ASSUREMENT, LE PAPE FRANCOIS N’EST PAS FOU MAIS SINGULIEREMENT LUCIDE !

Publié le 18 Mai 2015

Une mission de paix sans concessions ...
Une mission de paix sans concessions ...

Singulière et aberrante accusation à l’encontre d’un homme au demeurant souverain pontife exerçant la fonction de chef d’Etat (celui du Vatican) et qui, depuis le début de son pontificat, n’a fait que respecter une éthique de vie engagée depuis qu’il a choisi la prêtrise.

Avec un charisme exceptionnel allant jusqu’à ignorer les notes préparées à son intention par ses collaborateurs, le pape François aborde, en vrai tribun, tous les sujets de société avec un rare acharnement sur ceux qui relèvent de la justice et de l’éveil des consciences face aux tristes réalités de notre temps. Au risque de passer pour fou aux yeux de certains pisse-vinaigre.

Il y a quelques mois, le pape François consacra son homélie à la dénonciation de la guerre : une folie, déclarait-il avec force (sic) !

La diatribe du pape argentin fut effectivement, et comme à son habitude, sans ambiguïté :

« La guerre détruit. La guerre défigure tout, même le lien entre frères. La guerre est folle, son plan de développement est la destruction. »

Comme il l’a fait auparavant et non sans courage contre la mafia, il éconduit, sans états d’âme, les exploiteurs et dénonce tous ceux qui déifient l’argent :

Absence d’amour

« La cupidité, cette volonté d’avoir toujours plus d’argent nous fait énormément de mal. Tant de personnes puissantes dans ce monde ne veulent pas de la paix, car elles vivent des guerres au travers de l’industrie de l’armement : c’est une industrie de la mort, ils gagnent de l’argent parce qu’ils vendent des armes aux pays en guerre.

« La paix n’est pas un produit industriel, c’est un produit artisanal que l’on construit chaque jour qui passe en allant de l’avant afin que le monde soit plus juste, qu’il n’y ait plus d’enfants affamés et malades car souffrant de malnutritions et d’absence de soins. Ce qui me dérange c’est l’absence d’amour. »

En filigrane de ce que certains commencent déjà à considérer comme une abomination - comme s’ils étaient directement, ou indirectement d’ailleurs, concernés par ces propos - je suis tenté d’établir, sur le fond, un parallèle avec l’historique « J’accuse » d’Emile Zola, publié dans le quotidien « l’Aurore » du 13 janvier 1898 sur l’affaire Dreyfus, et de reprendre la magnifique phrase de conclusion :

« Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. » affirmait alors Zola.

Ces fous qui disent la vérité.

Dans un autre ordre de réflexion, Simone Weil - philosophe et écrivaine - après avoir assisté au spectacle du Roi Lear de Shakespeare, s’interrogea sur le fait de savoir :

« Comment le caractère intolérablement tragique de ces fous n’avait pas sauté aux yeux des gens depuis longtemps.

En ce monde, seuls des êtres tombés au dernier degré de l’humiliation, loin au-dessous de la mendicité, non seulement sans considération sociale, mais regardés par chacun comme dépourvus de la première dignité humaine, la raison ; seuls, ceux-là, ont en fait la possibilité de dire la vérité. Tous les autres mentent. Dans Lear, c‘est frappant. »

Simone Weil ne se privera pas de revenir maintes fois sur ce thème qui lui est cher : ces fous qui disent la vérité.

Et cela, aussi bien dans Shakespeare que dans Velasquez.

Le pape François, pour sa part, se moque éperdument du sentiment d’hypocrisie qui peut accompagner certains comportements au nom desquels toute vérité n’est pas bonne à dire. Sa récente reconnaissance de l’Etat palestinien ajoutée à sa compassion sans cesse appuyée pour tous ceux qui souffrent, physiquement et moralement, en témoigne. On peut ajouter la canonisation, ce dernier dimanche à Rome, de deux religieuses palestiniennes – Mariam Bawardi et Marie-Alphonsine Ghattas – en forme d’hommage aux chrétiens d’Orient martyrisés ainsi que celle de sœur Jeanne Emilie de Villeneuve

Ce jésuite intelligent – un pléonasme – considère, en effet, que sa mission ne fait pas dans la demi mesure. Un raisonnement sinon un rayonnement qui agace les nantis mais qui réjouit le peuple majoritaire.

Assurément, le pape François n’est pas fou mais remarquablement lucide.

A moins que sa folie ne soit interprétée en son sens singulier et universel et telle que le formulait Saint Augustin :

« La folie c’est de se dire sage, et la sagesse, c’est de se dire fou. Mais cet aveu doit rester intérieur, sous peine d’être suspect. »

On peut, sur ce point, faire confiance au pape François qui n’a de leçon de désintéressement à recevoir de personne et moins encore de ses homologues. Il est malheureusement des fous qui nourrissent leur folie récurrente à la barbe du monde : les émules du dictateur de la Corée du Nord ou encore des assassins de l’Etat Islamique. Entre autres abrutis de cette espèce. Ceux-là sont fous au sens psychiatrique du terme. Inguérissables sinon par le feu.

C’est toute la nuance du terme.

Au XVIème siècle, en 1509, Erasme publiait, quant à lui, un « Eloge de la Folie » au terme duquel il cite un proverbe grec :

« Souvent un fou même raisonne bien. »

Suivez mon regard côté Saint Pierre de Rome et que Dieu nous garde d’avoir aussi longtemps que souvent des fous de cette dimension et de cette trempe !

Bernard VADON

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Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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