BEROYE : Le chaton miraculé !

Publié le 24 Août 2015

De grands yeux bleus qui en disent long après seulement quelques jours d'existence difficiles
De grands yeux bleus qui en disent long après seulement quelques jours d'existence difficiles

Le chemin de Compostelle , un mythe pour certains ou simplement un exutoire pour d’autres. Pour le plus nombre, un prétexte spirituel qui permet le dépassement de soi au terme d’une longue et passionnante aventure. Un lieu de marche parfois ponctué de moments forts. Pourquoi pas de miracles. La région s’y prête.

De miracles sans distinction de genre.

Entre les prairies et les champs de maïs presqu’à maturité en ce mois d’août, sous un ciel plombé de nuages aux formes voluptueuses prêts à déverser leurs averses généreuses sur une nature déjà gorgée d’eau, le long ruban d’asphalte gris s’étire depuis la cité mariale de Lourdes entre les villages béarnais de Betharram et Igon en direction de Pau. Voilà pour le décor. Ou presque.

MYSTERE

Rien au demeurant qui puisse inciter sinon à la curiosité en tout cas à la surprise causée, depuis plusieurs heures, par les miaulements désespérés d’un chaton âgé de quelques jours et déposé dans le feuillage épais d’un jardin à la végétation sauvage. Un nouvel acte barbare de quelques mains assassines souhaitant se débarrasser à meilleur compte d’un animal embarrassant ou peut-être la volonté d’une chatte protectrice partie à la recherche de nourriture et qui ne reviendra jamais parce que victime d’un chauffard inconscient ou d’un oiseau de proie affamé.

On ne le saura jamais.

Il faudra user de bien de subterfuges pour parvenir, non sans difficulté, à soustraire le félin de son inconfortable situation, voué aux caprices de la nature et notamment à la pluie ; affamé et assoiffé.

Le moment n’est pas venu de se poser des questions mais d’en référer à la Providence qui a fait que cet animal est venu se mettre en question vitale à quelques mètres du portail de notre maison. Suffisamment proche pour ne pas épargner nos oreilles de ses appels déchirants.

Nos chiens apprécieront modérément la présence de l’intrus dont l’instinct aura vite raison de la trop pressente curiosité du duo Colley-Bichon.

L’heure tardive n’est pas propice à une visite vétérinaire sinon à quelques précieux conseils de survie donnés par un praticien spécialiste et une visite programmée le lendemain en clinique.

Un peu de nourriture appropriée, de l’eau administrée par une pipette, un carton hâtivement confectionné pour servir de couche et surtout infiniment de tendresse partagée entre les occupants de la maison séduits par la beauté de ce petit chat, sa personnalité et ses grands yeux bleus.

Demain, et après une longue soirée de veille, il sera temps de songer à l’avenir de ce miraculé qui, sans notre intervention, n’aurait sans aucun doute pas passé une nuit supplémentaire à la belle étoile.

PLUS BELLE L’HISTOIRE

Le miracle continuera, le lendemain, de porter ses fruits alors que nous nous posions, sans en trouver la bonne réponse, la question concernant l’avenir du félin rescapé.

Un autre regard aussi aimant que le nôtre contribuera au merveilleux de l’histoire.

Celui d’Angélique – au prénom prédestiné – qui, résistant difficilement aux charmes de ce chat (qui s’avèrera être une femelle) à la robe rappelant les félins siamois et birmans - un délicat mélange qui inspirera le nom de Beroye, jolie et belle en langage béarnais - se proposera de l’adopter sur le champ. (1)

Quelques heures avaient suffi à faire naître en chacun de nous un secret attachement à ce petit animal tout en sachant que les difficultés seraient multiples quant à le garder avec nous.

Le confier à une association si remarquable soit-elle n’enlèverait rien à une interrogation angoissante.

Nous savons aujourd’hui qu’il n’en sera rien, Beroye est confiée à de merveilleuses mains ; et comble de bonheur, le lien ne sera pas brisé.

La belle histoire de Beroye faite d’émotions et finalement de bonheur est en soi, dans un monde fait aussi de tant d’indifférence et de violence, un miracle et surtout un signe d’espérance.

Bernard VADON

(1) Que l’on peut aussi orthographier BEROJE

Déjà possessive ... image sur sa prison .... Un tempérament déjà affirmé ...
Déjà possessive ... image sur sa prison .... Un tempérament déjà affirmé ...
Déjà possessive ... image sur sa prison .... Un tempérament déjà affirmé ...

Déjà possessive ... image sur sa prison .... Un tempérament déjà affirmé ...

Beroye flou ... jolie fleur en langage béarnais en forme de touchant poème signé Charles Darrichon (1849-1887) que nous dédions à notre petite chatte miraculée.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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