LE PAPE QUI RECONCILIE ET LE CARDINAL QUI DIVISE !

Publié le 30 Juillet 2016

Plus qu'un symbole !
Plus qu'un symbole !

Le monde multiplie ses accès de folie.

Les réseaux sociaux s’affolent et se déchaînent. Les barrières de la raison et plus encore de la culture sont renversées. Plus de limites aux commentaires sur les faits de société qui, chaque matin ou presque, bousculent notre quotidien. Dans ce délire verbal les politiques ne sont pas les derniers à chauffer leurs ordinateurs via Facebook ou Twitter, les outils « up to date » par excellence mis à la disposition des meilleurs comme des pires.

Les philosophes vedettes et autres hommes de lettres de tous bords et de toutes confessions ne sont pas en reste.

Tahar Ben Jelloun se réveille aussi et entend replacer l’Islam dans un contexte moins guerrier que celui dans lequel le situent ceux dont on s’aperçoit un peu tard de leurs dérives dans le genre.

Fallait-il attendre aussi longtemps pour réagir alors que se développe par le canal technologique une peur panique ?

Pas question de tourner pour autant le dos à l’incontournable modernité.

Il est cependant difficile de ne pas évoquer Albert Einstein – même s’il a aussi ses détracteurs sur le sujet – qui affirmait combien il craignait le jour où la technologie – qu’il qualifiait de rougeole de l’humanité- dépasserait l’homme et qu’alors le monde aurait une génération d’idiots.

Le jour est-il arrivé où le lambda ne peut résister à mettre en scène son quotidien avec force photos ou « selfie » à l’appui. Du café au dîner en passant par des allusions plus intimes sinon des rappels à son passé familial qui, au fond, n’intéressent personne.

Vous avez dit addiction alors que dans le même temps les malades en religion et pseudos musulmans s’en donnent à cœur joie en instillant le mal dans le système.

Nous n’en finirions pas de chanter cette litanie de nos saints-cerveaux sur les risques et la perversion informatique.

Merveilleux Einstein … encore et toujours lui, lorsqu’il écrivait que la théorie c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : rien ne fonctionne … et personne ne sait pourquoi !

Dans ce monde où l’information est devenue la bouteille à l’encre de cette « chose infinie » qu’est la bêtise humaine d’aucuns, experts en souris et autres pavés tactiles ont oublié, mais ils s’en moquent, que la véritable connaissance s’acquiert par l’expérience.

Cette expérience dont semblent s’inspirer à des fins criminelles ceux qui n’ont rien trouvé de mieux que de prendre Dieu à témoin pour répandre la terreur là où on l’attend le moins.

Et pendant ce temps les gouvernants et leurs valets s’agitent et s’affolent trouvant surtout un millier de bonnes raisons pour fuir leurs responsabilités nourrissant au fond le secret espoir de les réendosser lors des prochaines élections.

Le monde est à feu et à sang et manifestement ça ne devrait pas s’arrêter du jour au lendemain.

Au-delà de quelques prises de conscience sympathiques et d’unions sacrées sur l’autel non moins sacré du non moins sacré slogan « ne pas désespérer de l’homme » la gabegie – comme disait le général De Gaulle (ah, que n’est-il plus là !) s’intensifie dangereusement au sein de la classe politique en particulier.

De la gauche à la droite en passant par les extrêmes.

« Misère, misère » comme le chantait l’inénarrable Coluche.

Nice, Saint Etienne du Rouvray, Munich et encore le bataclan, Charlie Hebdo et autres Hyper Cacher. La liste nous ne le savons que trop sera vite et autrement exhaustive qu’on pourrait le penser.

Et l’image en boucle (Facebook reconnaissons-le sert au moins à fixer certaines réalités) d’un ministre de l’intérieur s’esbaudissant (quelle bonne blague lui racontait donc son voisin) au premier rang de l’assistance lors d’une messe célébrée à Notre Dame de Paris à la mémoire du prêtre assassiné dans son église, quarante huit heures auparavant, est gravissime et inspire l’interrogation.

A l’instar des ignobles déclarations d’un certain journaliste de « Libération » et celles d’un rare mauvais goût d’une élue de la ville de Brest.

Manifestement rien ne va plus.

Et le cardinal André Vingt Trois dans la foulée – mais pour qui roule t-il celui-là - alors que l’actualité lui dictait un tout autre enseignement à tirer, s’est à cette grave occasion employé avec son singulier timbre de voix doctrinal à faire référence à des actes de société pourtant légalement reconnus et admis tel, en l’occurrence, le mariage pour tous. En quoi cela a t-il à voir dans le contexte actuel sinon en rajouter à une homophobie primaire et détestable.

A moins qu’il ne souhaite contenter l’enragée Christine Boutin et autres acariâtres patentés qui n’ont pas vu passer le siècle. En tout cas et de toute évidence ce cher cardinal a quelque peu failli à sa mission évangélique en passant sous les fourches Caudines de ceux qui se battent pour que triomphe l’amour en son sens le plus paulien qui soit.

Pourtant, il est un autre homme d’église, un évêque – en l’occurrence celui de Rome – qui n’a de cesse de lui montrer, comme à ses pairs le chemin … pourquoi pas de Damas.

Un homme – le Pape François – qui n’a pas que des adeptes (et pour cause mais qu’importe) au regard de ses courageuses prises de position et de cette autre façon de considérer le monde (et non pas de le juger) ainsi que ceux qui le peuplent.

Les jeunes catholiques réunis à Cracovie ne s’y sont pas trompés.

Faisant bloc autour de celui qui donne chaque jour un exemple fort de la considération qu’il porte au monde « urbi et orbi ».

L’homme en blanc qui a fait de la prière et du silence ses armes contre la haine et la cruauté.

Auschwitz, à cette occasion, fut plus qu’un symbole.

Nous ne savons que trop combien rien n’est important et que demain sera un autre jour … certes, mais de quel autre jour s’agira t-il alors ?

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

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