Réforme du collège : BIS REPETITA NON PLACENT …. (Ce qui est répété ne séduit plus)

Publié le 12 Juin 2015

"Un Terminator de charme, une sirène séduisante, une espèce d'Attila souriante ... dixit Jean d'Ormesson.
"Un Terminator de charme, une sirène séduisante, une espèce d'Attila souriante ... dixit Jean d'Ormesson.

A la manière des feuilletons télévisuels, celui concernant la réforme du collège en France semble avoir quelques bonnes séquences en réserve.

Il est vrai que le sujet ne manque pas de sel et qu’en l’occurrence, on pourrait plaisamment – quoique ! – en remettre une bonne couche via ce latin, notamment, que certains – quelle mouche progressiste a pu les piquer ? – espèrent, non sans abuser de ruses médiatiques, exfolier des programmes.

Dans ce génocide culturel, le grec n’échappe pas au massacre. En effet, lui aussi est sacrifié au nom d’une prétendue modernité sinon d’une technologie prétendument avancée qui faisait dire à Albert Einstein qu’elle génèrerait un monde d’idiots. Chaque jour en apporte malheureusement la déplorable preuve.

Ce n’est pas le bûcher des vanités mais ce pourrait l’être à la différence, cette fois, que c’est la culture que l’on immole.

Quel diable a t-il inspiré nos gouvernants pour avoir installé à des postes-clés des responsables sans expérience. Notamment, celui de l’éducation qui donne la mesure de leur égarement intellectuel.

TERMINATOR

Jean d’Ormesson, qui n’est pas, comme tout un chacun, à l’abri de critiques ou de faiblesses mais reste quand même un maillon fort de notre culture, en quelques lignes bien senties, fait un état des lieux sans concession mais suffisamment imagé pour mesurer l’ampleur des dégâts, dont la jeune ministre de l’Education nationale devrait tirer profit :

« Mme Najat Vallaud-Belkacem est pour la littérature et la culture de ce pays un Terminator de charme, une sirène séduisante dont il faut s’éloigner au plus vite, une espèce d’Attila souriante derrière qui les vertes prairies de la mémoire historique ne repousseraient plus jamais. »

Dont acte !

De nombreuses personnalités politiques – celles qui sont en tout cas en mesure de donner un avis autorisé – des intellectuels surtout, des enseignants, bien entendu, parce que confrontés tant aux problèmes de fond que de forme, font écho à leur manière – et pour quelques-uns, selon leurs ambitions électorales – à cette mise en garde d’un système d’éducation complètement dévoyé et propre à aggraver une situation de plus en plus préoccupante.

Et cela, sans entrer dans les arcanes d’une réforme qui entend privilégier l’égalitarisme idéologique au détriment de l’égalité tout court.

Singulier ou perfide paradoxe mais de toute évidence et à terme, une aggravation de la discrimination sociale.

DIFFERENT ET ORIGINAL

Pour rester dans la note linguistique : « bis repetita non placent » (ce qui est répété ne séduit plus).

Devra t-on, comme le rappelle le diction « Cent fois sur le métier remettre l’ouvrage » pour finalement parvenir (ou s’en tenir) à cette autre réalité consistant à protéger la culture française au travers d’un langage soumis à des règles aussi simples qu’évidentes que sont la grammaire et l’orthographe.

Au fond, les clés de la connaissance transmise par l’écriture et restituée par la lecture :

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ».

Certes, mais encore faut-il avoir les codes indispensables à l’éradication des fautes de langage et d’écriture.

Nos doctes responsables sauront-ils s’inspirer de Julia Kristeva (épouse de Philippe Sollers, écrivaine et professeur émérite de l’université Paris VII) affirmant que de par le monde nombreux sont ceux qui considèrent que :

« La culture française apporte quelque chose de différent, d’inouï et d’original ».

Une réflexion qui devrait encourager ceux qui ont pour mission de perpétuer, par l’éducation, les mille et un trésors de cette langue géniale et d’exception que l’on se plait parfois – et les français ne sont pas les derniers responsables - à martyriser.

« Vous qui êtes si ennemis de votre langue », s’emportait Du Bellay.

A DES ANNEES LUMIERE

Les technologies virtuelles sont en première ligne pour la remise en cause des humanistes de la Renaissance. Les courriels et autres SMS débordent de fautes en tous genres et, non sans courage, une responsable de ressources humaines, lorsqu’elle repérait une faute d’orthographe ou de style dans un simple curriculum vitae, rejetait purement et simplement la candidature en expliquant qu’une banale faute pouvait, quasi automatiquement, laisser penser que cela donnerait dans la pratique une suite et ternirait l’image de l’entreprise.

Une façon de redonner à la langue de Molière ses qualités de plus en plus oubliées du grand public.

Nous sommes à des années-lumière du fameux vidimus (en latin, nous avons vu) qui certifiait la conformité d’un acte.

Du coup, les passéistes en prennent pour leur grade, eux que l’on soupçonne de favoriser une éducation élitiste.

Est-ce pour autant une raison pour laisser le champ libre aux « Terminator » et aux Attila, fussent-ils souriants, comme le fait remarquer Jean d’Ormesson ?

Mme Najat Vallaud-Belkacem – qui malheureusement persiste et signe dans cette réforme aberrante - s’est donnée jusqu’au mois de septembre pour valider le document censé être retravaillé par les grands cerveaux du Conseil supérieur de l’enseignement.

Peut-être, le temps nécessaire pour descendre dans la rue – un appel est lancé en ce sens sur le thème du collège de l’exigence - et faire obstacle à une réforme encline à supprimer ce qui marche au bénéfice de ce qui, en l’état prévu, ne marchera pas.

Bernard VADON

Jean d'Ormesson : En quelques lignes bien senties !

Jean d'Ormesson : En quelques lignes bien senties !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :