Elections story : au nom du mensonge, tout est permis ! Pensum à l’adresse du personnel politique tous leaders confondus.

Publié le 5 Décembre 2015

En politique le mensonge est permis mais également licite.
En politique le mensonge est permis mais également licite.

Il aurait aujourd’hui 346 ans … et sa pensée, sinon ses pensées, font toujours mouche.

Une de ses œuvres l’a porté à la postérité : Les Voyages de Gulliver.

Mais Jonathan Swift – satiriste irlandais au XVIIème siècle - s’est également et je dirais (en cette période de prés élections tous azimuts du sud au nord en passant par l’est et l’ouest de la planète - surtout distingué par une manière de pamphlet (moins de 90 pages) qui n’a pas pris une ride.

Une paternité discutable (un certain John Arbuthnot en aurait, dit-on, été l’auteur pour finalement être attribué à Jonathan Swift) mais peu importe le flacon pour vu qu’on aie l’ivresse !

Ce qui est bien le cas lorsqu’on distille quelques uns des onze chapitres composant l’ouvrage.

Comme quoi quelques pages bien senties sur un sujet sensible peuvent impacter un comportement social.

Et en la circonstance, la désignation d’un leader – en l’occurrence politique – est le meilleur exemple qui soit dans le propos dont traite Swift sous ce titre qui dit tout : l’art du mensonge :

«Le mensonge se calcule, se pèse, se distille, se proportionne. Le texte s’emporte alors contre les journalistes, « nouvellistes ou gazetiers », ces menteurs grossiers, et « leur petit talent, leur manque de génie à débiter du mensonge ». Et au parti qui aura trop et mal menti, entamant ainsi sa crédibilité, le traité propose une cure originale d’inspiration médicale, se mettre au régime sec, sans boniments, se contraindre trois mois durant à ne dire que des vérités, pour regagner chèrement le droit de mentir à nouveau, en toute impunité. Hélas, se plaint l’auteur, jamais on ne trouva parti ou homme politique qui supportât un tel régime. »

MOI PRESIDENT !

Dans « Le Mentir vrai » Jean-Jacques Courtine, en ouverture du texte de Swift, donne ainsi le ton sinon la méthode du mensonge qui, contradictoirement, n’en est pas un.

Tout un art qui se joue de la subtilité de l’évidence.

Ainsi, le fameux « Moi, président ! » déclamé sur un ton que n’auraient pas désavoué André Malraux ou encore Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, était digne de la plus mauvaise tirade sur l’air de Cyrano de Bergerac alias Edmond Rostand. Par exemple.

Un mensonge encore frais dans les mémoires tant il dépasse l’imaginable dans le genre.

«Croix de bois, croix de fer si je meurs je vais en enfer ! »

Cet engagement puéril qui animait nos certitudes enfantines et camouflait nos mensonges s’est mué en un véritable droit du menteur.

Dévorés par la soif du pouvoir et accessoirement – puisque l’un ne va pas sans l’autre – de l’argent, il n’est guère d’homme et de femme politique qui ne soit pas l’objet, en toute conscience d’ailleurs, de leurs mensonges.

Celui qui a connu les pires défaites repart à coup sûr et sans scrupules à l’assaut d’un bastion ou d’une charge perdus qu’il avait dit auparavant ne plus disputer.

De la droite à la gauche en passant par le centre ils sont tous logés sans exception à l’enseigne du mensonge. Sans exception. Avec pour caisse de résonance les plateaux de télévision et autres micros radiophoniques.

Analyse proposée de l’ouvrage

Dans le premier chapitre de l'œuvre de Jonathan Swift, (qui en comprend onze) la nature de l'âme importe.

Ainsi, le mensonge vient du fait que l'âme possède non seulement un côté « plat » qui restitue les choses telles qu'elles sont mais aussi un côté « cylindrique » qui déforme les faits.

Dans le second chapitre, Jonathan Swift définit le mensonge en politique comme « L'art de convaincre le peuple » et « l'art de lui faire croire des faussetés salutaires et cela pour quelque bonne fin ».

Dans un troisième chapitre, il montre que le mensonge en politique est non seulement permis mais aussi licite.

Dans un quatrième temps, l'auteur explique que le gouvernement, ou le corps politique dans son ensemble, n'a pas l'exclusivité du mensonge puisque le peuple peut aussi l'utiliser pour combattre ses représentants (notamment, par l'invention de fausses rumeurs visant à nuire à la réputation d'un homme politique).

Le cinquième chapitre définit, quant à lui, une typologie des différents mensonges :

Le mensonge de « calomnie » (qui a pour objet la diffamation), le mensonge « d'addition » (qui a pour but de prêter à un individu des actions bénéfiques dont il n'est pas l'auteur) et enfin, le mensonge de « translation » (prêter ses actions à un autre que soi).

Dans le sixième chapitre, l'auteur opère une distinction entre deux types de mensonge : le mensonge « qui sert à épouvanter » et « celui qui anime et encourage » Puis, dans le même temps, il précise que les mensonges doivent non seulement faire preuve de vraisemblance, mais aussi varier (il ne faut pas toujours utiliser les mêmes).

On en sait quelque chose par les temps qui courent.

Dans le septième chapitre, Jonathan Swift cherche à savoir lequel des deux partis politiques de l'époque (les Tories et les Whigs) est le meilleur dans le domaine du mensonge politique. Il conclut que les deux sont aussi doués et qu'il existe en particulier quelques génies remarquables dans les deux camps dont il exalte les talents dans le chapitre suivant.

Dans ce même chapitre, l'auteur décrit, non sans ironie, son projet d'organiser une société qui rassemblerait différents corps de menteurs, sorte de lobby qui aurait pour but de divulguer exclusivement de fausses informations.

Le neuvième chapitre analyse la durée et la célérité des mensonges (complété de conseils sur les moyens à employer pour qu'un mensonge soit divulgué rapidement mais retombe vite ou bien qu'il pénètre, au contraire, doucement mais longtemps.)

Dans le dixième chapitre, l'auteur analyse les marques caractéristiques du mensonge et affirme qu'il est capable de reconnaître, par sa forme même, l'auteur du mensonge.

Enfin, le dernier et onzième chapitre, le plus croustillant, Jonathan Swift cherche à savoir s'il vaut mieux combattre un mensonge par la véracité ou par un autre mensonge mais conseille la seconde méthode !

Une société de menteurs

Parmi les nombreux conseils donnés par Jonathan Swift en matière de mensonges politiques, il convient de soustraire les mensonges à toute vérification possible, de ne pas outrepasser les bornes du vraisemblable et de faire varier les illusions à l'infini et enfin d’instituer une véritable société des menteurs pour rationaliser la production de mensonges politiques. (sic)

Jonathan Swift enfonce le clou :

« Il n'y a point d'homme qui débite et répande un mensonge avec autant de grâce que celui qui le croit. Un mensonge d'épreuve est comme une première charge qu'on met dans une pièce d'artillerie pour l'essayer; c'est un mensonge qu'on lâche à propos, pour sonder la cré

dulité de ceux à qui on la débite. Le moyen le plus propre et le plus efficace pour détruire un mensonge est de lui opposer un autre mensonge. »

Dont acte et messieurs (et mesdames) les menteurs et à vos manuels. Ensuite, que le plus retord gagne !

Et gare à la multitude des gogos qui affirment qu’on ne les y reprendra plus oubliant que les menteurs professionnels maîtrisent parfaitement l’art de faire croire aux faussetés salutaires.

En d’autres termes, ces pseudos intellectuels malhonnêtes dont regorge la société. Abstention : cherchez l’erreur !

Bernard VADON

Moi Président : tout un art qui se joue de l'évidence ... croix de bois, croix de fer, si je meurs je vais en enfer !Moi Président : tout un art qui se joue de l'évidence ... croix de bois, croix de fer, si je meurs je vais en enfer !Moi Président : tout un art qui se joue de l'évidence ... croix de bois, croix de fer, si je meurs je vais en enfer !

Moi Président : tout un art qui se joue de l'évidence ... croix de bois, croix de fer, si je meurs je vais en enfer !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :