LE CAREME : UN TEMPS DE REFLEXION, DE RECONCILIATION ET DE DIALOGUE.

Publié le 26 Février 2016

Priorité à l'altérité.
Priorité à l'altérité.

J’entends déjà le chœur des « bouffeurs » de curés disputant la plus forte note aux thuriféraires et autres spécialistes du goupillon à l’évocation de ce qui, effectivement, serait susceptible de favoriser une levée de boucliers de la part de ceux qui entendent dissocier, dans tous les sens du terme, la religion du politique.

Ce qui, de toute évidence, est le cas. Notamment depuis une certaine loi de 1905.

AMELIORATION DE SOI

Pour les chrétiens, c’est actuellement le temps du carême.

Une pratique que l’on retrouve aussi dans l’Islam avec le ramadan.

La différence entre les deux religions résidant plus dans l’application qui en est faite au plan des contraintes sinon des interdits que dans l’objectif visant à la réalisation de soi-même mais également à sa façon de se comporter avec les autres.

Dans l’Islam, l’application de principes liés au quotidien – principalement tout ce qui touche au renoncement à certaines habitudes, notamment la nourriture - est essentiel.

Chez les chrétiens et principalement les catholiques, la privation, même si elle est recommandée, n’est pas une condition sine qua non pour accéder à une existence purifiée au sens le plus large du terme sinon à une amélioration de soi.

Le moins manger primant sur le trop manger.

Et cela sans pour autant renoncer à tout ce qui peut contribuer au bonheur, la finalité de toute existence.

Comment y parvenir ? Toute la question est là.

La spiritualité, plus que la notion de religion souvent décriée par ceux qui ne veulent pas en faire cas et encore moins l’associer à un mode fonctionnement intellectuel, est au cœur même de tout comportement humain.

Sans qu’il soit pour autant question de morale.

La motivation est autrement plus existentielle sans pour autant se démunir de ce qui peut faire le bonheur de vivre.

Alors, c’est peut-être vrai que la notion élémentaire du bien et du mal n’est pas forcément dépendante d’un commandement, fut-il de Dieu.

LA LIBERTE : PIERRE ANGULAIRE

L’exemple du Christ dans sa confrontation avec les tentations de toutes sortes aux sources mêmes de chaque entrée en carême est sur ce détail éclairante et forte.

Il ne se pose pas en donneur de leçons de morale mais plutôt en exemple.

Une invitation délibérée de le suivre est permanente dans les écritures. Affaire de choix et de conscience.

En fait, la liberté - dans son acceptation la plus large et surtout la plus riche - est la pierre angulaire d’une croyance en Dieu la plus basique qui soit mais aussi la plus sincère. Après tout n’est-ce pas le plus important ?

Chez les chrétiens, ce n’est pas la soumission qui importe mais plutôt une sorte de mise à disposition partagée entre Dieu et le croyant. Sans qu’il soit pour autant question d’un christianisme à géométrie variable comme on serait tenté de le penser et pour quelques uns de l’appliquer.

La foi, c’est assurément un basculement de soi à un moment donné et dans un ailleurs indicible au-delà de tout rationalisme.

Croire n’est pas forcément une évidence.

Dans le cadre des prédications du temps de carême, un jeune et enthousiaste prédicateur pétri de certitudes mystiques mais profondément crédible, peut-être grâce à son charisme, définit, avec autant de simplicité que de crédibilité, sa conception de l’accession au bonheur.

Pas question pour lui de faire abstraction d’une modernité de toute façon difficilement contournable et qui ne contribue pas toujours à faire bouger les lignes de la tradition ; l’équation se limite simplement à mettre en exergue les deux adjectifs ou adverbes clés du bonheur : bon et meilleur.

Dans la vie courante il convient en effet d’être bon dans ses entreprises personnelles, familiales ou professionnelles.

Notamment, dans ses choix.

Si l’adjectif bon est en ce cas l’ultime marche qui conduit vers le haut, celui de meilleur est finalement le substrat idéal vers lequel nous devons nous efforcer de tendre. Pour soi-même et les autres dans le cadre d’une altérité circonstancielle. Le message est aussi fort que clair. Et le carême une voie ouverte vers la maîtrise de soi.

On est à cent lieues de la notion de morale élémentaire et simpliste pour aborder aux rivages de l’infini.

Etre bon certes mais être meilleur, c’est encore mieux. Une nuance de taille.

Surtout en ces temps de violence où la notion de réconciliation n’a jamais aussi nécessaire et indispensable.

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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