Marrakech - COP 22 : C'est parti !

Publié le 7 Novembre 2016

 

Jusqu’au 18 novembre, journée en principe réservée chefs d’Etat qui entérineront les travaux des délégations,  l’événement de la COP22 a décrété la mobilisation générale sur un thème sinon un slogan qui se passe de commentaires : le temps de l’action !

 

En quelques jours, miraculeusement et après des décennies de stagnation relative en matière d’aménagement urbain tous azimuts sans parler de la propreté, la ville a fait roucouler de plaisir tous ceux qui n’ont eu de cesse, jusqu’à présent, de se plaindre – pas toujours à tort d’ailleurs -  des défauts générés par un tourisme un peu dévoyé au détriment de qualités que l’on pourrait espérer d’une ville pas ordinaire et dotée, par la nature, d’avantages que lui envient bien d’autres. Le temps, notamment.

Des escouades de balayeurs, de jardiniers, de peintres, de maçons et autres techniciens en tous genres ont envahi la ville alors qu’en seulement quelques jours c’est un véritable village qui a été construit pour accueillir les acteurs de cette 22ème conférence sur le climat.

Jusqu’au bassin de la Ménara entièrement et spectaculairement vidé de ses eaux putrides avant de voir ses murailles dégradées enfin restaurées. 

Manifestement, le balai, cet outil indispensable et oublié, a retrouvé sa fonction. En tout cas, aux points névralgiques de la ville.

L’éclairage urbain a repris des couleurs adéquates et … adaptées - côté ampoules et lampadaires revisités - à l’écologie de circonstance.

Bus, voitures électriques et vélos-lib comme sortis d’une pochette surprise, n’ont pas tardé à sillonner les avenues de la ville sous le regard curieux et quelque peu circonspect des citadins toujours en proie aux effets dévastateurs pour leur santé de la pollution urbaine.

Jusqu’aux calèches décorées aux couleurs de cette COP que l’on souhaiterait génératrice d’un meilleur comportement humain en matière écologique.

On peut rêver … ne serait-ce que jusqu’à la clôture de cette 22ème édition 

... et de la suite qui sera donnée à l’incroyable et salutaire coup de propre donné à une ville qui pourtant le méritait depuis des lustres.

Comme diraient certains, plus dubitatifs : pourvu que ça dure !

Ne parlons pas du déploiement hallucinant de sécurité et des mesures, tout aussi exceptionnelles, de protection.     

Ainsi, sous la présidence effective du Maroc (qui prend le relai après la France) la COP22, autrement dit, la conférence des parties de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, se tient actuellement à Marrakech, sur le site de Bab-Ighli, le long des remparts mythiques de la ville ocre.

Un  terrain de 25 hectares, choisi pour la circonstance se présente, depuis ce lundi aux quelques trente mille participants espérés et notamment aux différentes délégations, en quatre zones. La zone bleue réservée au Secrétariat général de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, la deuxième zone à la société civile, la troisième aux innovations et enfin la quatrième sert aux rencontres et aux séances de travail.

MARRAKECH APRES PARIS

Les COP, rappelons-le si besoin,  ont pour mission de réunir les représentants des Parties mais également tous ceux et celles qui, en dehors des Etats, directement ou indirectement, sont confrontés ou sensibilisés aux questions climatiques.

La ville de Berlin avait accueilli la première COP (en 1995) et Marrakech, en 2001, servit de décor à la Conférence des Parties sur les changements climatiques.

Le Maroc et singulièrement la ville de Marrakech, en cette année 2016, ont pour mission, je cite, :  "l’atténuation aux effets du changement climatique et l’innovation en matière d’adaptation".  Elle est également chargée de développer des outils opérationnels dans le cadre du plan Paris-Lima et Paris-Marrakech.

Ainsi, après le temps des négociations à Lima et celui des décisions à Paris l’an dernier, ce sera, cette année, la conférence dite de l’action.

En espérant que cela ne s’arrête pas au soir du 18 novembre et que l’affaire soit classée au registre des vœux pieux !

 

AGIR SUR LE TERRAIN

Depuis plusieurs mois, sans trop de précipitation avant le délire, sinon la schizophrénie ambiante de ces derniers jours,  Marrakech s’est préparée à cette rencontre comme d’ailleurs l’ensemble du pays. L’objectif visant à la mise en place d’une politique de développement durable.

Ainsi, de nombreuses réalisations et actions ont été initiées dans la perspective d’une société mondiale plus réaliste quant à son devenir.

Parmi les projets opérationnels ou en passe de l’être, celui de la centrale solaire d’Ouarzazate est un exemple parmi d’autres.

A Marrakech, le traitement des eaux usées et l’utilisation du méthane pour produire de l’électricité mais aussi l’arrosage des espaces verts et particulièrement des golfs tout comme à un niveau plus modeste mais très important concernant l’interdiction, dans le royaume, d’utiliser des sacs plastiques particulièrement polluants, témoignent de cette volonté d’agir directement sur le terrain. Bravo !

Par sa position de capitale touristique, Marrakech s’est également employée à innover dans tout ce qui peut contribuer à crédibiliser son action : du tri sélectif à la mise en service de bus électriques en passant par la rénovation du parc d’éclairage, la création d’un parc photovoltaïque et de façon autrement spectaculaire, la première course de Formule E qui se déroulera sur le circuit aménagé à la sortie de la ville.

Cerise sur le gâteau, la mise en service des nouveaux outils de l’aéroport Marrakech-Menaça. Assez spectaculaire, il faut le reconnaître. Voir à présent à l'usage.

L’énumération n’est pas exhaustive mais atteste de la volonté des responsables à tous niveaux, sans oublier les ONG locales dans lesquelles les femmes marocaines ont leur place, de prêter main forte à tous ceux qui ont en charge cet important programme de réhabilitation de  la planète.

 La situation climatique n’a de cesse de se dégrader proportionnellement à un développement industriel grandissant sans pour autant que les acteurs de ce développement économique se soucient sérieusement des conséquences sur le bien vivre commun et la santé des hôtes de la planète terre. Tout le problème est là.

LIMITATION DU RECHAUFFEMENT

Cette COP22 va notamment reprendre en compte – entre autres questions – le délicat défi lié à la limitation du réchauffement mondial à 2° C . Les pays qui honorent l’invitation marocaine auront donc pour tâche - entre autres - de s’inspirer des bonnes intentions enregistrées lors de la pré-cop22 en présence des ministres de l’environnement et destinée à la préparation des dossiers. Ne serait-ce que parce que, entre intentions, engagements et décisions, la signification de ces mots aura son importance et plus que jamais les pollueurs – pour beaucoup les maîtres du monde -  devront être les payeurs.

L’important c’est à nouveau que ce vœu ne soit également pas pieux.

URGENCE SCIENTIFIQUE

L’intelligence et la raison prendront-elles le pas sur la production sans mesure ni limites et l’argent de quelques privilégiés – il n’est pas inutile d’insister sur ce fait de société détestable -  et continuera t-on longtemps de nourrir des trusts sans vergogne et sans scrupules, conduits par leurs seuls intérêts privés ?

On sait aujourd’hui qu’il y a urgence scientifique, d’aucuns et non des moins importants et influents au niveau des Etats en sont conscients mais malheureusement, pour la plupart, s’en contrefichent.

La COP22 de Marrakech ajoutera t-elle sa précieuse pierre à la consolidation des accords antérieurs ? 

En tout cas, après les négociations de Lima puis les décisions de Paris c'est à Marrakech (et au Maroc)  de passer à l’action.

A suivre …

 

Bernard Vadon

Un slogan qui se passe de commentaires ...

Un slogan qui se passe de commentaires ...

La Menara a retrouvé ses couleurs et surtout une certaine propreté ... cent pour cent électrique les bus prêchent à leur façon la bonne parole écologique autour du site réservé à la COP  La Menara a retrouvé ses couleurs et surtout une certaine propreté ... cent pour cent électrique les bus prêchent à leur façon la bonne parole écologique autour du site réservé à la COP
La Menara a retrouvé ses couleurs et surtout une certaine propreté ... cent pour cent électrique les bus prêchent à leur façon la bonne parole écologique autour du site réservé à la COP  La Menara a retrouvé ses couleurs et surtout une certaine propreté ... cent pour cent électrique les bus prêchent à leur façon la bonne parole écologique autour du site réservé à la COP

La Menara a retrouvé ses couleurs et surtout une certaine propreté ... cent pour cent électrique les bus prêchent à leur façon la bonne parole écologique autour du site réservé à la COP

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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