COP 21 : la montagne va t-elle encore accoucher d’une souris ?

Publié le 21 Novembre 2015

Les grands et autres décideurs de la planète au rendez-vous ..
Les grands et autres décideurs de la planète au rendez-vous ..

Dans quelques jours – le 30 novembre prochain et jusqu’au 11 décembre - les mots opportunément choisis pour marquer l’événement déclencheront la mobilisation générale sur un sujet tabou : « L’heure est grave ! ».

En termes plus explicites et sous la présidence effective de la France, se tiendra au Parc des expositions de Paris-Le Bourget la 21ème Conférence des Parties de la Convention – cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

L’initiative, historiquement parlant, remonte à 1992 lors du Sommet de la terre qui s’était tenu à Rio de Janeiro sur le thème récurrent du réchauffement climatique. Déjà, pourrait-on dire !

L’objectif consistait alors à entériner des accords entre les différentes puissances et nations sur la réduction des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Les COP ont pour mission de réunir les représentants des Parties mais également tous ceux et celles qui, en dehors des Etats, directement ou indirectement, sont confrontés à ces questions de climatologie. En formant le vœu que certaines ONG, comme elles le firent l’an dernier à Varsovie, prennent sciemment la porte non sans qualifier de « farce » cette opération propre à favoriser– selon elles – le capitalisme vert.

Historiquement toujours, c’est la ville de Berlin qui a accueilli la première COP (en 1995).

Après Paris, cette année, ce sera, en 2016, à la ville de Marrakech de prendre le relai. Du pain sur la planche pour la ville ocre.

Le 2° C fatidique

Depuis le protocole de Kyoto, en 2005, - où 37 pays s’étaient promis de réduire leurs émissions- chaque année, les parties s’engagent à respecter les protocoles fixés.

Qu’en est-il vraiment ?

Les avis sont partagés quant aux résultats sinon une réalité quotidienne autrement préoccupante.

La situation climatique n’a de cesse de se dégrader proportionnellement à un développement industriel grandissant sans pour autant que les acteurs de ce développement économique se soucient sérieusement des conséquences, à court terme maintenant, sur le bien vivre commun et la santé des hôtes de la planète terre.

Au regard du dicton quelque peu familier à savoir que « Les belles promesses font les c… joyeux» (comme me le rabâche à l’envi un des bons amis) on est en droit légitime de se poser la question : ce énième sommet aboutira t-il à un véritable, sincère et respecté accord international sur le climat avec pour objectif la limitation du réchauffement mondial à 2° C ?

Même si quelques grandes puissances, dont les Etats-Unis et tout récemment la Chine (tous deux grands pollueurs devant l’Eternel), ont confirmé (à voir à l’usage et particulièrement pour les chinois) leur adhésion à cette belle ambition visant à rendre l’atmosphère plus respirable et ne pas favoriser un réchauffement dont on constate déjà les ravages terribles, le doute est encore permis.

Reste à savoir si les accords et leur contrôle tous les 5 ans seront respectés. Rien n’est moins certain.

D’autant que le mal est bien engagé.

Il n’est que de constater ce qui se passe dans les zones glaciaires, en haute montagne avec l’effet pergélisol (ce « ciment » gelé qui fond et fait s’écrouler des pan entiers de la montagne), la multiplication des catastrophes naturelles sans oublier l’impact de ces événements sur la faune et la flore sans oublier l’humain et tout ce qui en dépend dont la pauvreté et pire la faim pour certaines populations.

Cent quatre vingt seize pays à ce jour auraient honoré l’invitation parisienne avec, pour condition sine qua non, un fonds de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 afin de soutenir les pays en voie de développement et permettre à ceux-ci de lutter contre le dérèglement climatique.

En début de ce mois, 146 pays forts - si on peut dire - de la bagatelle de 87% des émissions mondiales de gaz à effet de serre auraient soumis leurs plans d’action climat aux Nations Unies.

Acceptons-en l’augure. Tout comme les bonnes intentions enregistrées lors de la récente pré-cop21 en présence des ministres de l’environnement et destinée à la préparation des dossiers.

Ne serait-ce que parce qu’entre intentions, engagements et décisions, la signification de ces mots aura plus que jamais son importance et plus que jamais les conseilleurs devront être les payeurs. Pas si sûr.

D’autant que la plupart de ces conseilleurs sont parmi les pollueurs les plus importants et de fait les maîtres du monde insensibles aux gesticulations intercontinentales de notre actuel Président. Gravissime constat.

La maison brûle.

Jacques Chirac lors du Sommet de la Terre à Johannesburg - en 2002 - tirait la sonnette d’alarme et lançait un cri d’alarme consigné dans les annales :

« La maison brûle et nous regardons ailleurs ! »

Dans son sillage – déjà aussi - Nicolas Hulot rejetant l’échec des négociations ne sous-estimait pas l’effet psychologique de ce sommet et les solutions suggérées durant celui-ci mais au fond de lui-même ne se faisait guère d’illusions.

Treize après il faut compter les points. Pas brillants, les résultats.

D’autant que d’autres voix influentes dont celle du pape François qui, pour sa part, a mis au goût du jour la maison commune - notre sœur en référence à Saint François d’Assises – se font entendre de plus en plus puissamment.

L’intelligence et la raison prendront-elles le pas sur la production sans mesure et l’argent de quelques privilégiés continuera t-il longtemps de nourrir des trusts sans vergogne et sans scrupules, conduits par leurs seuls intérêts privés ?

Les grands et autres décideurs de la planète vont-ils encore et longtemps se cantonner dans leurs mensonges et leurs dérobades, indifférents à un monde qui n’a de cesse de se dégrader.

Il y a urgence scientifique mais d’aucuns et non des moins importants et des moins influents s’en contrefichent.

Toute la question est peut-être là. Et, une fois encore, la montagne va t-elle accoucher d’une souris ?

Bernard Vadon

La pollution certes et le réchauffement avec des conséquences de plus dramatiques comme l'effet pergélisol qui contribue à faire tomber des pans entiers de montagne.
La pollution certes et le réchauffement avec des conséquences de plus dramatiques comme l'effet pergélisol qui contribue à faire tomber des pans entiers de montagne.La pollution certes et le réchauffement avec des conséquences de plus dramatiques comme l'effet pergélisol qui contribue à faire tomber des pans entiers de montagne.La pollution certes et le réchauffement avec des conséquences de plus dramatiques comme l'effet pergélisol qui contribue à faire tomber des pans entiers de montagne.

La pollution certes et le réchauffement avec des conséquences de plus dramatiques comme l'effet pergélisol qui contribue à faire tomber des pans entiers de montagne.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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