LA PEUR S’INSTALLE EN FRANCE SAUVE-QUI-PEUT !

Publié le 9 Décembre 2015

Des peurs diffuses, confuses, flottantes, inassignables ...
Des peurs diffuses, confuses, flottantes, inassignables ...

Dans le monde de la politique, heureusement (ou malheureusement) que le ridicule ne tue pas car, à ce jour, nous serions enfin débarrassés d’une caste de prédateurs en tous genres.

Pourtant, les adjectifs que l’on serait tenté d’attribuer à ces nantis de la société sont légions ; et les prestations lamentables, dont les télévisions et autres studios de radio nous ont gratifié à l’occasion du premier tour des récentes élections françaises, en témoignent. Si besoin.

Risible, grotesque, absurde, cocasse, impayable, stupide, ringard et con, bête, crétin … et comme diraient les gens du Midi du côté de Marseille et sur le ton pagnolesque cher à Raimu : des couillonnades, je vous dis !

Spectacle affligeant que ces hommes et ces femmes en charge de notre devenir social usant de tous les stratagèmes imaginables pour sauver leur carrière et par voie de conséquence leurs confortable situation, comme l’a, opportunément, fait remarquer, sur un plateau de télévision, cet élu un peu plus pragmatique et honnête que ses amis et qui semblait tenir l’électeur pour plus intelligent qu’on ne serait parfois tenté de le croire. Insistant sur le fait qu’en toute bonne démocratie, il est aussi de bon aloi de laisser à chacun son libre arbitre.

Merci pour cette reconnaissance légitime.

SLOGAN

Ces donneurs de leçons de morale politique, pour justifier leur incompétence, ont trouvé le bouc émissaire de circonstance. Suivez mon regard du côté de ces nouveaux empêcheurs de tourner en rond.

Il s’ensuit une débandade orchestrée par la gauche à qui la droite traditionnelle et le centre n’ont d’ailleurs rien à envier quant à ce sauve-qui-peut général.

"Si tu ne sais pas pour qui tu votes, moi je le sais" reconnaissait sans rougir, lors d’une campagne, un candidat.

Loin de moi l’idée d’adhérer à quelque philosophie politique extrême et de circonstance accusée – comme c’est pratique - de tous les maux de l’enfer.

Et pour se donner encore meilleure conscience, ces laissés pour compte du système se réclament tous du gaullisme … pourtant, le Général n’était pas du genre à faire des cadeaux. Même à ses partisans qu’il accusait parfois de n’être motivés que par le profit … lui qui s’en moquait comme de son képi de général de brigade, ayant toujours refusé quelques étoiles de plus.

A l’image de ces personnalités – trop rares mais de talent – refusant les insignes de la légion d’honneur.

La modestie, c’est bien connu, est parfaitement incompatible avec la fonction d’élus tous grades confondus.

Là encore, l’exception confirmant la règle.

Pour mémoire :

« Pour être grand, il faut d’abord apprendre à être petit car l’humilité est la base de toute grandeur. »

Dont acte, mesdames et messieurs les élus.

POLITIENS EN QUETE DE SOUTIEN

Bref, et dans cette course au pouvoir qui vous échappe tout est bon pour réussir jusqu’à la trahison et le mensonge. Avec la peur en filigrane de leurs arguments.

Comme le confiait le sociologue anglais, Zygmunt Bauman, considéré comme l’un des maîtres de la pensée contemporaine, répondant à la question de savoir quels types de peurs notre modernité a créé.

Je cite :

« Des peurs diffuses, confuses, flottantes, inassignables … ces peurs, nées de l’incertitude (combien de temps perdureront les critères de mon choix actuel ?), de l’insécurité publique (combien de temps perdurera ma position sociale actuelle ?) et privée (à quelques dangers, connus ou encore inconnus, mon corps est-il exposé ?) , se combinent. Elles se mêlent, suscitant une angoisse aux motifs obscurs qui pousse les gens à rechercher désespérément une cible sur laquelle la projeter – ne serait-ce que de façon éphémère, jusqu’à ce qu’ils comprennent que cette projection n’a servi à rien, n’a pas mis fin à leur peur. C’est à cause de cette confusion que les peurs actuelles se prêtent si aisément à toutes les manipulations. Elles peuvent désormais être exploitées à des fins commerciales et politiques, par une industrie de la consommation en quête de profits, par des politiciens en quête de soutien … »

Nous y voilà et le constat est sans concession !

« VIRONS CES ENFOIRES ! »

Les médias grands amateurs de superlatifs en tous genres n’y vont pas de main morte pour qualifier et stigmatiser la situation entre séisme, choc et tsunami … les avionneurs parleraient plutôt, et plus raisonnablement, de turbulences.

En clair, la mauvaise méthode par excellence !

Quant au général de Gaulle – rares sont les politiciens qui ne s’en réclament pas – dont on savait qu’il avait une certaine idée de la France - et surtout qu’il s’y tenait - son sentiment, sur la gauche en particulier, était on ne peut plus nuancé sinon carrément radical … si on peut dire.

Rappel de citation :

« Les gens de gauche ont rarement de grand projet, ils font de la démagogie et se servent des mouvements d’opinion. La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça qu’on a fini dans l’abîme en 1940 … Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux … Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits … on ne les a jamais vu dépenser efficacement les crédits …

Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes …

Parce qu’ils sont incapables, ils sont dangereux. »

Et mon Général d’en rajouter une couche, comme on dit familièrement, par Alain Peyrefitte interposé - l’un de ses fidèles et compétents ministres – qui s’en fit alors l’écho :

« Virons ces enfoirés de politiciens socialistes … »

Au stade actuel de notre histoire politique, la remarque vaut autant – le moins que l’on puisse dire - pour l’ensemble des politiciens. Notamment ceux qui ne font guère preuve de perspicacité circonstancielle et qui sont de plus en plus dans l’irrespect total de la plus élémentaire démocratie en ne s’inspirant pas du bon sens populaire et surtout en ne laissant pas à la rue son légitime droit de choisir.

On ne défend plus un programme – ce qui semble être essentiel – mais on pratique l’invective et, en désespoir de cause, on trahit sans vergogne.

Manifestement, le temps est peut-être venu de remettre au compte d’intérêt général la formule dévoyée par notre Monsieur Jourdain national, Mamamouchi parvenu, qui au nom de sa profession de foi – Le changement, c’est maintenant – en a berné plus d’un … pour les inciter, aujourd’hui, à s’allier à leurs pires ennemis :

« Par ma foi, il y a presque … quatre ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela. »

De la prose ou du baratin tout court ?

Bernard VADON

Avec Pagnol du côté de Marseille en passant par l'Assemblée Nationale et un général qui avait une certaine idée sinon une autre idée de la France ! Avec Pagnol du côté de Marseille en passant par l'Assemblée Nationale et un général qui avait une certaine idée sinon une autre idée de la France ! Avec Pagnol du côté de Marseille en passant par l'Assemblée Nationale et un général qui avait une certaine idée sinon une autre idée de la France !
Avec Pagnol du côté de Marseille en passant par l'Assemblée Nationale et un général qui avait une certaine idée sinon une autre idée de la France !

Avec Pagnol du côté de Marseille en passant par l'Assemblée Nationale et un général qui avait une certaine idée sinon une autre idée de la France !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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