Philippe VIGNAL : Une magistrale et somptueuse célébration des rites et coutumes africains.

Publié le 17 Novembre 2015

Des visages d'exception ...
Des visages d'exception ...

A la découverte de ces œuvres au noir en même temps fortes sinon puissantes et contradictoirement inspiratrices d’infinie sensibilité, je ne peux m’empêcher de retrouver, dans ma mémoire, quelques-uns de ces artistes, pour la plupart amis, aux prises avec ce même et délicat problème de la dialectique au travers des rapports singuliers du visible et de l’invisible.

Au fond, entre le conscient et l’inconscient. Entre figuratif et abstraction sinon entre réel et …irréel.

D’aucuns iront chercher dans cette représentation éminemment anthropologique une explication existentielle. Et cela, en son expression la plus humaine du terme qui soit et bien au-delà de la démarche visant à l’étude, mieux, au comportement de l’homme en société.

La modestie – en règle générale - de tout artiste est telle qu’il n’ira pas jusqu’à qualifier son œuvre de mystique. En fin de compte, ils ne nous donnent jamais la vraie réponse en tout cas leur réponse.

A nous de la trouver.

NOBODY KNOWS

En revanche, ils nous ouvrent toute grande la porte sur la réflexion et peuvent aller jusqu’à nous donner la direction à suivre par la magie de cette manière de force occulte née de la mystérieuse adéquation de l’œuvre avec la pensée.

Oui, il me revient ces moments d’interrogations sur le véritable pourquoi de toute existence alors que défilent – en noir et blanc - devant mes yeux cet authentique florilège de visages traducteurs de tant d’intensité mais aussi de sensualité au contact des mille et une vicissitudes et tribulations qui font le bonheur et surtout le malheur de toute condition humaine. De douleur donc traduite sur ce tableau, en particulier, par ces deux mains entrelacées, burinées tel un visage, tailladées par le temps mais aussi le dur labeur. Ces mains qui traduisent par le noir, les ténèbres et par le blanc la pureté d’un ailleurs au demeurant meilleur.

On ne peut pas ne pas penser au célèbre « Nobody Knows … the trouble I see, Lord ! »

Nobody knows like Jesus . »

« Personne ici ne peut savoir ma peine. Dieu seul connaît mon cruel tourment. »

DEEP RIVER

En contemplant ces toiles pour certaines impressionnantes, ces visages d’exception, ces animaux de brousse magnifiques et puissants en appellent à ma musique et singulièrement les mesures du célèbre « Deep River » interprété par la grande Maria Anderson ; elles envahissent mes pensées et les diluent dans une sorte d’extase.

Comment oublier que le berceau de notre humanité est enfoui quelque part sur ce continent mythique et mystique d’Afrique. Et en particulier au sein de cette Corne d’Afrique génératrice de sensations profondes et souvent intimistes ?

Philippe Vignal ne peut renier les influences de ce Mozambique de légende – j’ai l’Afrique au fond de moi, assure t-il - qui le vit naître avant qu’il ne découvre le Maroc où il vit et travaille aujourd’hui.

Au bout de son rêve actuel, les Etats-Unis et surtout New-York où il rêve d’y accrocher un jour ses toiles. (1)

Au travers de la maitrise du graphisme, l’artiste, hyper réaliste à coup sûr (enfin si on devait le classer), parvient à restituer, servi par un « coup de crayon » aigu et expressif, ce que son propre regard capte au cœur d’une société merveilleusement instituée autour de rites et coutumes africaines ancestraux représentatifs de tant d’ethnies.

Visages burinés par les rigueurs du temps mais aussi par la rudesse des tâches, les regards profonds et révélateurs de ce combat que ces hommes doivent livrer toute une vie durant.

Pourtant, la fierté n’y est pas absente, une forme d’émotion et de dichotomie où la tendresse et la violence se heurtent parce que justement la vie n’est pas toujours un fleuve tranquille. Visages de combattants où se lit la fierté et texture des muscles rompus aux difficultés du quotidien.

Mais aussi des corps de femmes filiformes et aériens comme délicatement posés entre ciel et terre en réponse aimable et quasiment divine à la force tranquille inspirée de sculpturales évocations masculines.

Une magistrale et somptueuse célébration des rites et coutumes africains.

Bernard VADON

(1) L’artiste vernissait, ce dernier jeudi, ses œuvres dans le cadre idyllique et résolument africain de « La Paillotte » Km 4 route du Barrage, au cœur du célèbre et beau complexe Oasiria. Un apéritif dînatoire hautement gastronomique ne fit qu’ajouter au plaisir de la découverte de ce peintre illustrateur en parfaite osmose avec ces lieux.

L’exposition se tient jusqu’à fin novembre à « La Paillotte ».

Les peintures de Philippe Vignal sont également visibles chez Bruno Faure, Galerie « Design & CO » 166 B ZI. Sidi Ghanem 40.000 Marrakech.

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Puissance et infinie sensibilité ...Puissance et infinie sensibilité ...
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Puissance et infinie sensibilité ...

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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