Marrakech : récital privé sur le thème de l’inspiration orientale chez les compositeurs européens du 19ème siècle.

Publié le 2 Juin 2016

La preuve que l'art et particulièrement pas la musique ne connaissent pas de frontières !
La preuve que l'art et particulièrement pas la musique ne connaissent pas de frontières !

Les initiatives personnelles, sinon privées, ont ceci d’intéressant qu’elles nécessitent aucune logistique particulière souvent dépendante des exigences de certains artistes (ou organisateurs de spectacles) privilégiant la technique au détriment de la qualité du son et de l’interprétation de musiciens n’ayant pas systématiquement besoin d’une manipulation en forme de décibels et autres filtres perfectionnés pour s’imposer.

Le résultat ne servant pas forcément la musique qui, en ce cas, perd ! plutôt de son authenticité et de son naturel.

Une bonne acoustique se suffit en général à elle-même et le son direct gagne en subtilités sonores sans avoir à transiter par une batterie de micros dévastateurs pour les tympans. Dont acte !

Partisans de cette philosophie et cela depuis plusieurs années maintenant, en France et surtout à Marrakech au Maroc, nous nous efforçons avec nos moyens – fort modestes – de reprendre, en privé, la formule en usage, au dix neuvième siècle notamment, lorsque se pratiquait ce que l’on pourrait appeler, en référence à la musique de chambre, la musique de salon.

On y joue d’un instrument en alternance avec des lectures de textes et surtout une explication vulgarisée des œuvres et des thèmes choisis.

Une philosophie culturelle inspirée, sur « France 2 », de l’émission proposée par Jean-François Zygel et intitulée « La boîte à musique » …. plus qu’une boîte à musique, je dirais plutôt, « La boîte à culture musicale. » !

Il n’est évidemment pas question de rivaliser avec cette émission culte ainsi qu’avec Jean-François Zygel, compositeur et pianiste improvisateur de talent et d’exception (on lui doit entre autres la version revisitée des « Misérables » au Théâtre du Châtelet) qui a fréquenté les interprètes les plus prestigieux, de Didier Lockwood (qui accompagna maintes fois notre inoubliable ami Stéphane Grappelli) à Chilly Gonzales mais aussi Andy Emler et Dimitri Naïditch. La liste n’est pas exhaustive.

Lors de la dernière soirée du mois de mai nous avons réuni quelques amis dont le réputé pianiste américain – Itaal Shur - invité au dernier Festival d’Essaouira et qui, dans notre résidence du quartier mythique de l’Hivernage, nous a offert, sans façon et en toute simplicité, un aperçu de son grand talent sur notre Pleyel quart de queue 1930 superbement conservé dont il a apprécié la sonorité et le toucher. Un superbe intermède improvisé durant lequel la bonne musique s’appropria la meilleure part.

Ce soir là, en invité quasi permanent, le clavier fut surtout confié à notre ami Michel Chanard – concertiste, accompagnateur et compositeur – qui, en la circonstance, a musicalement « disserté » sur le thème évocateur de : « La symbolique orientale chez les compositeurs européens du dix neuvième siècle ».

Au programme, « Suite Algérienne », « Suite Orientale » ou encore « Fantaisie Arabe » et « Oriental Rhapsody » sans oublier des extraits de la version musicale de « Les Mille et Une Nuits », autant de titres qui se passent de commentaires quant à l’intérêt qu’ils suscitent.

Du britannique Albert Ketelbey à l’américain Charles Wakefiel Cadman en passant par l’allemand Franz Hunten, l’anglais Percy Pitt et l’ukraino- l’autrichien Sergueï Bortkiewiez jusqu’à Camille Saint-Saëns - surnommé l’orientaliste - autant de compositeurs du dix neuvième siècle (il y en a bien d’autres mais il nous a bien fallu faire un choix) tous ont été sensibles, à leur manière, à la riche spécificité orientale.

Des œuvres retenues pour ce récital se dégagea une inspiration singulière que leurs auteurs ont, avec bonheur, intégré à des compositions originales sur ce mode oriental caractéristique (ô combien !) mettant en évidence, sur la gamme, la tonalité en la majeur - avec des variantes en mineur ou en do majeur - et parfois aussi en sol mineur - , des clés indispensables à la notation de la musique orientale.

Pour exemple, « La Danse des Trois Sœurs » tirée des « Mille et Une Nuits » et dédiée, pour l’une d’entre elles, à une mystérieuse Zoubida !

Au final et pour rester dans la mouvance du genre, à cette excellente nourriture culturelle se substitua celle, autrement terrestre, d’un agréable suivi dînatoire confectionné maison – merci et bravo Mina - et propre à favoriser les échanges et à goûter en terrasse la douceur printanière marocaine

Bernard Vadon.

Michel Chanard et Bernard Vadon complices à la manière de ... avant le "boeuf" symbole des gens de musique en compagnie du peintre Philippe Jayat, de l'interprète américain Itaal Shur, Bernard Vadon et Michel Chanard.
Michel Chanard et Bernard Vadon complices à la manière de ... avant le "boeuf" symbole des gens de musique en compagnie du peintre Philippe Jayat, de l'interprète américain Itaal Shur, Bernard Vadon et Michel Chanard.
Michel Chanard et Bernard Vadon complices à la manière de ... avant le "boeuf" symbole des gens de musique en compagnie du peintre Philippe Jayat, de l'interprète américain Itaal Shur, Bernard Vadon et Michel Chanard.

Michel Chanard et Bernard Vadon complices à la manière de ... avant le "boeuf" symbole des gens de musique en compagnie du peintre Philippe Jayat, de l'interprète américain Itaal Shur, Bernard Vadon et Michel Chanard.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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