A MARRAKECH : UN 14 JUILLET 2016 PAS COMME LES AUTRES !

Publié le 17 Juillet 2016

Une belle illustration d'amitié
Une belle illustration d'amitié

Difficile, en certaines circonstances, de trouver les termes qui conviennent pour décrire un événement.

Indispensable d’abord de retrouver ses esprits après le choc des sentiments. Celui aussi d’une réalité qui dépasse, ô combien, les fictions les plus inventives comme le cinéma sait parfois et si bien en être l’instigateur.

Le retour à la réalité, les lumières de la salle dissipant l’ombre ambiante, il est ensuite relativement facile, et en aucun cas traumatisant, de reprendre le fil de la vie courante.

C’était - comme on dit - du cinéma !

Générique de fin.

Pourtant, en ce dernier 14 juillet 2016, jour par excellence de gloire d’un peuple tout entier dont la préoccupation a toujours été de défendre des droits essentiels à l’énumération concise et fondamentalement humaniste :ayant pour valeurs liberté, égalité, fraternité, le ciel ou une autre entité en ont décidé autrement.

Parenthèses : tout le monde peut recevoir des leçons et la France ne fait pas exception à la règle ; à cette nuance d’exception prés, qu’elle est en mesure aussi d’en donner ne serait-ce que par la place qu’elle tient dans la (et sa) grande Histoire.

Ceci explique peut-être aussi cela dans un contexte idéologique planétaire actuel où elle s’implique plus directement que les autres nations.

A tort ou à raison ? Les avis divergent.

Paye t-on, ou, plus grave pour la suite, commençons-nous de payer au prix fort sinon dramatique, cette volonté d’éradiquer l’hydre de plus en plus agissante que représente un fondamentalisme en inadéquation totale avec la modernité et aggravé par un radicalisme enclin à favoriser le meurtre ?

Question.

Voile de deuil

Quarante huit heures m’ont été nécessaires, comme pour bon nombre de mes confrères, avant de réaliser ce qui venait à nouveau de se passer à un peu plus d’un millier de kilomètres, de l’autre côté de la méditerranée nourricière de tant de pays, avec l’attentat fou (un pléonasme car un attentat est systématiquement fou ne serait-ce que par ses conséquences désastreuses sur des populations civiles et sans responsabilités directes) perpétré sur l’un des joyaux historiques de la Riviera Française, sur la célébrissime Promenade des Anglais – la bien nommée – à Nice.

Pour moi, Nice au plan familial mais aussi au plan universitaire puis militaire – la caserne Auvare – puis professionnel avec le journal Nice Matin où j’ai réalisé la majeure partie de ma carrière de journaliste. A deux pas de Cannes, ma ville adoptive et d’Antibes, ma cité natale. Tant de motifs de m’interpeler sur ce site dont je me suis attaché, dans un livre, à vanter les beautés.

A une heure seulement d’intervalle, nous célébrions avec nos amis, traditionnellement et sous le ciel de Marrakech cette fois, l’anniversaire de ce patriotique 14 juillet.

Et cela, dans l’ignorance totale du drame qui, quasiment au même moment, était en train de jeter sur cette mythique Baie des Anges un épais voile de deuil.

Peut-être, d’ailleurs, à ce moment précis où, par hymne national interposé, l’une des paroles fortes – « L’étendard sanglant élevé » - résonnait par dessus les palmiers de l’Institut Français de Marrakech alors que le consul général de France, Eric Gérard, après avoir accueilli plus 1200 invités (parmi lesquels de nombreux résidents et touristes français mais aussi et surtout les personnalités – dont le nouveau Wali de Marrakech Abdelfettan Labjioui - et les familles marocaines tous, témoins de l’indéfectible amitié franco-marocaine ) terminait une intervention riche en émotions et forte de significations quant au péril qui nous menace au quotidien et sans distinction de nationalités ou de couleur de peau, de confessions aussi..

La bataille de la France

La tentation est grande de faire référence à celui qui incarne le mieux le choix patriotique par excellence. Celui qui, un certain mois de juin 1944, faisait prendre conscience au peuple de France de ce qui l’attendait :

« Derrière le nuage si lourd de notre sang et de nos larmes, voici que réapparait le soleil de notre grandeur !

Bien entendu, c’est la bataille de France et c’est la bataille de la France. »

Ainsi, l’Histoire serait-elle, comme on le dit souvent, un éternel recommencement ?

En tout état de cause, cette personnalité qui nous fait aujourd’hui tellement défaut dans le marécage politique actuel, aggrave, par son absence, notre état d’orphelins.

Dans ce contexte délicat où le choc des cultures n’est pas une vaine vue de l’esprit – n’en déplaise à ceux qui manifestent à ce propos une cécité conjoncturelle mais pas très réaliste – il était malgré tout important sinon capital de mettre l’accent sur les relations étroites, et en de nombreux secteurs constructives, qui régissent les rapports du marocain au français et réciproquement.

Certes, il peut y avoir parfois des « loupés » mais la nécessité des échanges et des soutiens de toutes sortes prend vite l’avantage.

La présence française est ici exemplaire par le nombre des ressortissants français en permanente augmentation, celui aussi des entreprises sans oublier l’éducation.

L’organisation prochaine de la COP 22 pour la préservation de l’environnement confiée au Maroc et qui aura pour décor privilégié Marrakech, est un signe, entre autres, des espoirs que la communauté internationale place dans le Maroc.

Vive la France !

Rappelant l’importance d’un consulat dans un pays étranger, sa responsabilité au plan administratif et diplomatique, Eric Gérard salua, opportunément, son personnel et insista sur son professionnalisme sans oublier tous ceux – particulièrement les conseillers consulaires – qui oeuvrent pour faciliter une tâche parfois compliquée.

La célébration du 14 juillet – les hommages officiels et militaires rendus – est avant tout et par essence une fête éminemment populaire.

Le consulat de France l’a ainsi souhaité en offrant aux invités un espace convivial – même si certains en ont un peu abusé – où, dans une atmosphère réchauffée par une température généreuse, chacune et chacun a pu étancher sa soif et calmer son appétit grâce à un florilège de mets salés et sucrés concoctés par les habituels sponsors.

Quant à la piste de danse, aménagée pour la circonstance, elle a complété - de façon sympathique et sur des rythmes actuels - le ton « fête à neu-neu » spécifique à tous les bals du 14 juillet de France et de Navarre, en d’autres termes, de la France entière.

N’est ce pas ce qui en fait son charme incomparable ?

Eh bien oui, et parce que le moment s’y prête, permettez-moi de conclure :

« Vive la France ! »

Bernard VADON

Une couverture sur un corps inconnu, une navire qui prend le large : Nice ne sera plus tout à fait comme hier !Une couverture sur un corps inconnu, une navire qui prend le large : Nice ne sera plus tout à fait comme hier !

Une couverture sur un corps inconnu, une navire qui prend le large : Nice ne sera plus tout à fait comme hier !

Une superbe et émouvante interprétation de la Sarabande en D mineur de Handel propice au recueillement et à la méditation.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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