La réforme du collège : « C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique. »

Publié le 20 Mai 2015

Les chiens aboient, la caravane passe !
Les chiens aboient, la caravane passe !

Naïvement, ils croyaient sinon à sa suppression en tout cas à sa remise en question quant à certains points de détails.

Finalement, la réforme du collège – plus mal fagotée tu meurs par les pseudos grands cerveaux du Conseil supérieur de l’éducation - sera appliquée, quoiqu’il se passe.

Avec, en prime, la bénédiction d’un Premier Ministre, encouragé par le président soi-même sous le regard narquois de NVB ( Najat Vallaud-Belkacem) dont Manuel Valls assure, sans rire, qu’elle marquera par son action (!) et en sa qualité de grand ministre de l’Etat, l’éducation nationale.

Chacun appréciera !

Si ce n’est que, dans cette affaire, le monde des politiques et des intellectuels dont les professeurs, a été superbement floué sur l’air du « Parle toujours, tu m’intéresses ! ».

Le gouvernement, sans vergogne et avec un rare mépris, s’est gaussé de la manifestation de rue des enseignants, ce dernier lundi pour finalement publier la réforme au J.O. Tous ces gens sont au bout du compte désavoués au nom de ce qu’écrivait La Bruyère :

« C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique. »

La victoire en chantant

En clair et en musique sur l’air du célèbre chant du départ lors de la mobilisation de la Première Guerre mondiale :

« La victoire en chantant nous ouvre la barrière … »

Hier, avec la loi Macron aujourd’hui avec la réforme du collège et demain avec les élucubrations juri dico-administratives de Mme Taubira, les hommes (et femmes) au pouvoir abusent gaiment du passage en force avec, en guise de carton rouge, l’ineffable et bien pratique 49-3.

Vous avez dit démocratie ?

Un comportement hallucinant à faire, dans leurs tombes, se retourner les démocrates qui furent respectueux de cette forme de gouvernance autrement concrétisée, en France, par le suffrage universel.

Jean-Jacques Rousseau dans son contrat social ne se privait pas d’écrire à ce propos :

« A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le plus grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes. »

Nos gouvernants sont soudainement saisis d’une mégalomanie de plus en plus paralysante face aux périls d’un système dans lesquels il peut arriver que les mots ne veuillent plus rien dire.

Ils n’ont pas lu (ou simplement oublié de lire) Machiavel.

Pour reprendre les notes de Laurent Binet qui suivit François Hollande lors de sa campagne présidentielle de 2012 :

« On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant « l’autorité, l’autorité ! ». Mais ça ne signifie rien. »

Suivez mon regard du côté de Matignon !

Le vrai leader

Tantôt au service d’Athènes, tantôt de Sparte, Alcibiade animé de la prise de pouvoir, manquait cependant d’une ligne idéologique forte et c’est pourquoi, si brillante fut sa carrière, il n’a été qu’un aventurier.

Et Laurent Binet de mieux préciser sa pensée sur le sujet :

« Par définition un leader est un guide, c’est à dire qu’il doit nous emmener quelque part, donc il ne peut s’agir ni d’un conservateur cherchant à pérenniser un état des choses préexistant, ni d’un aventurier qui zigzague au gré des vents (..) Le vrai leader s’affirme par la force révolutionnaire de ses convictions et sa capacité à les partager. Il tire sa légitimité d’une adhésion collective à un projet inédit, et ne s’abrite pas derrière les institutions pour se protéger d’un désaveu populaire. Ou, pour le dire autrement, il tire sa dignité de son action, pas de sa fonction. »

Restons dans la mouvance latine « dura lex, sed lex » , dure est la loi mais c’est la loi, dans la mesure, c’est l’évidence, où elle s’accompagne d’un minimum de rigueur démocratique.

Ce qui en l’occurrence n’est pas tout à fait le cas ne serait-ce que parce que la décision s’inspire des principes du vieux régime en faisant valoir le fait du prince.

Ceux qui approuvent la réforme considèrent qu’il convient de faire bouger les lignes, à l’instar du reproche d’immobilisme envoyé sous forme de skud par l’inénarrable président Hollande à l’encontre de ses adversaires, principalement de droite.

Ce qui n’implique pas pour autant de réformer sans méthode, sans raison et animé d’une rare malhonnêteté intellectuelle.

Bernard VADON

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Rédigé par Bernard Vadon

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