A propos de la libanisation française, vous avez dit improbable ?

Publié le 29 Janvier 2016

Se réfugier dans l'improbable ... ou l'optimisme.
Se réfugier dans l'improbable ... ou l'optimisme.

En d’autres termes, on pourrait aussi bien dire (ou écrire) : On utilise les mêmes sornettes verbales (ou quasiment) et on recommence.

Aujourd’hui, la mode, sur les plateaux de télévision en particulier, parce que ce sont des caisses de résonance modernes et idéales, est de débattre, animé de l’infantile intention d’amuser la galerie avec une once de culot politique ajoutée, à savoir de reconnaître (un prétendant au fauteuil présidentiel s’en est récemment confié) sans rougir et de le répéter à satiété tout en s’y conformant, que ça ne sert à rien.

Ce qui n’est pas totalement faux car, pendant ce temps, nos gouvernants valsent (ce pourrait être un grossier jeu de mots) sur un air à plus d’un temps. Un pas en avant et deux en arrière. On renonce un matin pour repartir en sens inverse le soir.

Singulier ballet d’une irresponsabilité totale, et à terme grave, tant il y va du ternissement manifeste quant à la pérennité d’un Etat en déliquescence annoncée.

D’aucuns n’y vont d’ailleurs pas par quatre chemins en évoquant une véritable libanisation de la France.

Victor Hugo, Schoelcher et autres Jean Jaurès et Georges Clémenceau, ces idoles de la république, de là où il est possible qu’ils nous observent, ont du souci à se faire. Aujourd’hui, la vanité sans limite, le mépris à l’égard de ceux qui les interpellent (M. Le Drian est un virtuose en la matière mais ces collègues ne sont pas en reste) mais aussi l’art de la contradiction (M. Macron n’est pas mal non plus) et ne parlons pas de la sortie on ne peut plus grotesque de Mme Taubira. Finalement, on pourrait, toutes et tous, les psychanalyser sur le divan de Fogiel, mais dans le rôle du bouffon, le roi François apparait certainement comme irremplaçable !

La terreur au programme

Paradoxalement, la diversité, qui pourrait constituer une richesse, est devenue la pierre d’achoppement d’une république qui ne sait plus à quel saint se vouer et dans les bras de quel sauveur se jeter.

Aussi, le moment est-il peut-être venu de siffler la fin de la récréation … enfin, façon de dire pour ce qui est de ce nom, évocateur de divertissement.

Curieusement, certains se moquent ou s’emportent sur l’instrumentalisation des religions mais, étrangement, usent parallèlement et sans vergogne du même terme pour désigner le civisme, ciment (ce n’est pas totalement faux) d’une authentique nation républicaine. (sic)

Comme si l’un ne pouvait pas aller naturellement avec l’autre.

Mais bon, passons.

Avec, cerise sur ce gâteau explosif, la terreur, dont on s’investit habilement en imbibant astucieusement les foules. Au final, le cocktail est réussi pour favoriser la dislocation des institutions.

Tout en sachant pertinemment à qui, au bout du compte, profite le crime.

L’analyse de l’historien François Kersaudy à propos de la déchéance nationale, notamment, met en évidence le fait que cette question, qui agite aujourd’hui les consciences, est une synthèse pratiquement parfaite des faiblesses de nos institutions et de notre vie politique.

Et M. Kersaudy de préciser sa pensée:

« Confronté à l'imprévu, le président réagit précipitamment par une combinaison d'astuce tacticienne, d'effets de communication et de récupération politique. Ses frondeurs en profitent pour le mettre dans l'embarras en affichant leurs « valeurs » et leur « conscience de gauche », devant des médias friands de scandales artificiels. Les Français cèdent à leur penchant habituel pour les débats idéologiques, tandis que l'opposition cherche à utiliser la dernière polémique pour faciliter son retour au pouvoir. »

Il y ajoute l’incidence de la peur responsable, selon lui, de la confusion actuelle. Je cite :

« Peur d'appliquer les lois, de nommer les choses, d'être accusé de racisme ou d'islamophobie, de sanctionner, de perdre les élections, de la condamnation des instances supranationales, et surtout peur de s'attaquer aux véritables problèmes qui minent le pays. »

En clair, la porte ouverte à la pérennité et à la multiplication des zones de non-droit, le développement des trafics d'armes, de drogues et d'êtres humains, le délitement du système scolaire, l'envolée des « incivilités » et de la délinquance, l'anarchie du système carcéral, l'immigration incontrôlée, la naturalisation bradée, le communautarisme rampant, les prêches de haine dans les mosquées intégristes et la quasi-absence d'expulsions de déboutés du droit d'asile – ou même de terroristes.

N’en jetez plus la cour est pleine et en claquant la porte, l’insupportable et désagréable garde des sceaux a déjà fait sauter le verrou de la résistance selon elle.

A suivre donc.

Guerre civile ?

Cela dit, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge qui n’aura jamais autant mérité du sobriquet d’espagnole en son expression péjorative quant au fait que l’on y trouve de tout et qu’on y rencontre n’importe qui … allusion perfide et déguisée à l’immigration.

Vous avez dit diversité ?

En tout cas, un processus infernal nourri du terreau d’une libanisation (morcellement d’une nation) et d’un communautarisme insupportable et souvent voyou.

La guerre civile : rares sont ceux qui y croient.

Pourtant, le scénario n’échappe pas à François Kersaudy :

« Cette guerre civile impossible, impensable et inacceptable peut se déclencher de l'une des quatre manières suivantes : le premier scénario, un affrontement entre l'extrême droite et les salafistes, est aussi le moins vraisemblable ; en France, comme partout en Europe, les extrémistes s'en prennent rarement aux extrémistes, préférant les affrontements à moindre risque contre les modérés et l'État désarmé – même si l'on peut craindre des actions de représailles pour remédier à une démission trop ostensible des autorités. »

« Dans le deuxième cas, certaines banlieues, villes ou conurbations du pays entreront en dissidence, hissant le drapeau noir de Daech, le drapeau blanc et noir d'Al-Qaïda, le drapeau jaune du Hezbollah ou le drapeau vert des nouveaux islamistes qui auront émergé dans l'intervalle ; même un gouvernement faible ne pourra le tolérer, et les opérations de reconquête par l'armée, la gendarmerie et les groupes d'intervention seront longues et sanglantes. »

« Le troisième scénario est celui d'un effondrement de l'économie française, consécutif aux multiples errements que nous connaissons déjà ; dans un tel cas, les innombrables allocations assurant la paix sociale devront être réduites ou supprimées, ce qui provoquera des émeutes difficilement contrôlables, eu égard à la masse des bénéficiaires de l'assistanat, à l'échauffement des esprits, à l'effervescence religieuse et à la libre circulation des armes de guerre. »

Le dernier cas est celui d'une dérive fatale des affrontements intercommunautaires. »

« Les naïfs diront que ces déchaînements de violence se produisent certes en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, mais qu'ils ne peuvent s'exporter en France, pays du vivre ensemble et des droits de l'Homme ; les craintifs trembleront et se réfugieront dans un silence assourdissant ; les attardés et les indignés hurleront au contraire que le seul fait d'évoquer de telles possibilités pourrait les amener à se produire. »

La conclusion, nous la partagerons, même si nous ne sommes pleinement convaincus, sur le terrain mystérieux de la destinée humaine et de l’imprévu qui la caractérise. Une façon d’oublier les scénarios catastrophes annoncés et de se réfugier, de la façon la plus arrangeante qui soit pour nous, dans l’adjectif improbable, autrement dit : qui a peu de chances de se produire.

Acceptons-en l’augure.

Bernard VADON

De Jaurès à Hugo en passant par Clémenceau : ils ont du souci à se faire !De Jaurès à Hugo en passant par Clémenceau : ils ont du souci à se faire !De Jaurès à Hugo en passant par Clémenceau : ils ont du souci à se faire !

De Jaurès à Hugo en passant par Clémenceau : ils ont du souci à se faire !

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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