DIS-MOI CE QUE TU CHANTES ET JE TE DIRAI QUI TU ES !

Publié le 18 Mai 2016

Un nom sacré qui se passe de commentaires !
Un nom sacré qui se passe de commentaires !

S’il est vrai que la musique adoucit les mœurs, un exemple récent témoignerait du contraire.

Et ce n’est pas Zazie, l’auteure d’une des chansons-phares de Johnny Hallyday (Allumer le feu), qui nous démentira même si son texte ne raconte pas une romance pour midinettes en mal d’amour.

On y parle, entre autres amabilités, d’un retour « à l’état sauvage » mais cela reste un simple effet de scène.

Rien à voir, au demeurant, avec cet autre feu déclenché par ce qui est devenu : « l’affaire de Verdun ».

Il s’agit de ce feu attisé par des décisions ineptes et irréfléchies jusqu’à avoir l’inconscience (ou l’imbécillité) de prendre la grande Histoire à témoin. En l’occurrence, Verdun ce haut-lieu de la résistance et du patriotisme.

On aura bien saisi qu’il s’agit de cette programmation inouïe sinon hallucinante, contestable au préalable sur le principe d’une commémoration, sinon d’un devoir de mémoire, envers une génération qui a perdu la vie dans les tranchées au cours d’une guerre épouvantable.

Ne le sont-elles pas toutes ?

La polémique, à Verdun, autour d’un concert pas comme les autres, est manifestement un signe inquiétant de déviance qui n’a rien à voir avec l’ordre moral que d’aucuns (on peut les comprendre) ont qualifié de nauséabond, désarçonnés, semble t-il, par les réactions pour certaines justifiées au-delà des excès et de la violence des mots.

Je n’ai rien contre les rappeurs et leur façon singulière mais pas forcément inintéressante de jouer avec les mots et les idées. Si, toutefois, ces idées ne sont pas le reflet primaire d’un rejet de tout ce qui ne correspond pas à leur éthique … enfin, façon de parler !

La liberté, c’est bien connu, s’arrête à partir du moment où elle gène les autres et dans le genre, Monsieur Alpha Diallo, alias Black M, ex artiste du groupe sulfureux Sexion-d’Assaut, ne fait pas dans la dentelle pour stigmatiser tout ce que lui et ses admirateurs prétendent abhorrer.

Surprenante façon de réagir de la part d’artistes qui s’emploient par le choc des mots à interpeler l’opinion et la société soucieuses dans leur grande majorité de combattre l’exclusion sous toutes ses formes et expressions.

Le président Hollande, en guise d’explication pitoyable, s’est réfugié derrière le mot « festif » et le souci de satisfaire la jeunesse. Le choix de M. Diallo – le président devrait en l’occurrence reconsidérer la compétence de ses conseillers en la matière – était pour le moins suicidaire. A moins que ...

Quant au prétexte à satisfaire la jeunesse, il y va un peu fort !

En effet, quelle offense faite à l’autre partie de la jeunesse, et parmi elle des jeunes de banlieues, qui n’est pas insensible à d’autres musiques moins agressives et sans aucun doute plus en phase avec l’actualité en question. Ce qui fut fait et bien fait en d’autres lieux mythiques notamment avec des orchestres symphoniques.

On sait bien que casser du flic, du juif, du pédé, et en bloc du « kouffard » ou mécréant (il paraît que c’est ainsi que ces gens qualifient les français) constitue leur ignoble fond de commerce. Voir le texte édifiant de M. Diallo.

On a le droit d’aimer ou de ne pas aimer cet « art » mais cette façon déguisée de l’imposer relève de la philosophie la plus méprisable.

Esope, avait bien raison d’écrire que la langue (en la circonstance la voix) est la meilleure mais aussi la pire des choses.

Quant à adoucir les mœurs, avec un pareil loupé, vous repasserez

Bernard Vadon.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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