MARRAKECH : LA PAILLOTTE A L'HEURE DU BEAUJOLAIS NOUVEAU ET QUAND LE JAZZ EST LA ...

Publié le 20 Novembre 2016

La Paillotte : l'art de vivre l'instant ...La Paillotte : l'art de vivre l'instant ...
La Paillotte : l'art de vivre l'instant ...La Paillotte : l'art de vivre l'instant ...

La Paillotte : l'art de vivre l'instant ...

 

Comme l’explique un amateur éclairé, le Beaujolais nouveau – parfois décrié sinon considéré comme un vin de qualité contestable, ce qui est proprement injuste et faux – peut, à contrario, se décliner dans une panoplie de vins de terroir aussi riche que de qualité.

Et de préciser :

« Il est en tout cas facile à boire, agréable et nullement prétentieux. »

Dont acte de spécialiste.

Depuis 1951

Rien à voir avec le terme péjoratif de « piquette » qui pourrait lui être parfois, et à tort, attribué.

La différence s’établissant par rapport à celui, en l’occurrence le vigneron,  qui l’a « élevé. »

En tout cas, la célébration dont le Beaujolais nouveau,  cru 2016, fut récemment l’objet, dans le cadre original et élégamment africain de la Paillotte, au sein d’Oasiria, aux portes de Marrakech, où officie en authentique seigneur de l’hôtellerie-restauration André Bos, cet infatigable créateur,  accompagné dans son cheminement professionnel par son épouse Simone, a été une réussite.

Cet événement gastro-musical permit ainsi aux nombreux hôtes du couple de savourer - entre charcuterie, fromages de France (merci Eric Meignat)  et huitres savoureuses de Dakla choisies par l’ostréicultrice Pascale Lorcy - ce vin original et à nul autre pareil officiellement entré, en 1951, dans la bonne et sympathique tradition vinicole française.

« Three to Get Ready »

Sans s’égarer dans le détail de sa fabrication, ce vin d’appellation d’origine – contrôlée AOC et AOP – déroge aux critères habituels d’une commercialisation exceptionnellement instituée en novembre, donc relativement tôt par rapport à sa récolte,  grâce à son processus de fabrication qui permet une macération rapide du vin, notamment par la méthode dite carbonique.

Arômes fruits rouges ou banane, ce cru 2016 était à la discrétion du goût de chaque convive qui, selon leurs connaissances, n’auront pas manqué de retrouver les caractéristiques d’un Gamay sinon d’un chardonnay ou d’un pinot  tout aussi traditionnellement cultivés sur les coteaux  ensoleillés  du Rhône ou du sud de la Saône-et –Loire et singulièrement de Beaujeu, le cœur historique du Beaujolais.

Et comme un bonheur ne vient jamais seul au nom d’une loi des séries qui ne va pas toujours dans le mauvais sens, il y avait, l’autre soir, sous les palmiers du domaine Oasiria comme du Dave Brubeck dans l’air et des accents du célèbre standard « Three to Get Ready » que Claude Nougaro, avec son inimitable talent, reprit dans les années soixante sous un titre lui aussi passé à la postérité. Souvenez-vous :

« Quand le jazz est là. La Java s’en. La Java s’en va. Il y a de l’orage dans l’air. Il y a de l’eau dans le gaz. Entre le jazz et la java ». 

La différence

L’autre soir, à la Paillotte, il était bien là le jazz honoré par l’orchestre « Jazz In » (quartet français) qui donnait le « la » et contribuait lui aussi à l’événement.

Il s’est substitué par la magie de la musique à cet autre musicien autrement dans la note orientale et qui, ici même, il y a quelques semaines, sous un arbre aux feuilles lissées par la brise de la nuit montante, laissait courir ses doigts agiles sur les cordes d’un luth, dispensant une douce et fine mélodie prolongeant le rêve sous les discrètes lueurs des lanternes dissimulées pour certaines dans les massifs d’agaves dernier, clin d’œil à la mystérieuse Afrique qui, dans ce décor style « Out of Africa », donnait une autre version de sa diversité et de sa richesse.

A Oasiria, aux portes de Marrakech, c’est peut-être cet art de vivre l’instant qui fait la différence.

 

Bernard VADON

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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