« LE CHANT DE LA TERRE » : DE LA JOIE A LA MORT EN PASSANT PAR L’IVRESSE BIEN TEMPEREE ... ET SURTOUT UN APRES RASSURANT, SIGNE GUSTAV MAHLER !

Publié le 20 Avril 2015

Gustav Malher
Gustav Malher

En ces temps singuliers où prévalent les conflits meurtriers attisés par une économie dévoyée, la technologie galopante et toujours innovante joue, par média interposés, le rôle de caisse de résonance pour des œuvres artistiques – littéraires, musicales ou picturales - nées de l’intelligence sinon du génie humain.

Au delà de cette vision originale et cosmologique de l’univers et plus précisément du fonctionnement des lois gouvernant le monde physique, Gustav Mahler au-delà de ses drames personnels, a su, admirablement et avec force réalisme, dans son œuvre ultime intitulée « le Chant de la Terre » restituer les angoisses d’un personnage riche en esprit mais aux prises avec les pulsions de mort.

Avec, peut-être, une finalité différente de celle exprimée, par comparaison, par Beethoven dans sa brillante neuvième symphonie.

De la jeunesse à la beauté

Pour sa part, Gustav Mahler dans cette œuvre magistrale et cosmique ponctuée de thèmes, exprime en alternance subtile entre les voix et l’orchestre, les attraits et les plaisirs insoupçonnés de la vie.

De la jeunesse et la beauté sans oublier l’ivresse sous toutes ses formes et notamment l’alcool pour conclure musicalement sur un adieu plus libérateur que teinté d’espérance, en fait un après toujours hypothétique mais au fond rassurant.

Le compositeur met à sa manière et en filigrane un point final sinon un « pour toujours » ou « éternellement » atténuant la phase musicalement effrayante d’un Destin auquel il est impossible d’échapper.

Pour lui, vaine est l’espérance. Ce qui ne manque pas d’ajouter à sa détresse intérieure.

En tout cas et pour suivre le sentiment du compositeur Alban Berg face à cette œuvre :

« Ca vaut quand même la peine de vivre pour un pareil moment. »

Entre Dionysos et Apollon

Je ne peux bien évidemment et au-delà de cette composition magistrale, m’empêcher de penser à ce fameux « Adagietto » de la cinquième symphonie qui, par la magie et l’intuition exceptionnelles d’un Luchino Visconti contribua, en même temps, à faire connaître Mahler mais aussi l’auteur et inspirateur du film « Mort à Venise », un certain Thomas Mann.

Une œuvre qui fut couronnée lors du 25ème Festival international de Cannes, en 1971.

Une manière d’éloge tout aussi somptueux et esthétique que riche d’émotions, amplifié par la prestation unique et talentueuse de Dirk Bogarde, Silvana Mangano, Marisa Berenson et l’angélique, sinon démoniaque par sa beauté et son jeu, Björn Andresen.

Aux temps actuels où les tragiques actes pédophiles alimentent trop souvent les chroniques médiatiques, c’est assurément une autre façon autrement maîtrisée, entre Dionysos et Apollon, de contrôler et surtout de taire les pulsions les plus sournoises.

Ici, la beauté et le temps sont magnifiés jusqu’au terme de cette aventure où le choléra qui décime la population vénitienne, en forme de métaphore du désir, favorisera, aux yeux de l’amant persécuté dans sa chair, la fuite du jeune garçon.

Au-delà du jeu de la séduction réciproquement consenti, l’ordre naturel sera ainsi scrupuleusement respecté. Et la tentation vaincue.

Le chemin de moi-même

Tous les désirs maintenant veulent rêver, écrivait Mahler à propos du chant de la terre :

« ô monde à jamais ivre d’amour et de vie ! »

La partition de cette œuvre que, dit-on, Mahler ne souhaitait pas publier en tout cas de son vivant a bénéficié de l’intérêt des plus grands chefs d’orchestres de Bruno Walter à Leonard Bernstein en passant par Claudio Abbado et autres Karajan, Kubelik, Solti et Mehta, notamment.

Au crépuscule de sa courte existence – 50 ans - Gustav Mahler décrit encore ses angoisses récurrentes :

« Pour retrouver le chemin et la conscience de moi-même, il fallait que je sois ici et dans la solitude. Car, depuis que cette terreur panique m’a saisi, je n’ai rien tenté que de regarder ailleurs et d’écouter ailleurs. Si je dois retrouver le chemin de moi-même, alors il faut que je me livre à nouveau aux terreurs de la solitude. Il ne s’agit en aucun cas d’une terreur panique de la mort, comme vous semblez le croire. Même auparavant, je savais fort bien que j’allais mourir. Mais, j’ai perdu d’un seul coup toute la lumière et toute la sérénité que je m’étais acquises et je me trouve devant le vide. A la fin de ma vie, il me faut apprendre à me tenir debout et à marcher comme un enfant. Pour ce qui est de mon travail, il est quelque peu déprimant de devoir tout réapprendre. Je suis incapable de composer à ma table. Pour mon exercice « intérieur », j’ai besoin d’exercice physique … lorsque je fais une promenade d’un pas tranquille et modéré, une telle angoisse m’emplit lorsque je rentre, mon pouls bat si vite que je n’atteins absolument pas le but que je m’étais assigné qui était d’oublier mon corps. »

Bernard Vadon

Mort à Venise couronné en 1971 à Cannes ...Luchino Visconti ... lDirk Bogarde et la divine Silvana Mangano sans oublier Maria Berenson .. Claudio Abbado et Herbert von Karajan au pupitre pour diriger "le chant de la terre"...et le troublant  Björn Andressen ...Mort à Venise couronné en 1971 à Cannes ...Luchino Visconti ... lDirk Bogarde et la divine Silvana Mangano sans oublier Maria Berenson .. Claudio Abbado et Herbert von Karajan au pupitre pour diriger "le chant de la terre"...et le troublant  Björn Andressen ...Mort à Venise couronné en 1971 à Cannes ...Luchino Visconti ... lDirk Bogarde et la divine Silvana Mangano sans oublier Maria Berenson .. Claudio Abbado et Herbert von Karajan au pupitre pour diriger "le chant de la terre"...et le troublant  Björn Andressen ...
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Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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