chevaliers du crayon redresseurs de torts.

Tu ne penses pas comme moi ou pas comme je pense ; donc, je pense stupidement et tu me croques !

Où sont les défilés d’union internationale ?

Ainsi, c’est reparti … et cette fois « le bal tragique » risque de dépasser largement les frontières de Colombey-les-deux- Eglises (qui servit de « Une » historique à l’hebdomadaire « Hara-Kiri » pour « honorer » en 1970 et à sa façon singulière la mort du général De Gaulle)

De la notion du sacré – pierre d’achoppement du désordre ambiant actuel – selon l’historien Mircea Eliade aux hiérophanies (manifestations du sacré) par opposition au profane, il va de soi que le sacré, principalement dans la sphère religieuse, est surtout porteuse d’espoir et de révélation de soi- même dans la perspective d’un ailleurs et de la reconnaissance sinon d’un ressenti divin, plutôt que de la rigolade via les caricaturistes.

Une approche de l’espérance – consistant à échapper à sa condition d’être fini et mortel – qui dérange (on se demande pourquoi) tellement les adeptes de la non croyance et de leur propension à la dérision.

Le pape (ou l’évêque à la rigueur de Rome, le directeur de « Charlie-Hebdo », dans une interview, ne savait pas trop comment nommer l’éminence mitrée) a la meilleure place dans la séquence caricaturée de l’hebdomadaire ressuscité.

Oui et pour reprendre le titre de « une » :

C’est reparti et dans quelles conditions financières !

On s’en réjouit pour eux.

Mais de toute évidence François s’en contrefiche et le prend d’où ça vient tout en stigmatisant au passage, mais pacifiquement, le blasphème.

Ce qui ne l’empêche pas de vivre sa foi au quotidien et dans l’humilité chère aux franciscains et selon une forme d’intelligence forgée chez les jésuites. Et cela, au cœur d’une église qui a fait de la repentance un acte universel et peut-être unique de contrition.

Alors, stop aux conneries et assertions dépassées.

Nous sommes en 2015 et l’Eglise a fait du chemin même s’il lui reste encore du pain sur la planche.

Ce qui importe aujourd’hui au pape François c’est aussi et surtout la condition de ces chrétiens qu’on assassine tous les jours non pas par deux ou quatre mais par paquets de cent et dont personne ou quasiment personne ne se préoccupe. Et ça continue dans une totale affection de type Alzheimer.

Où sont les défilés d’union internationale, présidents et rois en première ligne, pour dénoncer, haut et fort, ce scandale, cette liquidation pure et simple d’une communauté dont le seul tort est de PENSER en chrétien mais de ne pas être libres de l’exprimer ?

Voilà un bon sujet de caricatures mais là, on ne rigole plus et c’est moins payant !

Bernard VADON

De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !
De Charlie aux chrétiens d’Orient :  D’un côté, c’est reparti et de l’autre, ça continue !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :