LA PERMACULTURE : NATURELLEMENT VÖTRE ET QUE LA VOLONTE DE LA TERRE SOIT FAITE !

Publié le 16 Décembre 2016

Une autre conception des systèmes agricoles.

Une autre conception des systèmes agricoles.

En compagnie de Moktar "permaculturien de son état" , un choix quotidien pour un partage équitable.En compagnie de Moktar "permaculturien de son état" , un choix quotidien pour un partage équitable.

En compagnie de Moktar "permaculturien de son état" , un choix quotidien pour un partage équitable.

 

On entre en permaculture un peu comme on entre en religion.

En témoigne l’histoire de ce que le plus grand nombre, dont modestement nous sommes, ont découvert, pour ce qui nous concerne non sans émerveillement, en ce doux matin de novembre, dans la campagne marocaine.

Un autre monde, loin de ces exploitations et autres fermes de 1000 vaches où se développe, pour le plus grand malheur des consommateurs lambda, la politique des profits pratiquée à la source par ces cultivateurs ou agriculteurs que nous classerons plutôt parmi les industriels de cet agro-alimentaire où se côtoient le meilleur et souvent le pire.

Les espagnols – ils ne sont pas les seuls – n’étant pas les derniers à être passés maîtres dans l’art de produire l’inconcevable au plus grand mépris des saisons, relayés par ceux qui ont pris le parti d’exploiter la terre sinon les déserts jusqu’à épuisement, grandement assistés par ce que propose l’industrie chimique, principalement les pesticides sans compter avec l’adoption de méthodes agro-industrielles de plus en plus destructrices de ce que la nature nous offre gratuitement de meilleur.

Avec à court terme l’empoisonnement de l’eau et de la terre.

Pas moins !

UNE CHIMERE

Hier, le bio, aujourd’hui la permaculture apparaissent pourtant comme des solutions aux problèmes d’une alimentation de plus en plus agressive et dangereuse pour la santé. Et sur ce point cessons de frapper d’anathème ceux que les profiteurs en puissance considèrent, à tort bien sûr, comme des illuminés :

« C’est une chimère que de prétendre donner une méthode d’agriculture générale. Il en faudrait une différente pour chaque province ou chaque canton ; car chaque province ne doit travailler à perfectionner que ce qu’elle possède, et ne faire d’essais que sur les productions analogues à son terroir. C’est donc une nécessité pour le progrès de l’agriculture que de ne suivre que des exemples tirés d’un terrain, qu’on sait être semblable à celui qu’on veut fertiliser. »

Ce constat quasiment sans appel tout en étant étrangement d’actualité a été établi en 1760 par un certain Pons Augustin Allletz, auteur entre autres ouvrages du dictionnaire portatif du cultivateur.

Un concept qui, à l’époque, était déjà en opposition avec l’uniformité et la mondialisation des pratiques et des savoir-faire agricoles alors même que l’agriculture devrait en principe consister en une sorte d’art pratiqué selon une méthode globale cohérente.

CONCEPTION HOLISTIQUE

Ce sont finalement deux australiens – Bill Mollison et David Holmgren – qui, dans les années 70, suggèreront de nouveaux systèmes stables et, dans le même temps, introduiront, dans le vocabulaire agricole, la notion de permaculture, expression traduite en anglais par « permanent agriculture » ou culture pérenne pour simplement répondre à l’autosuffisance et aux exploitations de toutes tailles.

Dix ans plus tard, la conception de systèmes agricoles évoluera vers une conception plus holistique de créations de sociétés humaines durables conduites par le respect de la diversité, de la stabilité et de la résilience des écosystèmes naturels.

En clair, l’homme reprend véritablement sa place dans un environnement dont il pourra retirer ce qui lui est nécessaire. Ni plus ni moins mais avec un retour à l’échange et à l’équitable à l’instar du commerce usant du même qualificatif.

Cette prise de conscience, dont on retrouve chaque jour un peu plus les ferments au sein de sociétés humaines soucieuses de s’affranchir de manières de pensées uniques et partant d’un mode de vie imposé, se développe en des domaines bien spécifiques.

Particulièrement en matière de consommation et de tout ce qui touche à l’alimentaire en général.

Nous n’en sommes pas encore au démantèlement des grands réseaux de distribution mais le mouvement est lancé ainsi que l’idée de cultiver et de consommer autrement.

Cette véritable, authentique et presque incroyable économie de partage, je l’ai découvert dans une exploitation de quelques petits hectares seulement, nichée dans le Haouz (la campagne) de Marrakech, là où la terre est encore célébrée selon des méthodes souvent ancestrales mais finalement en parfaite adéquation avec les nouveaux préceptes défendus par les Pierre Rabhi - le défenseur de l’agriculture biodynamique - et autres tenants de l’agroécologie qui, à défaut d’identité heureuse lui préfère la sobriété heureuse, par opposition à la société de gaspillage générée par des industriels sans éthique et motivés par le seul profit.

LA REVOLUTION D’UN GRAIN DE PAILLE

Sur cette terre tranquille et laissée à une fantaisie librement consentie et appliquée par la nature (ce qui n’empêche pas l’observation permanente de ceux qui l’exploitent) les légumineuses et les céréales trouvent ici leur place et cohabitent entre espèces différentes. Tout se fait, s’organise et pousse naturellement sans que la main de l’homme n’intervienne. En tout cas directement.

Une entente tacite entre l’homme, initiateur du lien social, et la terre nourricière.

Le principe : faire confiance à la nature et suivre la doctrine du japonais Masanobu Fukuoka (considéré comme le philosophe de la permaculture) qui s’est distingué en cultivant du riz sans pour autant travailler le sol mais simplement en semant sous une couverture permanente de trèfle blanc, sans désherbage mécanique, et encore moins d’engrais et de pesticides.

Le titre d’un de ses ouvrages-phares (« La révolution d’un seul grain de paille ») résume sa doctrine conseillant de prendre soin de la nature sous toutes ses formes, du sol à l’air en passant par l’eau.

Promouvoir aussi les énergies naturelles dont le solaire. Et surtout ne jamais perdre de vue la notion de partage en choisissant ce qui vous est nécessaire de manière à ce que chacun trouve aussi sa part.

Bernard Vadon

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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