Les jours fériés en question … des raisons économiques pas totalement convaincantes.

Publié le 6 Mars 2015

Il est trop tard pour verser des larmes ... je t'avais pourtant bien recommandé de ne pas toucher au sacré surtout en ce moment !
Il est trop tard pour verser des larmes ... je t'avais pourtant bien recommandé de ne pas toucher au sacré surtout en ce moment !

Avec ses 1700 amendements - dont le 2992 qui concerne les sacro saintes fêtes - la loi Macron n’a pas fini de nous surprendre.

Le non-sens y est gaiment appliqué.

Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse (écrivait Musset) d’une discorde bien orchestrée.

Certes, on a préféré prendre de la distance en accordant une attention toute particulière aux territoires d’Outre-Mer qui, sous couvert d’une loi votée pour eux, pourront, par préfets interposés, substituer des jours fériés du calendrier national à ceux spécifiques au territoire.

Ainsi, le remplacement d’un jour férié hérité d’une fête religieuse catholique serait laissé à l’appréciation du préfet en accord avec les acteurs locaux et avant des négociations en vue d’adapter les conventions collectives.

Haro sur la tradition religieuse avec la suppression du lundi de Pâques (encore heureux parce que liturgiquement Pâques tombe un dimanche de Pâques que ce dernier soit épargné … enfin, pour l’instant), l’Ascension (traditionnellement un jeudi), l’Assomption (fête mariale, le 15 août) et le lundi de Pentecôte.

La version finale votée interdisant le remplacement des jours fériés républicains (1er et 8 mai) 14 juillet et 11 novembre … on y ajouterait aussi Noël et la Saint-Sylvestre. Adieu crèches (le processus de disparition a déjà commencé) et sapins traditionnels. Bonjour tristesse.

Les convictions religieuses n’intéressent qu’accessoirement l’Etat laïque.

Encore faut-il attendre maintenant l’aval du conseil constitutionnel pour ce qui concerne ces suppressions.

En formant le vœu qu’il ne valide pas ce projet complètement débile.

D’autant que les raisons économiques invoquées ne sont pas totalement convaincantes.

Elucubrations

Les célébrations religieuses qui profitent à tous – croyants ou non – n’empêchent pas, c’est légitime, de fêter le Yom Kippour ou l’Aïd al-Fitr, notamment. Ou encore, le Divali (fête des Lumières indoue) ou le Vesak (principale fête bouddhiste). Les arrangements, au sein des entreprises, sont d’autant plus faciles que le pourcentage des fidèles est relativement minime. En tout cas, par rapport aux chrétiens. Et de l’avis de responsables sérieux tout le monde s’y retrouve et cette situation ne génère pas de conflits particuliers.

Alors, où est le problème sinon de fiche une fois de plus la zizanie dans les chaumières et encourager au vote populiste … suivez mon regard ?

Les élucubrations de facture laïque vont bon train. C’est à celui ou celle qui sortira la plus belle ânerie de son chapeau.

Certes, le travail du dimanche n’aurait que peu d’incidence sur la pratique religieuse puisqu’aujourd’hui on peut assister à la messe du samedi soir et, le cas échéant, à des messes dominicales matinales ou vespérales.

Cependant, chacun y va quand même de son délire dans une société obsédée par la laïcité et son lot de lois souvent iniques qui la motivent. La finalité, au fond, n’est-elle pas de satisfaire le profit sous toutes ses formes ?

Question.

En tout cas, une philosophie qui semble satisfaire l’instigateur de cette loi fourre-tout qui ne fait que se développer et dont les conséquences, à brève échéance, risque d’être lourdes.

Surtout dans une société qui a de plus en plus de difficultés à maintenir son moral au beau fixe.

Pourquoi ne pas supprimer également tous les saints du calendrier représentants d’une histoire religieuse qui dérange tellement ?

Un guignol de service trouvera bien quelques suggestions farfelues pour marquer autrement les jours qui passent.

On pourra le récompenser par une sorte de grand prix de la bêtise humaine :

« La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité. »

Emmanuel Macron, notre fringant et pressé ministre de l’économie et des finances, pourrait avantageusement méditer celle citation à nouveau empruntée, et à dessein, à Alfred de Musset.

Bernard Vadon.

Ne manquez pas d’écouter la vidéo ci-jointe et l’interview sur la question des jours fériés et de leur suppression par Joseph Thouvenel représentant la CFTC. Des propos où prévalent le bon sens et la sérénité.

Peut-être un jour pas si lointain ces moments passés sous le signe du merveilleux seront relégués au rayon des souvenirs.Peut-être un jour pas si lointain ces moments passés sous le signe du merveilleux seront relégués au rayon des souvenirs.

Peut-être un jour pas si lointain ces moments passés sous le signe du merveilleux seront relégués au rayon des souvenirs.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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