Femme, femme ...

Publié le 30 Décembre 2015

Son imagination, réputée pour être exceptionnelle, avait tout naturellement placé Descartes au rang des êtres singuliers au sens latin (singularis) du terme.

Une introduction éclairante qui pourrait nourrir l'analyse bien au-delà de ce genre d’exemple reconnu.

Et Dieu sait combien le monde littéraire ne se prive pas de ces références à la singularité.

Qu’elle plaise ou qu’elle choque, d'ailleurs.

D’aucuns en usent et parfois en abusent non sans délectation, rompus à ce genre d’exercice propre à favoriser précisément la singularité.

En somme et quelque part, une façon de ne pas apparaître comme les autres.

Aller en quelque sorte du mot à l’adverbe en passant par l’adjectif pour le plus grand plaisir de l’ego.

Et contrairement à ce que pensait Mme de Sévigné qui, peut-être, s'en tenait à une explication autrement restrictive, il est de fait qu’une certaine singularité s’accommode intentionnellement et parfaitement – pour ne pas dire qu’elle ne peut s'en passer – des tendances de la société au cœur de laquelle elle estime souvent, et à dessein, exister. L'effet mode, notamment, en est un exemple. En somme, je parais, donc je suis. On est loin du cogito ergo sum ( je suis, donc je pense ) de Descartes.

Avec le risque, cette fois, d’abonder dans le sens suggéré par Voltaire considérant peu convenable la singularité lorsqu’elle concerne, par exemple, le langage. Une opinion respectable qui reste une opinion parmi d'autres.

Personnellement, j’adhérerais de préférence, et à l’instar de Molière, à la singularité lorsqu’elle est associée à la grâce. Suivez mon regard…

Celle qui sied tant à bon nombre de représentantes d’un sexe féminin que l’on qualifie à tort, et curieusement, de faible.

J’y ajouterai le charme confirmant, à quelques rares exceptions, la règle

La notion de parité qui, parfois et non sans difficulté, s’efforce de changer les mentalités essentiellement masculines sinon machistes, constitue un pas important dans la voie d’une acceptation d’égalité non seulement entre les hommes (eh, oui !) mais surtout et tout simplement entre les êtres sans distinction de genre.

Ainsi, la pluralité continue-t-elle de faire difficilement son chemin et par voie de conséquence la singularité féminine donne à cette mutation toute sa dimension universelle.

Une sorte de retour aux origines sinon à la genèse et aux sources de la femme-mère-génitrice sans laquelle le monde ne serait pas. Et particulièrement, l'homme en tant que tel.

La complémentarité au sens large du terme est totalement dépendante de la conception finale sur laquelle Marguerite Yourcenar, dans « Les mémoires d’Hadrien », donne son sentiment avec tout ce que cette réflexion peut inspirer de réalisme:

« Rien n’est plus lent que la naissance d’un homme ».

En d’autres termes, restons patients et confiants quant à une parité qui n'atténue en rien cette nécessaire complémentarité souhaitable à divers égards. Ne serait-ce que parce que, le plus naturellement du monde, c'est la continuité de l'espèce qui en dépend.

Bernard VADON

Une belle et inoubliable ode à la femme ...

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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