HUMEUR - Le Maroc vu du ciel" par Yan Arthus-Bertrand ...

Publié le 28 Juin 2017

Le Maroc que j'ai aimé, que j'ai toujours tant aimé et que l'on n'a plus besoin de me faire aimer !
Le Maroc que j'ai aimé, que j'ai toujours tant aimé et que l'on n'a plus besoin de me faire aimer !Le Maroc que j'ai aimé, que j'ai toujours tant aimé et que l'on n'a plus besoin de me faire aimer !
Le Maroc que j'ai aimé, que j'ai toujours tant aimé et que l'on n'a plus besoin de me faire aimer !

Le Maroc que j'ai aimé, que j'ai toujours tant aimé et que l'on n'a plus besoin de me faire aimer !

 

 

Après l’Algérie déjà « vue du ciel »  et l’intérêt suscité par cette initiative originale, le célèbre photographe a changé de territoire mais pas de technique. De tonalité géopolitique également.

Autre technique dans les deux modèles du genre, ce n’est plus ras les pâquerettes que l’objectif opère mais à la barbe des étoiles. Ou presque.

En tout cas, effet une fois encore garanti.

Yan Arthus-Bertrand a finalement préféré prendre de la hauteur ce qui au demeurant a au moins l’avantage de gommer les imperfections sinon les laideurs du quotidien.

L’œuvre n’en est que plus léchée, comme on dit.

Et après tout, pourquoi pas.

 

Au bon moment …

Comme le chantait  non sans humour Plastic Bertrand :

 

« Ca plane pour moi

Ca plane pour moi

Allez hop t'occupes, t'inquiètes

Touche pas ma planète (…) »

 

Sorti en 1978 ce « tube » qui lança la carrière de Plastic Bertrand m’est spontanément venu à l’esprit en découvrant sur les écrans de télévision ce nouvel acte de bravoure artistique proposé par un autre Bertrand – Yan Arthus-Bertrand – dont il n’est pas nécessaire de détailler la brillante carrière dans tous les domaines touchant directement ou indirectement à la communication.

A l’art en général.

Des initiatives souvent célébrées et accessoirement décriées tant ce créateur, presque naturellement, est enclin à faire bouger certaines lignes.

Au risque parfois de se brûler les ailes.

Ce qui, lorsqu’on a choisi d’user d’engins volants (mais bien identifiés) pour s’exprimer, pourrait être dangereux.

Donc,  « Le Maroc vu du ciel » : pourquoi pas ?

Si toutefois on se cantonne dans une vision relativement idéaliste du sujet. Je dirais artistique sinon irréelle allant dans la mouvance de ce qu’écrivait Raoul Dufy :

« Les yeux sont faits pour effacer ce qui est laid ». 

 

Théorie que le lent rythme imposé aux images ne fait qu’accentuer gommant en quelque sorte tout ce qui pourrait rendre aux mouvements de la vie de tous les jours – ces femmes et ces hommes mais aussi ces animaux et particulièrement les chevaux  - autrement brusques sinon violents face aux retournements de la vie sur terre où finalement tout n’est pas si rose pour tout le monde.

Une vision de l’humain quasi idyllique un peu dans la mouvance d’un Pierre Bonnard qui constatait, quant à lui, que l’œuvre d’art est un arrêt du temps. On pourrait préciser plus encore :

 « Au bon moment. »

Arthus-Bertrand ne s’y est pas trompé

 

Come-Back émotionnel

Que dire de la couleur qui transcende singulièrement la réalité mais la réinvente aussi et objectivement avec bonheur.

Manifestement et dans tous les sens de l’expression, la perfection est au rendez-vous.

Pour le plaisir des yeux, sans conteste.

Une manière de stéréotype certes agréable (d’ailleurs combien à juste raison ont bien voulu le souligner dans leurs commentaires)  mais dans lequel je n’ai pas systématiquement  reconnu (entre autre) cette couleur spécifique à la terre du Maroc.

Que ce soit dans la magnifique violence des déchirures rocheuses du Haut-Atlas ou dans la tendresse des étendues verdoyantes d’un Haouz à l’infini.

Par exemple.

Ou encore dans ces douars fondus dans la grisaille des vallons profonds ou perchés sur des promontoires rocheux comme pour défier ce ciel où se cache l’Eternel que l’on adore ou, selon, que l’on craint.

 

Quant aux mégapoles de Casablanca à Rabat en passant par Marrakech et tant d’autres cités mythiques ce n’est pas, loin s’en faut, l’opulence et l’ordre  qui y règnent. 

Pourtant ce Maroc, plutôt cette vision de l’Empire chérifien via l’objectif génial d’Arthus-Bertrand, ne m’interpelle pas pleinement hors le contexte artistique qui m’est cher. Et cela, un peu, je le confesse,  à mon corps et esprit défendant.

Comme dirait Matisse, une œuvre d’imagination se nourrit aussi d’espace et de profondeur comme celui que je parcours depuis des années et sur lequel j’ai pu commettre  quelques modestes écrits.

Ce Maroc que j’aime et que j’ai toujours tant aimé … et que l’on a plus besoin de me faire aimer.

 

Peut-être aussi la raison pour laquelle en effectuant ce voyage virtuel j’ai pensé à mes amis et relations investis par leur profession dans la difficile mais exaltante problématique d’un investissement  - les CRI notamment, c’est l’intitulé de leur raison sociale d’Etat et singulièrement celui performant de la région Marrakech-Safi – propre à faire en sorte de placer le Maroc dans la dynamique planétaire. Que ce soit dans les réalisations de grande envergure en vue de rendre le royaume totalement autonome ou dans des réalisations plus modestes.

Mais aussi, un travail titanesque qui fait son chemin.

Il en résulte un incontestable développement industriel, commercial et social sans oublier l’importance vitale apporté à « la charte verte ».

Ici, le souci posé par le climat n’est pas un vain mot et non moins vaine préoccupation.

  

 

Mais remontons dans l’avion d’Arthus-Bertrand,  pour nous focaliser sur le commentaire d’Ali Baddou  auquel on ne peut être insensible car il émane d’un marocain de souche effectuant une sorte de « come back » émotionnel sur la terre de ses ancêtres. Emouvant.

En me permettant toutefois, en marge du texte, cette réflexion de Saint Exupéry – lui aussi un homme d’en haut via l’aéronautique – qui affirmait que nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres mais que nous l’empruntons à nos enfants.

Un texte qui « colle » parfaitement à cet arc –en - ciel de joies et de passions, comme l’écrivait Albert Camus,  qui concluait l’un de mes romans en des termes et surtout une écriture à nulle autre semblable :

 

« Et moi, disait Camus, à travers moi, je veux être cet acteur parfait. Je me moque de ma personnalité et n’ai que faire de la cultiver. Je veux être ce que ma vie me fait et non faire de ma vie une expérience. C’est moi l’expérience et c’est la vie qui me façonne et me dirige. Si j’avais assez de force et de patience, je sais bien à quel degré de parfaite impersonnalité j’arriverai, jusqu’à quelle poussée de néant actif mes forces pourraient aller. Ce qui m’a toujours arrêté, c’est ma vanité personnelle. Aujourd’hui, je comprends qu’agir, aimer et souffrir, c’est vivre en effet, mais c’est vivre dans la mesure où c’est être transparent et accepter son destin comme le reflet universel d’un arc-en-ciel de joies et de passions. »

 

Bernard Vadon

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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