Marrakech-COP 22 : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme …

Publié le 30 Octobre 2016

 

Dans moins d’une semaine, le 7 novembre prochain et jusqu’au 18 novembre, la 22ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, se tiendra à Marrakech en un lieu opportunément choisi sur quelques hectares arrachés au désert à deux pas de la résidence royale (eh, oui, nous sommes ici à la porte dite du désert … mais cela c’était hier,  car aujourd’hui en ce quartier comme en d’autres les promoteurs immobiliers s’en donnent à cœur joie et pas toujours avec bonheur… mais c’est ainsi ).

 

Bref, le Maroc et singulièrement Marrakech sont depuis quelques mois sur les starting-block avec pour objectif la finalisation d’un événement dont ils devraient être, normalement, les premiers à bénéficier en tout cas au plan de certaines superstructures dont le réseau routier, l’éclairage, les aménagements environnementaux, etc. sans oublier le coup de pouce touristique qui ne fait pas de mal en cette période de vaches pas trop grasses.

Etant donné l’espace vital  actuel de la cité,  tout le monde ne profitera malheureusement pas de la manne. Il n’empêche, il faut bien le reconnaître, que le royaume entend faire bonne figure auprès des délégations étrangères qui vont sillonner, hyper protégées et à grande vitesse, les artères principales de la ville laissant au plus grand nombre le soin de supporter les nuisances inévitables d’un pareil rodéo.

Slogan

Hier, à Paris, aujourd’hui, à Marrakech, un bis repetita diront certains  pessimistes … ou réalistes. D’autres, plus incrédules encore, s’en réfèreront à Rabelais et à sa fameuse réflexion : «  Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Une phrase qui n’a pas pris une ride et que la prochaine COP23  serait bien inspirée de choisir comme slogan. En tout cas, une manière de se positionner au cœur des problèmes inhérents à ce changement climatique en impliquant directement la science et par voie de conséquence l’industrie, responsables à bien des égards.

Au fond, la phrase-clé sinon le sésame d’une situation que l’unique bla-bla des délégations, cette fois encore, ne résoudra pas.

Il est  à ce stade intéressant de rappeler que l’initiative fut initiée en 1992 lors du Sommet de la terre qui s’était tenu à Rio de Janeiro sur le thème récurrent du réchauffement climatique. Déjà, pourrait-on dire !

L’objectif consistait alors à entériner des accords entre les différentes nations sur la réduction des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Pour mémoire encore, les COP – Berlin en 1995 a accueilli la première de ces conférences - ont pour mission de réunir les représentants des Parties mais également tous ceux et toutes celles qui, en dehors des Etats, directement ou indirectement, sont confrontés à ces questions de climatologie. En formant le vœu que certaines ONG, comme elles le firent à Varsovie, ne prennent pas sciemment la porte non sans qualifier de « farce » cette opération propre à favoriser– selon elles – le capitalisme vert.

Après Paris, c’est à présent au tour de Marrakech de prendre le relai.

Préoccupante

Du pain sur la planche pour la ville ocre qui  ne voudrait pas manquer le coche !

A moins d’une semaine, un rapide tour de piste avant le coup d’envoi donne encore quelques frayeurs mais ici le fatalisme n’est pas un vain mot aussi ne désespérons pas alors que quelques coups de balais à l’étage de quelques hauts responsables sans compter, en prime,  avec une mémorable colère royale, ont été nécessaires pour remettre certaines pendules à l’heure.

Depuis le protocole de Kyoto, en 2005, - où 37 pays s’étaient promis de réduire leurs émissions- chaque année, les parties s’engagent à respecter les protocoles fixés.

Qu’en est-il vraiment ?

Les avis sont partagés quant aux résultats sinon une réalité quotidienne autrement préoccupante.

La situation climatique n’a de cesse de se dégrader proportionnellement à un développement industriel grandissant sans pour autant que les acteurs de ce développement économique se soucient sérieusement des conséquences, à court terme maintenant, sur le bien vivre commun et la santé des hôtes de la planète terre.

Urgence

Ce énième sommet aboutira t-il à un nouvel, véritable, sincère et respecté accord international sur le climat avec pour objectif primordial la limitation du réchauffement mondial à 2° C ?

Quelques grandes puissances à la traîne, dont les Etats-Unis et tout récemment la Chine (tous deux grands pollueurs devant l’Eternel), ont confirmé leur adhésion à cette belle ambition visant à rendre l’atmosphère plus respirable et ne pas favoriser un réchauffement dont on constate au quotidien les ravages terribles, le doute est encore permis.

Reste à savoir si les accords et leur contrôle tous les 5 ans seront respectés. Rien n’est moins certain.

D’autant que le mal est bien engagé.

Il n’est que de constater ce qui se passe dans les zones glaciaires, en haute montagne avec l’effet pergélisol (ce « ciment » gelé qui fond et fait s’écrouler des pan entiers de la montagne), la multiplication des catastrophes naturelles sans oublier l’impact de ces événements sur la faune et la flore sans oublier l’humain et tout ce qui en dépend dont la pauvreté et pire la faim pour certaines populations.

 

En revanche, la récente instauration d’un sanctuaire – il était temps - en Antarctique est peut-être un signe de bonne volonté. Ne serait-ce que parce qu’entre intentions, engagements et décisions, la signification de ces mots au fil des années aura plus que jamais son importance et plus que jamais les conseilleurs devront être les payeurs.

D’autant que la plupart de ces conseilleurs sont  parmi les pollueurs les plus importants.

 

L’intelligence et la raison prendront-elles finalement  le pas sur la production sans mesure ; et l’argent de quelques privilégiés continuera t-il longtemps de nourrir des trusts sans vergogne et sans scrupules, conduits par leurs seuls intérêts privés ?

Quant aux décideurs de la planète, vont-ils continuer de se cantonner dans leurs mensonges et leurs dérobades, indifférents à un monde qui n’a de cesse de se dégrader ?

Il y a urgence, tout le monde le sait et quasiment s’en moque.

Alors, une fois encore, la montagne va t-elle accoucher d’une souris ?

Bernard Vadon

 

 

 

 

 

Royal Air Maroc-transporteur officiel de la COP22 : l'art, grâce au concours d'artistes locaux qui ont reproduit la mythique Ménara (ou la bonne idée) de joindre l'utile à l'agréable sans oublier le commercial.

Royal Air Maroc-transporteur officiel de la COP22 : l'art, grâce au concours d'artistes locaux qui ont reproduit la mythique Ménara (ou la bonne idée) de joindre l'utile à l'agréable sans oublier le commercial.

Vue aérienne de l'imposant village de la COP22 à Marrakech où il sera aussi question des grands sites légendaires planétaires de l'Amazonie à l'Antarctique.Vue aérienne de l'imposant village de la COP22 à Marrakech où il sera aussi question des grands sites légendaires planétaires de l'Amazonie à l'Antarctique.Vue aérienne de l'imposant village de la COP22 à Marrakech où il sera aussi question des grands sites légendaires planétaires de l'Amazonie à l'Antarctique.
Vue aérienne de l'imposant village de la COP22 à Marrakech où il sera aussi question des grands sites légendaires planétaires de l'Amazonie à l'Antarctique.

Vue aérienne de l'imposant village de la COP22 à Marrakech où il sera aussi question des grands sites légendaires planétaires de l'Amazonie à l'Antarctique.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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