Ligne de mire : Quand Molière et Anouilh s'invitent à la course aux urnes !

Publié le 13 Décembre 2016

Des semaines durant, la course ... ici, le but !

Des semaines durant, la course ... ici, le but !

A l'opposé d'un Charles De Gaulle ( en photo montage aux côtés de vote serviteur) ou d'un José Mujica (des hommes d'exception et désintéressés mais dont ils se réclament tous)  Hillary Clinton le prend à la rigolade façon Henri Salvador.
A l'opposé d'un Charles De Gaulle ( en photo montage aux côtés de vote serviteur) ou d'un José Mujica (des hommes d'exception et désintéressés mais dont ils se réclament tous)  Hillary Clinton le prend à la rigolade façon Henri Salvador.A l'opposé d'un Charles De Gaulle ( en photo montage aux côtés de vote serviteur) ou d'un José Mujica (des hommes d'exception et désintéressés mais dont ils se réclament tous)  Hillary Clinton le prend à la rigolade façon Henri Salvador.

A l'opposé d'un Charles De Gaulle ( en photo montage aux côtés de vote serviteur) ou d'un José Mujica (des hommes d'exception et désintéressés mais dont ils se réclament tous) Hillary Clinton le prend à la rigolade façon Henri Salvador.

 

On dit que le mensonge auquel on finit par croire soi-même devient convaincant.

Jean Anouilh, dans l’une de ses œuvres maîtresses, « Le Bal des Voleurs »,  est bien trop honnête pour cela.

Incapable de nous donner un espoir auquel il ne croit pas, il se résigne à nous offrir une gracieuse illusion. Ainsi, le réveil de l’un des personnages de la pièce, Lady Hurf,  est pour le moins éclairant notamment lorsqu’elle affirme : « Mais c’est impossible ! » et représente alors le sort inévitablement partagé par tous les rêveurs.

Démonstration 

Clap de fin, il faut rentrer à la maison et l’effet anesthésiant passé, on ne nous propose que de revenir à la « droguerie » du théâtre politique pour une nouvelle dose de jeu-rêve.

Démonstration : entre un président qui jette l’éponge en parfait exemple du fameux principe de Peter quant à son niveau d’incompétence avouée à demi-mots et qu’un premier ministre n’attend que ça pour lui souffler la place snobant le Brutus de la clique tout autant assoiffé de pouvoir et n’ayant pas attendu pour s’affranchir du maître en dépit d’un manque évident de maturité et jouer des coudes à son tour,  ou encore un prétendant de la bande opposée miraculeusement sorti de l’ombre, poursuivit par une foule d’ambitieux et de jaloux quelques oxymorons en puissance que des tentatives réitérées et malheureuses, pour certains en tout cas,  n’ont pas découragé quant à reprendre du service dans cette manière de chasse à courre présidentielle où le spectacle grand guignol est garanti pour quelques mois !

 

Ainsi, toujours selon Jean Anouilh, le personnel politique change de têtes et de costumes et les personnages viennent ensuite jouer à volonté leur fantaisie, leur passé ou leur avenir devant un électorat qui semblerait vouloir de moins en moins se laisser endormir par de belles paroles.

Deviendrait-il intelligent en faisant preuve, selon la définition, de discernement, de jugement et surtout de bon sens ?

Outrance

Dans « Antigone »,  une autre pièce célèbre de Jean Anouilh, c’est la violence qui prévaut tout comme en d’autres pièces que l’on peut considérer comme plus légères, mais où, finalement, la condition humaine n’est pas moins révélatrice d’une forte et insupportable cruauté.

Chacun continuant de jouer sa partition, confronté à une pesante solitude sinon à une interrogation existentielle dans cette commedia dell arte aux accents moliéresques.

Molière, dont Anouilh  revendiquait justement l’héritage.

Une feria sociétale dans laquelle la ruse et l’ingénuité s’imposent et que l’on retrouve, aujourd’hui encore et plus que jamais dans son outrance, sous les cintres de la grande comédie politique que nous infligent  les caciques du régime issus des partis de tous bords, notables et autres potentats- plusieurs dizaines sur la ligne de départ - plus intéressés par leur carrière que par le bien-être de la rue, surtout soucieux de préserver leurs privilèges ou éventuellement d’y accéder.  A l’opposé d’un Charles De Gaulle (dont ils se réclament quasiment tous) ou d’un José Mujica (qui fut président de l’Uruguay) . Des hommes d’exception mais c’était hier.

En parfaits adeptes du faites ce que je dis mais pas ce que je fais, ceux du temps présent occultent de leur rêves fous et dévoyés ainsi que de leur propension calculée au catastrophisme pour jouer les sauveurs, cette évidence qu’Anouilh résumait en quelques mots :

« Cela devrait être plus simple, bon Dieu, la vie ! Pourquoi toujours jouer au drame, alors que tout bien pesé, l’amour, la politique, les hommes, tout est plutôt ridicule ou rigolo ? »  

Comme le chantait sur un texte de Boris Vian (excusez du peu !) et à sa façon inimitable, Henri Salvador.

 

Bernard Vadon 

                        

Tout un programme pour arrêter de se prendre au sérieux.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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