LLE SYNDROME DE LA BOULE PUANTE ...

Publié le 29 Janvier 2017

"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ..." comme l'écrivait Nicolas Boileau-Despréaux

"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ..." comme l'écrivait Nicolas Boileau-Despréaux

 

Si la paternité de la boule puante en politique en revient au général De Gaulle auquel, en dépit d’autres travers - dont ses ennemis ne lui firent pas grâce - on ne peut reprocher, hors quelques dérapages stratégiques que ce soit, son manque de rigueur en matière de moralité politique.

Ses successeurs, si remarquables soient-ils (enfin pour certains d’entre eux) n’ont pas eu, curieusement, cette intelligence sinon cette qualité, mieux cette éthique – sujet de prédilection dans les programmes proposés en classes de philosophie – qui entend étudier les principes régulateurs de l’action et de la conduite morale en occultant ce qui, dans le genre, fâche le plus : l’argent.

Cet argent qui inspira Tristan Bernard :

« Trois choses sont absolument nécessaires : premièrement de l’argent, secondement de l’argent, troisièmement de l’argent ! »

Tout dépend de la manière dont cet argent est gagné notamment par ceux qui ont embrassé certaines carrières dont la politique en son sens polysémique - autrement dit, dans sa multiplicité - dont la plus essentielle mission consiste à instaurer une société organisée et développée.

Avec tout ce que cette démarche, au demeurant louable, implique de dérives possibles et de confusions des genres. Avec, également et en prime, si l’on peut dire, la méthode du renvoi d’ascenseur ou celle de ces petits cadeaux qui arrangent les situations mais peuvent aussi conduire à la corruption ou, plus simplement, à l’instauration de ces emplois fictifs qui plombent l’économie et sont, par ailleurs, en inadéquation totale avec ce que la société est en droit d’espérer de la part de ceux qui ont choisi d’œuvrer en politique pour leur mieux être.

N’est pas invulnérable qui veut, surtout dans un monde à la solde de la révolution numérique et riche de tout ce qui peut nourrir l’investigation jusqu’à la délation tous azimuts. Justifiée ou non.

Difficile aujourd’hui de tromper son monde. Le moment vient un jour où celui qui déroge aux règles est démasqué. Gare alors aux torpilles.

La petite histoire de la république est à même d’en témoigner et d’expliquer le manque total de confiance qui affecte de plus en plus de personnes à l’égard de la politique et de ceux qui, plutôt que la servir, l’exploitent parfois de façon éhontée.

 

Les atermoiements de ceux qui s’évertuent à défendre obstinément et avec une rare malhonnêteté intellectuelle les fauteurs en bonne conduite morale, sont vains et ne font qu’exaspérer une société humaine qui n’en peut plus de ces mensonges et autres abus de la chose publique.

 

Le général dont curieusement – en matière morale – ils se réclament tous avait bien raison de répugner à user de la bombe puante chère à nos têtes blondes (ou brunes, d’ailleurs).

La conception qu’il avait de sa fonction non pas seulement d’homme d’Etat mais d’homme tout court, est en soi une explication.

Pourtant, Roger Frey, son ministre de l’Intérieur, en novembre 1965, lors de l’élection présidentielle, aurait autrement raison, aujourd’hui et en hommage à nos chers politiciens de tous bords, de reprendre sa question au général à propos justement de cette arme redoutable de la boule puante dont il aurait pu facilement se servir contre son adversaire, François Mitterrand, saisi en flagrant délit photographique, serrant la main du maréchal Pétain et affichant son adhésion à la francisque :

« Pourquoi, mon général, ne permettriez-vous pas que sortent quelques bonnes vérités cachées ? »

On connaît la réponse négative du général.

Mais cela c’était hier !

 

Bernard VADON

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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