Macron et "La Révolution" officiellement en piste présidentielle : "Dieu avec nous !"

Publié le 24 Novembre 2016

Moi Président (air connu) avec Ma Première Dame et encore moi en Brutus (version cinématographique bien sûr). On peut toujours rêver!
Moi Président (air connu) avec Ma Première Dame et encore moi en Brutus (version cinématographique bien sûr). On peut toujours rêver!Moi Président (air connu) avec Ma Première Dame et encore moi en Brutus (version cinématographique bien sûr). On peut toujours rêver!

Moi Président (air connu) avec Ma Première Dame et encore moi en Brutus (version cinématographique bien sûr). On peut toujours rêver!

 

Quitte à nous répéter au regard d’une actualité brûlante, il représente toujours à nos yeux,  physiquement et intellectuellement, tout ce qu’une mère souhaiterait pour l’une de ses filles quant aux qualités réunies dans l’idéal d’un futur beau fils.

Et qui plus est, un prénom – Emmanuel – dont l’étymologie «  Dieu avec nous » est en soi porteuse d’autant de d’espoir et de sécurité par rapport au commun des mortels.

Alléluia !

Fin de la séquence laudative.

Son livre – un de plus dans la sphère politique – est  en librairie. Modestement intitulé « La Révolution ». Manifestement une tempête dans un verre d’eau si l’on en croit, outre les thuriféraires du sérail, ceux qui ont eu le courage de découvrir une confession de plus dans le genre. Pas de quoi en faire à terme un Goncourt. Et dans la confession on a lu mieux. En clair, une vue de l’esprit qui n’est pas toujours en phase avec la réalité.

Brutus

A l’épreuve du pouvoir durant quelques mois sans prouesses notables avant de quitter sans vergogne le capitaine qui l’avait invité pour  veiller sur un portefeuille ministériel et non des moindres par les temps qui courent ( celui de l’économie), Emmanuel Macron, au-delà de la brillance de son propos et pourtant riche d’une formation  bancaire affutée sur les marchés financiers ( un secteur professionnel pourtant vomi en campagne par François Hollande … on n’est pas à une contradiction prés avec ces gens là ) est bien parti pour nous refaire bis repetita une nouvelle version du mythe de Sisyphe, le fil d’Eole, le Dieu du vent dans la mythologie grecque ( aucune allusion perfide au dieu Hollande … et pourtant ) qui fut condamné, philosophie de l’absurde, à rouler une énorme pierre jusqu’au sommet d’une montagne éternelle.

Le Brutus – il n’est pas seul - de ce siècle qui n’en est pas à une trahison prés sur le dos d’une partie du peuple apte à avaler toutes sortes de couleuvres et prendre facilement des vessies pour des lanternes, est à l’aise dans une société qui a jeté aux orties les plus élémentaires valeurs.

Investi par quelques milliers de fans et balayant d’un revers de manche des primaires qui, pour la première fois de sa vie, lui aurait peut-être  permis de tester le véritable suffrage universel (en ancien trader, il connaît le sens des prises de positions) peu rompu au contact populaire mais s’affirmant en homme providentiel (au secours mon général !) Emmanuel est dans le droit fil du prénom qui lui a été donné à sa naissance … « Dieu avec nous !  »

Rien que ça !

Un goût amer

Depuis le fiasco des prévisionnistes lors des récentes primaires c’est la panique à droite comme à gauche en passant par le centre - auquel on peut faire confiance lorsqu’il s’agit de faire pencher la balance - Macron, comme on dit dans cette rue où il convient qu’il apprenne encore à marcher, s’en tape comme de sa dernière chaussette.

C’est cela l’ambition sous couvert de vouloir sauver une société qui défaille.

Situation ubuesque fascinante et en même temps déconcertante pour ne pas dire affligeante dénoncée à force d’accents gaulliens. A cette différence, qui n’est pas négligeable, que De Gaulle peut s’imiter mais pas se remplacer.

« En marche » certes mais dans quelle direction et surtout embarqué par des gens qui ont eu des opportunités pour faire changer les choses alors qu’ils étaient en charge des responsabilités de l’Etat.

Suivez mon regard.

La comparaison s’impose  pour celui qui passera quand même à la postérité politique en laissant son nom à la énième loi concoctée par les républiques et autres gouvernements successifs. Une « macronette », comme l’avaient alors surnommée quelques méchantes langues, qui d’ailleurs  est en train de battre de l’aile.

Ce ne sera donc pas la loi du siècle si l’on en juge par son accouchement difficile ayant nécessité une césarienne de type  49-3.

Faite de bric et de broc, cette loi de circonstance, qui a généré pas moins de 1700 amendements, a beau se parer des atours de la modernité économique et d’avancées sociales, il en reste un goût amer.

De Rocard à Rousseau

Un renoncement à suivre le père assorti de la honte avouée de s’être trompé. Invoquant le fait que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis et ceux qui ne font rien ne se trompent pas.

Certes l’excuse est un peu spécieuse pour des gens susceptibles d’avoir les compétences nécessaires pour conduire le bateau – fut-il un pédalo – dont les commandes leur ont été confiées par les urnes.  Mais c’est ainsi en politique où la malhonnêteté intellectuelle est une seconde nature.

Michel Rocard, à l’époque,  n’y allait pas par quatre chemins lorsqu’il considérait que la démocratie donne à voir principalement les conflits entre les hommes, pour le pouvoir d’abord (ceux que tout pouvoir autoritaire cherche à cacher) et pour le partage de la richesse évaluée en monnaie. Ce qui justement, dans les activités humaines, n’est déclencheur ni de bonheur ni d’enthousiasme, et laisse place si souvent à la tentation de la violence et de l’immoralité.

Comme nous l’avons déjà souligné et au risque de se répéter, c’est toujours le même problème de la démocratie posé (déjà) en 1762 par J.J Rousseau qui affirmait :

« S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes. »

Tout est dit  … et nous n’en avons jamais été autant éloignés.

Bernard Vadon

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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