Elysée … élisez-moi ! Ou la complainte des candidats au pouvoir.

Publié le 14 Juin 2015

Le poste de président n'est pas le moins couru  ...
Le poste de président n'est pas le moins couru ...

Nos politiques en tous genres et sexes confondus ont entamé depuis quelque temps un étourdissant ballet avec pour décors studios et plateaux de télévision accueillis, non sans une condescendance à peine feinte, par tout ce que la sphère médiatique et singulièrement journalistique compte de stars du moment.

On passe et on repasse à la manière d’un fer de ménagère histoire d’effacer quelques mauvais plis susceptibles de ternir l’image du prétendant aux différents postes clés de la république. Celui de président n’étant pas le moins prisé par certains.

Claude Allègre l’écrivait à propos de François Hollande :

« L’une de ses caractéristiques, c’est de considérer que le mensonge est une pratique normale en politique. »

Tant il est vrai que le vinaigre n’est pas le nectar préféré des mouches !

PAROLES, PAROLES …

En véritables acrobates de la rhétorique, les vieux routards du système ont plus d’un tour dans leur besace pour endormir le lambda.

Mieux que personne, ils mettent en pratique mais à leur façon particulière le précieux conseil de Nicolas Boileau :

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ».

A cette nuance près, que nos chers candidats potentiels font peu cas des promesses non tenues quand ce n’est pas purement et simplement oublier ce qu’ils ont mal fait.

Comme le chantait Dalida : « Paroles, paroles … » et dans le genre, nos artistes en connaissent un rayon.

Quant à Pline, il estimait que même Dieu n’a pas de pouvoir sur le passé, sauf pour le couvrir de l’oubli.

Les instituts de sondage ne sont pas en reste pour statuer dangereusement sur l’avenir de la république (résolument en danger) en mettant en compétition les plus en vue des leaders … ou ceux qui nourrissent quelques ambitions à retardement. No comment. Les intéressés se reconnaîtront !Ils sont tous partisans du « peux mieux faire » scolaire, quitte à renier leurs engagements de circonstance. Ou, le cas échéant, prendre des positions déstabilisantes pour l’électeur potentiel.

POUVOIR, SEXE ET ARGENT

Le métier, sinon l’habitude, leur ont appris à se placer au dessus des injures et des insultes.

Mieux que personne ils sont en mesure de considérer les paroles outrageantes, les infamies et autres bassesses comme des cris d’ennemis ou des traits lancés de loin, ou des pierres claquant sur les casques sans les blesser … raisonnement façon Sénèque.

Ce même Sénèque qui enseignait que ce n’est pas un médiocre souci, que de composer anxieusement son attitude et de ne jamais laisser voir son véritable visage : telle est la vie de bien des gens, vie feinte et arrangée pour la montre. Cette manière de s’observer continuellement ne nous laisse pas en repos ; on craint d’être surpris agissant autrement que de coutume ; et nous ne sommes jamais affranchis de ce souci, tant que nous pensons qu’on nous juge chaque fois qu’on nous regarde. Car il y a bien des circonstances qui, malgré nous, nous trahissent ; et en admettant qu’un tel soin à nous observer réussisse, une vie que l’on passe toujours masqué n’est ni agréable ni sûre.

Suivez mon regard en direction de ces hommes et femmes publics qui n’ont rien compris de l’enseignement de Sénèque sur le thème de la constance du sage.

Peut-être, parce que le pouvoir, d’abord et pour tous, est l’aboutissement de leur combat ; ensuite, l’argent et le sexe pour quelques-uns sont les conséquences naturelles de cette conquête.

Les acteurs de trop de scandales financiers ou sexuels en sont de tristes exemples. Certains sortis d’affaire, grâce à l’argent ou à des avocats rompus à toutes les ficelles du métier, n’écartant pas, avec les encouragements de leurs groupies, un possible retour aux affaires publiques dont l’hypocrisie et le mensonge sont souvent les deux mamelles.

La vertu en politique ? Un trop grand mot qui ne sied qu’à quelques rares hommes et femmes.

Le général De Gaulle, exceptées quelques faiblesses humaines, approchait cette qualité.

Une exception qui, en ces temps difficiles, confirme plus que jamais la règle et ne nous promet pas, dans la sphère publique, des lendemains qui chantent.

Bernard Vadon

Du général De Gaulle à Claude Allègre en passant par Sénèque ... et "la constance de la sagesse !"
Du général De Gaulle à Claude Allègre en passant par Sénèque ... et "la constance de la sagesse !"
Du général De Gaulle à Claude Allègre en passant par Sénèque ... et "la constance de la sagesse !"

Du général De Gaulle à Claude Allègre en passant par Sénèque ... et "la constance de la sagesse !"

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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