L’art de faire prendre des vessies pour des lanternes !

Publié le 5 Février 2015

 L’art de faire prendre des vessies pour des lanternes !

En quelques mots accompagnés d’autant de verbes pour constituer deux courtes phrases, Guy de Maupassant – en 1881 – définissait le métier de politicien :

« C’est qu’il n’est pas facile, ce métier d’enjôleur, d’entraîneur de peuples. Il faut saisir avec un tact infini les courants d’idées qui vous entourent, trouver le mot juste, le complément nécessaire, ne blesser personne, rallier les mécontents, séduire toujours ».

Napoléon 1er était passé maître dans l’art consommé du rassemblement.

Une anecdote, entre autres, colle tout particulièrement à ce tempérament d’exception.

Lorsqu’il passait ses troupes en revue, l’empereur prenait la précaution de se faire accompagner par l’officier responsable du bataillon. Ce dernier avait pour mission de l’informer discrètement de la personnalité de chacun des soldats qu’il passait en revue allant jusqu’à s’inquiéter nommément de la santé de leurs enfants manifestant ainsi à leur égard le plus grand intérêt.

Ce même Napoléon, à l’origine de la Légion d’Honneur et qui affirmait à cet égard que c’est avec des hochets que l’on mène les hommes.

A bon entendeur …

La liste est d’ailleurs longue de ceux et non des moindres qui la refusèrent. Mais laissons à Coluche le soin de brocarder, à sa façon inimitable, le fameux ruban rouge signe de reconnaissance de la Légion d’Honneur :

« Si on voulait me la donner j’irai la chercher en slip pour qu’ils ne sachent pas où la mettre ! »

En matière de dénicheurs de décorations et d’usage de boniments, les politiques ne sont pas en reste.

Il enrichissent leurs discours démagogiques de ces mille et une petites phrases au demeurant anodines et pourtant génératrices de situations spécifiques parfois passées à la postérité. Avec en prime, pour quelques jeunes loups, une dose appréciable de suffisance et d’arrogance.

Ils pratiquent, en tout cas et non sans talent, la contradiction jusqu’au plus extrême culot. De la droite à la gauche en passant par leurs extrêmes et bien entendu les centres de toutes couleurs, chacun y va de sa vérité.

Tel ce leader politique démentant récemment une affirmation d’hier en prétextant que les temps ont changé pour justifier sa volte face.

Le métier d’enjôleur, comme le qualifiait Guy de Maupassant, ne manque pas de prétendants à la fonction parfois suprême et la sémantique au service de l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes ne connaît pas de limites. La finalité étant l’accession au pouvoir.

En d’autres termes, le monde politique et diplomatique, relayé par les réseaux sociaux a encore de beaux jours devant lui.

Il est vrai que le jeu en vaut la chandelle !

Bernard VADON

 L’art de faire prendre des vessies pour des lanternes !
 L’art de faire prendre des vessies pour des lanternes !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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