Un policier français assassiné : une belle leçon de vie, d'amour et de tolérance.

Publié le 27 Avril 2017

A voir ou revoir et conservons ce beau message : "Veillons à la paix, gardons la paix."

 

Au coeur d’une campagne présidentielle difficile et délicate, aux limites d’un l’insoutenable climat sans distinction de personnalités en lice ; en ces jours marqués par l’indécision à choisir le meilleur candidat pour veiller prochainement aux destinées de la cinquième puissance mondiale, la mort, de la manière la plus injuste et la plus soudaine qui soit, a mis un terme brutal sinon sauvage à l’existence d’un homme jeune et d’exception. Et du même coup annihilé toutes prétentions électorales pour illustrer la plus remarquable façon de servir son pays.

Chapeau bas, ultimes et pitoyables candidats au poste suprême. !

Chapeau bas devant l’exemple admirable d’un homme, gardien de la vraie paix, celle dont vous devriez être les garants indéfectibles !

Ainsi, un homme, un jeune policier dévoué à la protection des autres, avait-il fait de sa mission une manière de vivre rigoureuse en tous points. Tant personnelle que professionnelle. Notamment par ses engagements en matière de diversité et de tolérance, d’ouverture d’esprit, d’amour en fait.

Profonde réflexion

En cette fin de matinée, une énergie singulière imprègne le décor sévère et sans aménité de la cour de la préfecture de police de Paris. Un souffle venu d’ailleurs balaye l’assistance alors que par delà les murs austères du bâtiment, la France, en cet instant de profonde tristesse, se réfugie dans une longue et profonde réflexion.

Dans la pesante atmosphère d’une cérémonie douloureuse, une voix étonnamment forte et assurée, parfois brisée par l’émotion, s’élève alors et capte l’attention d’une assistance émue et cependant admirative, attentive surtout à l’éloge rendu au capitaine – à titre posthume - assassiné, Xavier Jugelé, par cet autre officier, Etienne Cardeles, son conjoint dans la vie.

Eh oui, mesdames et messieurs les censeurs patentés, c’est l’hommage inouï, sincère et beau d’un officier meurtri par la perte de son compagnon.

Le signal est surprenant mais riche d’enseignements et puissant en humanisme.

Un message autrement clair tout particulièrement adressé à ceux qui, stupidement, seraient tentés de tourner en dérision malsaine ce moment d’intense émotion parce qu’un homme déclare, sans retenue et le plus naturellement à un autre homme, en l’occurrence son conjoint, qu’il l’aime.

Bouleversante

Oui, les deux hommes étaient unis dans la vie et pour la vie.

La bouleversante et belle confidence de celui qui reste en témoigne tout comme sa douleur extrême aux antipodes d’une haine pourtant légitime en la circonstance. Poignant :

« Je souffre sans haine, cette haine je ne l’ai pas parce qu’elle ne te ressemble pas. Vous n’aurez pas ma haine, assure Etienne Cardeles. »

Référence à Martin Luther King, une autre grande victime de la haine raciale, qui affirmait :

« La haine engendre la haine, la violence engendre la violence. La haine embrouille la vie ; l’amour la rend harmonieuse. La haine l’assombrit ; l’amour l’illumine. »

Quant au Président de la République, François Hollande, qui honorait de sa présence cet hommage national, mal lui en prit de choisir - peut-être à dessein perfide … ou stupide - ce moment manifestement inopportun pour défendre, en quelques mots maladroits, son bilan sécuritaire. Ce n’était pourtant ni l’endroit ni le moment.

Le fil n’est pas coupé

Auparavant, les cloches de Notre Dame de Paris offraient une  dimension spirituelle à cette cérémonie à l’honneur d’une France alors et pleinement en phase avec son peuple plongé dans la peine.

Elles appelaient aussi à réfléchir avec Saint Augustin en réponse à la douleur de celui qui redoutait sa soudaine et insupportable solitude :

« L’amour ne disparait jamais, la mort n’est rien.

Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.

Je suis moi et vous êtes vous.

Ce que nous étions les uns pour les autres,

Nous le sommes toujours.

Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné.

Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.

Ne changez rien au ton,

Ne prenez pas un air solennel ou triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.

Elle est ce qu’elle a toujours été.

Le fil n’est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de votre pensée

Simplement parce que je suis hors de votre vue ?

Je vous attends, je ne suis pas loin,

Juste de l’autre côté du chemin.

Vous voyez, tout est bien. »

 

Bernard VADON

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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