Chrétiens et les Musulmans « Ensemble avec la Vierge Marie » et, à écouter, la version ( ci-jointe) islamo-chrétienne de « l’Ave Maria » de Caccini par Tania Kassis : Non, tout espoir n’est peut-être pas perdu !

Publié le 26 Mars 2015

Les temps que nous traversons sont marqués par les abus de toutes sortes.

La religion – enfin la conception que se font certains de la religion – est au cœur de la déstabilisation actuelle du monde.

Les excès et le voyeurisme mais aussi les diktats imposés par quelques intellectuels ou philosophes en mal de notoriété quand ce ne sont pas ces pseudos docteurs de lois iniques à l’image de celles prônées par le Grand Mufti d’Arabie Saoudite – le cheikh Abdul Aziz Ibn Abdullah – considérant que l’Islam est la seule religion en usage dans la péninsule arabique et qu’à ce titre, il invite, une nouvelle fois, à la destruction systématique de tout ce qui peut être représentatif de la religion chrétienne et notamment les églises et les chapelles et autres lieux de culte est en soi intolérable.

Rappelons au passage la présence, non négligeable en nombre - environ 800.00O baptisés pour la plupart expatriés - participant, par leur talent, au développement de ce cher pays d’Orient.

En tout cas, la carte de visite de ce haut responsable religieux du royaume musulman sunnite se réclamant entre autre du courant rigoriste Hambalite et exerçant la fonction de chef du conseil suprême des Oulémas (savants musulmans) est éloquente en bien des points !

A présent, à chacun d’en interpréter les dérives.

Un signe de Dieu

Au-delà du refus de l’Islam de considérer Jésus comme le fils de Dieu et par voie de conséquence naturelle, d’associer sa mère à toute génération de facture divine, la Vierge Marie bénéficie, au regard de ce même Islam, d’un statut particulier.

D’autant qu’une sourate entière lui est consacrée dans le Saint Coran qui note « qu’elle fut choisie de préférence à toutes les femmes de l’univers. » (Coran,III,42)

Elle est par ailleurs, ce qui n’est pas rien, considérée comme un signe de Dieu à l’adresse des hommes.

Ce qui, au demeurant pourrait compenser, chez les musulmans, leur rejet de l’épisode de la crucifixion, aboutissement prophétique indéniable pour les chrétiens et justification pour ces derniers de l’événement pascal, mystère de la Résurrection et voie ouverte sur l’Apocalypse ou Livre de la Révélation.

Un texte fort et prophétique dans lequel l’apôtre Jean préfigure la fin des temps et annonce la délivrance du peuple de Dieu.

Les musulmans, dans leur singularité certes respectable, affirment quant à eux que le Christ n’a pas été crucifié mais qu’il fut mis en présence directe de Dieu sans avoir à souffrir la mort et qu’il reviendra dans sa gloire pour précisément annoncer l’Apocalypse et le Jugement dernier.

Un incontestable et fondamental désaccord entre les deux religions mais une différence qui, étrangement, sinon mystérieusement, ne réduit pas la place occupée par la Vierge Marie et la dévotion qu’elle suscite dans les communautés aussi bien sunnites que chiites ou druzes.

Maintes fois, j’ai eu l’occasion d’apprécier, non sans émotion, cette vénération au sein de familles musulmanes. Jusqu’à remarquer, un jour, chez une de mes bonnes amies, une image de la Vierge Marie.

De la même façon, il m’est arrivé d’accepter et de conserver pieusement un chapelet rapporté de la Mecque par quelques amis musulmans tout autant respectueux de ma foi chrétienne que je ne l’étais de la leur. En retour, ils acceptaient, avec autant de respect et de reconnaissance, les symboles religieux que je rapportais occasionnellement de la cité mariale de Lourdes.

En somme, et selon la formule littéraire, une façon émouvante de marier la vigne à l’ormeau, en d’autres termes, de marier les cœurs.

Paix, amour et liberté

La Vierge de Béchouate sur la route des Cèdres et de Bcharré, au Liban, patrie de Khalil Gibran, est manifestement inscrite, aujourd’hui, dans la tradition maronite. Notamment, depuis ce 21 août 2004 lors de la manifestation mariale à un jeune touriste jordanien musulman.

Cette relation intime d’un musulman avec une figure sainte chrétienne ne restera pas sans conséquences pour le moins surprenantes.

D’autant que d’autres événements miraculeux seront associés à cette apparition.

Comment ne pas penser à Bernadette – la petite bergère de Lourdes – à qui la Vierge est également apparue comme elle le fera à ce jeune musulman en ce sanctuaire niché au creux de la plaine de la Bekaa.

Dans les deux cas, le message est étrangement similaire sur le fond et marqué par cette pureté dont en général l’enfance est le foyer le plus mystérieux et le plus secret.

L’Histoire ?

Muhammad, avec des amis de sa famille, visite, en qualité de touriste, cette région sensible. Il semble plus intéressé par le décor de ce lieu que par cette vierge de plâtre sur laquelle il pose un regard curieux. Jusqu’à ce que la statue perde son état de sculpture et prenne soudain figure humaine. Le jeune homme intrigué croit tout naturellement à un mécanisme d’animation et s’en confie à son entourage. Il n’en est rien et le miracle se nourrira d’autres manifestations dont ces larmes qui coulent sur la joue de la Vierge. Le jeune homme est sous le choc émotionnel et s’adresse en des termes inhabituels pour lui : pour un chrétien les femmes de rrit d'utreshumainenaturellement à un mécanisme d' que je rapportais occasionnellement de la cvi

« Salut à toi, Vierge Marie, Reine du monde, de la paix et de l’amour. Des vieillards, des enfants et des femmes tombent, de par le monde. Instaure la paix, l’amour et la liberté sur la face de la terre, ô Reine du monde. »

Peu importe la réserve, traditionnellement et surtout prudemment adoptée dans ce genre d’événement, par l’autorité religieuse.

Ce qui compte aujourd’hui c’est bien le message reçu et adressé dans le contexte de guerres sauvages et horribles que se livrent des communautés non pas persuadées de la vérité mais de leur vérité.

Qui prennent Dieu à témoin d’actes les plus abominables et inimaginables qui soient.

Particulièrement, les combattants fous de Daech sous influence hautement diabolique et qui enlèvent, séquestrent, décapitent, éliminent de manière stupide tout ce qui fait le patrimoine culturel mondial, éliminant les communautés chrétiennes ainsi que celles qui n’épousent pas leurs idées obscurantistes. Les chrétiens mais aussi les musulmans payent un lourd tribut à cet Etat Islamique démoniaque.

Face à cette horreur et à l’incapacité manifeste des grandes puissances de la combattre, il se trouve des porteurs de paix considérant, à juste raison, que la guerre n’est pas la solution.

Face aux coutelas et autres Kalachnikov, l’espérance n’est pas vaine. En témoigne le dialogue islamo-chrétien dont le Saint pape Jean Paul II s’était employé, tout au long de son pontificat, à encourager le processus non seulement par des paroles mais surtout par des actes.

Un chemin sur lequel n’a pas manqué de s’engager le nouveau pontife, François, animé d’un exceptionnel courage décuplé par une volonté affirmée de mettre l’amour et la paix en exergue de sa mission.

Au cœur de cette fragile modalité de réconciliation entre confessions différentes, deux enfants – une jeune chrétienne, Bernadette il y a 150 ans et un jeune musulman, Mohammad, il y a seulement dix ans - ont donc porté des témoignages forts et symboliques.

Tous deux animés d’un commun message de fraternité et d’union délivré par la Vierge Marie.

Une prière commune

Ce dernier 25 mars dans le patchwork politique et religieux actuel et en ce pays, le Liban, où cohabitent pas moins de dix-huit confessions, les chrétiens du monde entier, associés aux musulmans dans cette initiative spirituelle, ont fêté l’Annonciation de l’Ange à Marie, événement rapporté dans l’Evangile et dans le Coran.

Depuis l’année 2010, cette fête a été décrétée fête nationale au Liban.

Une initiative encouragée par le cheik Mohamad Nokkari qui confiait, en ces termes, les motifs de cette initiative de fête commune aux chrétiens et aux musulmans :

« La Sainte Vierge se trouve au cœur de notre expérience. Notre mère génétique est Eve, cependant, nous avons une autre Mère accueillante et préoccupée de notre sort, à nous musulmans et aux chrétiens. Une mère protectrice qui nous envahit par son amour et sa tendresse. Un constat qui m’a inspiré l’idée d’une fête mariale commune aux deux religions. »

Un projet de célébration commune sera rapidement entériné par le gouvernement libanais qui se distingue à nouveau par la portée de ce message de paix délivré par un pays souvent ravagé par les conflits et les affrontements entre communautés religieuses de tous bords.

La preuve, pour les fauteurs de troubles, que les religions ne sont pas systématiquement les pierres angulaires de ces guerres et de ces attentats qui endeuillent et déstabilisent le monde.

L’occasion, en tout cas, de mettre en exergue les parallèles stupéfiants et troublants relevés aussi bien dans le Saint Evangile, de Saint Luc, notamment, que dans le Saint Coran.

Ainsi, au-delà des divergences mais aussi des interprétations parfois les plus farfelues, la Vierge Marie est manifestement le point de convergence sinon de référence qui peut fournir bien des raisons d’espérer entre les chrétiens qui la vénèrent et les musulmans qui lui réservent une place privilégiée dans le Coran où elle est citée pas moins de 37 fois !

Une prière commune qui n’est pas sans rappeler celle, initiée, il y a quelques années, à Assises, par Jean-Paul II.

Pour conclure notre propos, la chanteuse libanaise Tania Kassis, dans son interprétation magistrale de l’Ave Maria de Caccini, accompagnée vocalement par Maen Zakarian et Mahmoud Massaad, illustre musicalement et avec infiniment d’émotion, la diversité culturelle et le dialogue des religions.

(A écouter sur You Tube cette magnifique et émouvante version donnée à l’Olympia de Paris)

Bernard VADON

Samedi 21 mars dernier, en prélude à la fête de l’Annonciation en la basilique de Longpont (Essonne) chrétiens et musulmans ont prié sous le slogan rassembleur : « Ensemble avec Marie ».

Et en dernier jeudi 25 mars, jour de l’Annonciation, les deux communautés ont accompli ce nouveau geste de paix.

Chrétiens et les Musulmans « Ensemble avec la Vierge Marie »  et, à écouter, la version ( ci-jointe) islamo-chrétienne de « l’Ave Maria » de Caccini  par Tania Kassis :  Non, tout espoir n’est peut-être pas perdu !Chrétiens et les Musulmans « Ensemble avec la Vierge Marie »  et, à écouter, la version ( ci-jointe) islamo-chrétienne de « l’Ave Maria » de Caccini  par Tania Kassis :  Non, tout espoir n’est peut-être pas perdu !Chrétiens et les Musulmans « Ensemble avec la Vierge Marie »  et, à écouter, la version ( ci-jointe) islamo-chrétienne de « l’Ave Maria » de Caccini  par Tania Kassis :  Non, tout espoir n’est peut-être pas perdu !
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Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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