COP 21 (suite) : Ils sont tous là, enfin presque tous ! Le président Hollande, à la faveur des événement, remonte dans les sondages, Poutine snobe la photo de famille, Borloo papillonne et le pape François prie : loué soit-il !

Publié le 2 Décembre 2015

Ils sont tous là ou presque ...
Ils sont tous là ou presque ...

Ils sont tous là … enfin presque tous et si nombreux que les objectifs photographiques les plus sophistiqués avaient quelque peine, lors de la cérémonie d’ouverture, à les réunir sur le même cliché lors de l’inauguration très parisienne de la COP 21.

A quoi bon, finalement, tout ce cirque planétaire car, à ce jour, bien malin celui qui serait tenté de miser sur le degré de température fatidique à ne pas dépasser à l’horizon X.

Ils sont tous là… parce que par les temps qui courent toute absence ferait désordre.

Ils sont tous là … erreur, il en manquait un, et pas le moindre, sur la photo de famille. Un certain Vladimir Poutine dont le retard serait plus imputable à une incompatibilité de promiscuité qu’à un manquement à la règle des rois dont l’exactitude est, on le sait, une marque de politesse. Le protocole a parfois de ces idées à favoriser des incidents diplomatiques sinon à froisser la susceptibilité de ces roitelets de la terre qui, au fond, n’ont que faire de ces contraintes climatiques tant d’autres enjeux financiers leur sont plus importants.

Ils sont tous là … pour faire bonne figure. Quant à parier que demain sera peut-être un autre jour, c’est bien le cadet de leurs soucis.

Ils sont tous là … pour sensément réveiller les esprits et se pencher sur des lendemains qui risquent fort de ne plus chanter.

Ils sont tous là … enfin presque, car celui qui pourtant représente un Etat et pas n’importe quel Etat, celui du Vatican. En tout cas moralement le plus important et qui en matière de destruction de la couche d’ozone est certainement le moins concerné.

Ils sont tous là… sauf le pape François en voyage à l’autre bout du monde pour justement faire baisser une autre température celle de la misère et de la désespérance.

Ils sont tous là … sauf lui, représentant d’une église qui a également son mot à dire au sein de ce rassemblement exceptionnel par le nombre de ses participants mais qui risquent fort de nous donner la plus mauvaise version qui soit de : « Autant en emporte le vent ! ».

Ils sont tous là … avec en mémoire pour quelques-uns moins ignares ou moins sectaires, le fameux document Laudato Si (Loué sois-tu !) publié il y a quelques mois par le souverain pontife auquel, avec une rare élégance de langage, quelques imbéciles conseillaient à ce chef d’Etat de retourner dans ses églises pour y faire ce qu’il veut mais surtout pas de la politique.

Opinion d’autant plus déplacée que François (comme la plupart de ses illustres prédécesseurs) par ses origines et ensuite son parcours exemplaire, est mieux impliqué que quiconque pour apprécier le sujet et mesurer combien l’Eglise est concernée par une question qui met en danger, à très court terme, la maison commune (c’est sa belle expression pour désigner notre planète) si on ne prend pas rapidement les choses en mains. Une encyclique considérée, paradoxalement, comme joyeuse – en regard de l’espérance en l’homme – mais également dramatique car la fameuse maison commune a commencé de brûler.

« Nous allons au suicide » a encore récemment confié le pape.

Dans le domaine de l’écologie intégrale, l’Eglise de Rome a toujours pris ses responsabilités. Eh, oui mesdames et messieurs les pisse-vinaigre de service !

Par la voix de ce pape d’exception (sensibilisé plus que tout autre par ces origines franciscaines) qui insiste sur l’amour sinon la dévotion de Saint François pour tout ce qui touche à la nature et à ceux qui la peuplent. Le pape invitant « à se convertir à un développement qui respecte la création » n’a pas dérogé à ce devoir d’homme citoyen du monde.

Ils sont tous là … mais ont-ils salué les actions initiées par l’Eglise ? Que ce soit, rappelons-le, au Bangladesh - où Caritas s’implique dans la plantation de milliers d’arbres pour enrayer la déforestation - au Brésil et singulièrement en Amazonie avec la défense de la forêt et de ses habitants, en passant par Constantinople où, il y a quelques mois, le patriarche Bartholomée s’était employé à capter l’attention des chrétiens pour la défense de l’environnement mais aussi au Canada (pollueur parmi les pollueurs) avec la dénonciation des gaz de schiste par les évêques canadiens sans oublier bien sûr le Saint-Siège qui exhorte l’industrie mondiale à respecter les peuples autochtones … en clair, une importante et large mobilisation générale et interreligieuse des autorités et communautés concernées. Pour n’en citer que quelques-unes.

Tout ce qui aujourd’hui est fait pour déplaire au géant américain plus enclin à protéger ses royalties en tous domaines et, en particulier, dans tout ce qui contribue à déstabiliser le climat, est condamnable.

Loin de moi, une fois encore, l’idée de mettre en évidence des situations difficiles comme c’est actuellement le cas et aller dans le sens de la théorie de certains exégètes en la matière, prônant – ils n’ont pas entièrement tort - le fait que le monde a perdu ses repères et que la boussole commandant la raison a quelque peu perdu le Nord.

Cependant, au-delà des faits répercutés par une médiatisation exacerbée, il faut bien convenir que par les temps qui courent tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Le climat qui conditionne en partie notre quotidien n’est pas en reste et bouscule quelques idées reçues abandonnant à la nature le dernier mot via quelques caprices et intempéries parfois dramatiques : tsunamis et autres bourrasques et cyclones dévastateurs, tremblements de terre avec, en prime, de terribles et catastrophiques inondations.

Ils sont tous là … mais ont-ils , sous les flashes qui les mitraillent, pris la mesure de ces signes inquiétants attestant de ce que la planète communément dite bleue est tombée dans un chaudron infernal qui met à rude épreuve le temps immémorial des saisons favorisant, paradoxalement, un courant froid dans les zones communément chaudes et réchauffant, en revanche, des contrées traditionnellement froides.

Ils sont tous là … mais ont-ils encore conscience que la terre a pris de la gîte et que si l’on n’y met pas un terme, elle va basculer sur son axe ?

Sans adhérer aux prophéties de l’extrême, certaines situations leur donnent parfois raison par la réalité de nos malheurs présents et, qui sait, l’angoisse de la dernière heure arrivée. En tout cas, un grand nombre n’y ont pas échappé y laissant souvent leur vie.

Le pape François ne fait au fond que nous inviter à faire un examen de conscience sinon des lieux quant à la façon de reconsidérer nos mauvaises habitudes en ne faisant pas la part belle à la facilité. En prenant aussi et particulièrement en compte le fait que le progrès nous a gratifié d’une qualité de vie au fond pas tellement négligeable en matière de confort et d’aisance quotidienne.

Ils sont tous là … malheureusement, et ils le savent bien, la notion même de qualité au sens large du terme est aujourd’hui profondément dévoyée. Chacun se déchargeant sur l’autre de tous les dérapages qui affectent notre monde économique, social et culturel. Ceux et celles qui dénigrent la position papale ne sont pas les derniers à prendre leur bâton de pèlerin pour combattre celui qui ne fait que leur mettre le nez dans ce que l’on sait. Et le souverain pontife n’y va pas par quatre chemins usant, si besoin, d’arguments et de termes chocs pour secouer l’apathie de ses semblables.

Stigmatisant la pollution de l’air mais aussi celle des esprits par le fait d’une technologie communicative non maîtrisée.

Ils sont tous là… mais dans cette course contre la montre à la recherche d’un équilibre perdu, il se trouve aussi, hors du champ photographique quelques femmes et hommes, responsables et lucides, pour tirer la sonnette d’alarme et saisir toutes les opportunités pour dénoncer le laxisme général en matière d’irrespect total de l’environnement. Le pape ne manque pas de saluer au passage ces pourfendeurs des théories en opposition à tout ce que la nature nous offre pourtant de meilleur en ne laissant pas systématiquement la part belle au seul profit.

La réalité se résume au temps présent plus qu’à celui du futur. Une réalité qui en appelle au respect de soi et des autres. Et par voie de conséquence naturelle, à notre environnement. De façon plus cartésienne, pourrait-on dire, M. Hollande, à la faveur des événements, prend de la hauteur dans les sondages, Poutine snobe la photo de famille, Jean-Louis Borloo papillonne très au courant (!) et le pape avec moins de consumérisme – et pour cause – et pour cette raison autrement sympathique, prie : loué soit-il !

Bernard VADON

Le changement du climat est perceptible au travers du vécu actuel mais les raisons restent encore complexes au cours d'une conférence de presse improvisée le pape François invite à un développement qui respecte la création.Le changement du climat est perceptible au travers du vécu actuel mais les raisons restent encore complexes au cours d'une conférence de presse improvisée le pape François invite à un développement qui respecte la création.
Le changement du climat est perceptible au travers du vécu actuel mais les raisons restent encore complexes au cours d'une conférence de presse improvisée le pape François invite à un développement qui respecte la création.Le changement du climat est perceptible au travers du vécu actuel mais les raisons restent encore complexes au cours d'une conférence de presse improvisée le pape François invite à un développement qui respecte la création.

Le changement du climat est perceptible au travers du vécu actuel mais les raisons restent encore complexes au cours d'une conférence de presse improvisée le pape François invite à un développement qui respecte la création.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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