Après les régionales françaises : « Nous vivons une époque moderne ! »

Publié le 14 Décembre 2015

"Sois le changement que tu veux voir dans le monde..."
"Sois le changement que tu veux voir dans le monde..."

Dans les années 80 Philippe Meyer nous régalait, sur les ondes de France Inter, d’une chronique souvent à mi-chemin entre le dérisoire et le sérieux mais avec un dénominateur commun, le bon sens.

C’est donc bien à dessein que j’emprunte à celui qui fut un peu mon maître en profession, le titre évocateur et mâtiné de cette délicatesse qui fait de plus en plus défaut à la plupart des commentateurs, analystes et autres fantaisistes invités sur les plateaux ou devant les micros, pour digresser sur l’air du temps :

« Je vous souhaite le bonjour, nous vivons une époque moderne ! »

Déjà, serait-on tenté d’écrire.

Mais bon et sans jouer les thuriféraires de circonstance, rendons le plus simplement du monde grâce à Philippe Meyer d’avoir toujours trouvé le mot (ou le verbe) juste pour railler (avec gentillesse) les mille et un travers de notre société.

Retour à la case départ

Au lendemain des élections régionales françaises et comme à l’accoutumée chacun, avec plus ou moins d’honnêteté intellectuelle, s’emploie à tirer la couverture à lui avec cette fois – enfin presque car ils nous ont déjà fait le coup – la raison incontournable du combat sur fond de république en danger.

Philosophiquement ou moralement parlant, on ne peut bien évidemment que se réjouir de l’union sacrée soudain retrouvée.

Comme elle le fut lors des derniers et épouvantables attentats de Paris notamment car malheureusement notre capitale n’est pas la seule à souffrir de la situation de guerre qui touche aujourd’hui la planète.

Au lendemain d’une semaine en point d’interrogation quant à la finalité du combat visant à éradiquer un parti qui dérange et qui, à son pas de lieuse de gerbes (pour emprunter l’image à Saint John Perse à propos de la vie qui s’en va) fait le « buzz », comme on dit dans le vilain langage informatique, les positions se figent à nouveau entre des clans unis un moment pour le meilleur et pour le pire mais qui, le danger maintenant écarté ( pas la victoire car, dans l’affaire, personne ne peut la revendiquer), vont certainement dépasser le stade des bonnes intentions et recommencer à se regarder en chiens de faïence.

L’intérêt personnel se substituant à nouveau à l’intérêt général.

Pour à nouveau paraphraser Philippe Meyer : « Nous vivons une époque moderne ».

Je serais tenté d’ajouter avec ses bons côtés et en l’occurrence ses mauvais aspects. En somme, le retour à la case départ.

« Je vous le chanterai ! »

Quelques jours vont suffire, le temps de ressortir les couteaux.

Ainsi va la vie politique où le plus souvent (l’exception confirmant la règle) tout n’est que mystification.

Ce qui d’ailleurs, au passage, et dans un contexte quotidien de plus en plus invivable pour un trop grand nombre, risque non seulement de ne pas changer et servir la cause de ceux que l’on souhaiterait voir disparaître du paysage politique.

Pour l’heure, ce n’est pas gagné et personne ne veut tenir compte des enseignements de la grande histoire.

Surtout lorsque l’incompétence sur fond d’orgueil est aux manettes.

Dans le contexte déprimant qui prévaut, on sait aussi que la solution est essentiellement citoyenne (la preuve en est ces associations totalement désintéressées à l’exemple des fameux zèbres qui agissent activement et souvent sans moyens).

Finalement, allez-vous me dire, rien n’est important et demain est un autre jour … c’est en tout cas ce que les tenants du bien connu slogan socialiste « Le changement, c’est maintenant » et autres professions de foi bidon aptes à faire prendre des vessies pour des lanternes, prônent non sans arrogance.

Je préfère aux conseils de cafés de commerce celui de Gandhi :

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde. »

Mais voilà, comme dirait notre sympathique Philippe Meyer, nous vivons une époque moderne !

Et si cela ne suffit pas à la compréhension générale j’emprunterai avec humour (car au moins cela paye) le titre de son actuelle et tout aussi merveilleuse émission :

« La prochaine fois, je vous le chanterai » !

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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