MONSIEUR LE PRESIDENT HOLLANDE : Sans pour autant en faire un fromage … halte à l’éreintage de la langue française !

Publié le 20 Février 2015

MONSIEUR LE PRESIDENT HOLLANDE :  Sans pour autant en faire un fromage … halte à l’éreintage de la langue française !

« Les Français parlent comme un livre et, des années durant, j’ai été portée, transportée par leur passion du verbe. Aujourd’hui leur prolixité m’épuise. Tant d’arrogance, tant d’agressivité ! Comment font-ils pour ne pas entendre leur propre morgue ? »

Pas spécialement tendre à notre égard Nancy Huston et son dernier ouvrage (« Bad Girl, Classes de littérature ») pour moitié du titre dans cette langue – l’anglais – dont, assure t-elle, le prétérit lui manque, et qui n’est guère plus flatteur.

Pour ajouter à son argumentation, elle se pique de citer Maurice Druon, grand défenseur de notre langue et qui, lui aussi, (et nous lui donnons notre voix n’en déplaise à Nancy Huston) n’y allait pas de main morte à propos de la défense de la langue française :

« Prenez un traité rédigé en français : à condition que le français en soit correct, ce traité est clair, et finalement il est bref, il est compréhensible de tous, et son interprétation ne donne pas lieu à des contestations. Il n’en va pas de même de l’anglais » estimait l’hôte de l’Académie Française, au risque de s’attirer les foudres de la perfide Albion. Ce dont il n’avait rien à faire.

En tout cas, c’est un point de vue qui vaut bien celui de Mme Huston considérant que « notre langue est guindée, et induit des attitudes guindées ». Dont acte !

Tout est dit par l’auteur de « Lignes de faille », ouvrage qui lui valut quand même, il y a quelques années, la sollicitude de ces dames du Fémina.

Force et beauté

«Il me reste à prouver que, si la langue française a conquis l’empire par ses livres, par l’humeur et par l’heureuse position du peuple qui la parle, elle le conserve par son propre génie »

Ce n’est pas de Nancy Huston mais d’Antoine de Rivarol qui ne considérait pas forcément l’usage du subjonctif comme un piège tendu aux candidats aux examens.

Le français obéit à des règles c’est ce qui fait sa force. Egalement sa beauté. Quant à son enrichissement qui semble tracasser Mme Huston et sans être un irréductible du Littré, il n’a jamais cessé de nourrir le verbe et le vocabulaire grâce à la contribution d’auteurs pas forcément issus du bercail national.

Voltaire, quant à lui, y allait plus modérément en affirmant qu’il n’est pas de langue parfaite et que « la première est celle qui a le plus d’excellents ouvrages. »

Voilà qui devrait inspirer notre cher Président dont on prétend qu’il est orfèvre dans la gaudriole (au sens de la plaisanterie et de la blague) mais qui présente quelques graves manquements en matière de pratique linguistique.

Sa dernière conférence de presse en témoigne tout comme son intervention stupéfiante lors de la remise des insignes de la Légion d’Honneur à Patrick Modiano dont il a salué le style « modianesque » non sans préciser en passant qu’il était écrivain !

Franck Ferrand – historien, écrivain et journaliste - déplore également le manque d'éloquence du président de la République. Singulièrement, lors de sa dernière conférence de presse et l'invite à respecter la beauté de la langue française.

Quel baragouin !

Et le journaliste d’y aller allègrement de la citation présidentielle :

«La France, elle doit toujours être à l'initiative.../ C'était quand?/ Est-ce que les crédits ont à l'être?/ ...nous aurons à chercher un accord pour permettre que dans le moyen terme, il puisse être donné un cadre pour que les Grecs puissent faire des réformes.../ Et puis, tout s'est défait dans les applications, dans les détails, puis ensuite dans les mouvements de force./ Nous avons pu faire accomplir des progrès, mais ils n'ont pas résisté aux tenants des épreuves de force...» Etc., etc.

Quel sabir et quel étrange baragouin que ce français de vache espagnole comme on dit familièrement !

Au diable la syntaxe et le vocabulaire.

Et Franck Ferrand de faire à nouveau un bond dans les annales présidentielles françaises.

Effectivement, comment ne pas se souvenir de l’art des formules du général De Gaulle (« La réforme oui, la chienlit non !) ou du la phrase parfaitement structurée de Georges Pompidou par ailleurs fin lettré. Mais aussi de l’élégance du parlé de Valéry Giscard d’Estaing sans oublier François Mitterrand qui avait le sens de l’à propos et le cas échéant, lorsque cela l’arrangeait, de la litote.

J’y ajouterai une autre personnalité, le Roi Hassan II du Maroc, qui pratiquait un langage châtié et était souvent incollable sur les auteurs français. Jean Daniel en avait fait l’amère expérience lors d’une interview télévisée du souverain. N’oublions pas, dans ce palmarès, Jacques Chirac dont le personnage était à lui seul une belle illustration de notre langue et de nos traditions nationales.

Le mot de la fin nous le confions à nouveau à Franck Ferrand qui donne la mesure de tant de déficience intellectuelle et d’affectation de nullité présidentielle :

«Cette langue, Monsieur, est notre patrimoine commun; ses beautés appartiennent à tous ceux qui s'en donnent la peine; elle est la dernière fierté des petits, l'ultime trésor des pauvres. Faites donc en sorte de ne pas trop l'abîmer, s'il vous plaît! »

Avec, au point d’orgue, cette imitation dans le style Hollande :

« La France, euh, elle en a assez que, euh, vous causiez pas bien son langage qu'il y a lieu de penser beau, pourtant... Euh...)»

Comme dirait le Général De Gaulle :

« Il est temps de siffler la récréation ! »

Bernard VADON

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MONSIEUR LE PRESIDENT HOLLANDE :  Sans pour autant en faire un fromage … halte à l’éreintage de la langue française !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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