HUMEUR - Vladimir Poutine à Oliver Stone :" La vérité si je mens !"

Publié le 30 Juin 2017

Vladimir Poutine et Oliver Stone : les deux hommes étaient-ils de connivence ?
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Vladimir Poutine et Oliver Stone : les deux hommes étaient-ils de connivence ?Vladimir Poutine et Oliver Stone : les deux hommes étaient-ils de connivence ?Vladimir Poutine et Oliver Stone : les deux hommes étaient-ils de connivence ?

Vladimir Poutine et Oliver Stone : les deux hommes étaient-ils de connivence ?

 

 

Pour être controversé Oliver Stone n’en est pas moins le réalisateur américain qui a talentueusement marqué le monde cinématographique international.

Jusque là rien à dire ou à redire.

Oliver Stone, c’est « Platoon » -  inspiré de sa propre expérience lors de la guerre du Vietnam - (tenue comme l’une de ses meilleures réalisations) mais aussi  « Wall Street » (là, où l’argent ne dort jamais) , « JFK », « Snowden » et autres « Entre ciel et terre », « Tueurs nés » et « The Doors » pour ne citer que ceux-là.

Oliver Stone n’est certainement  pas le premier venu en pays de septième art. Pour bien des raisons, directement ou indirectement liées.

Un statut particulier parce que également fondé sur une notoriété qui ne lui permet cependant pas toutes les libertés d’expressions. Enfin en principe car parler dans la société d’aujourd’hui de principes relève de plus en plus de la gageure.

 

Pourtant, une certaine mégalomanie peut parfois s’immiscer perfidement mais avec force dans une existence favorisée par le succès.

La société humaine est ainsi faite plus encline aux dérapages - conséquences de circonstances spécifiques au plan relationnel et professionnel - qu’à de louables mais difficiles retenues qui sont  l’apanage de fortes et rares personnalités que le profit, sous quelques formes que ce soit, n’intéresse pas.

 

Oliver Stone a de bonnes raisons – une fois n’est pas coutume – de trouver des explications à une initiative dont il n’ignorait pas les effets dévastateurs à court terme. En tout cas, le temps que les écrans ne révèlent ces longs et assez décoiffant échanges avec celui M. Poutine - qui n’a pas de complexes quant à sa puissance eu égard une Russie qui n’a pas encore retrouvé celle des fameux tsars mais dont il affirme qu’elle en prend le chemin. Un vœu qui n’est peut-être pas si pieux.

Sa récente visite dans les somptueux salons de notre château royal de Versailles dans les pas de Pierre le Grand était riche de cette volonté de rester dans le droit fil de l’Histoire.

Ses hôtes du moment peu rompus aux ficelles du pouvoir en ont-ils été conscients ?

En tout cas, il n’est pas difficile de se remémorer l’entretien de Vladimir Poutine avec le président de l’époque, Nicolas Sarkozy, lequel doit encore ruminer (si l’on en croit les rapporteurs de l’incident) sa prétendue impudence quant à se risquer à évoquer devant le maître du Kremlin ces sujets qui fâchent et valurent au président français de l’époque une réplique peu amène, le moins que l’on puisse dire,  de  la part de M. Poutine.

Vrai ou faux 

Chacun a sa version mais il est indéniable que Vladimir Poutine est conscient de sa force et les paroles de certains occidentaux si énergiques fussent-elles ne sont pas faites pour l’intimider.

Même s’il donne l’impression d’être « gentil » … il s’agirait plutôt de cette gentillesse slave qui a toujours fait des citoyens russes les plus fins diplomates de la planète.

 

La démarche d’Oliver Stone arrivait donc à point nommé sous forme de pied de nez magistral aux occidentaux en général et aux américains en particulier que M. Poutine ne porterait pas spécialement dans son coeur.

Les deux hommes étaient-ils de connivence ?

Chacun appréciera ou se fera une idée.

Néanmoins, le fait est là et ces longues  heures d’un dialogue, qui au fond n’en fut pas un – Oliver n’étant qu’un faire-valoir de circonstance -  constituent un extraordinaire coup médiatique sinon un incroyable monologue au cours duquel l’acteur principal, Vladimir Poutine,  se débarrassera, non sans maestria et disons-le non sans talent,  de ces questions relatives autant à la géopolitique qu’à la société en général et russe en particulier. 

Qu’il s’agisse de la Crimée ou de la Syrie ou encore de la Tchétchénie, de l’Otan, de Snowden et de  l’homosexualité, Vladimir Poutine affiche un rare et malgré tout pesant flegme. Mépris ? Peut-être pas. Quoique.

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Pour cela, je ne cache pas que l’homme qui sait parler à l’oreille des chevaux et ne travestit pas sa foi ; qui s’en réfère également au judo pour justifier sa souplesse (tiens, tiens !), me fascine.

En d’autres termes plus expéditifs : circulez il n’y a rien à voir !

Eh bien non, il y a, au contraire, beaucoup à voir, même dans le déni façon Freud.

    «The Putin Interviews » selon la chaîne Showtime est en fait une tribune finement préparée (messieurs les chefs de tous les Etats y compris et surtout le nôtre, prenez-en de la graine !)

Car l’homme du Kremlin n’est pas seulement redevenu puissant mais il est incroyablement persuasif.

Il en apporte l’évidente preuve au long de ce semblant de confession par le truchement d’un regard qui parfois en dit long sur ses pensées secrètes.

 

« Le regard propre à chacun décèle le caractère à celui qui sait lire sur les visages », écrivait, en 1786, l’abbé Roubaud.

En écho,  Pierre-Jules Stahl  lui répond comme pour confirmer la finalité de cette réflexion :

« Si le regard dit oui, et si la bouche dit non, n’écoutez que le regard. »

 

A bon entendeur salut !

 

Quant à Oliver Stone, gaffeur ou complice ?

Alors que je travaillais sur un de mes derniers livres relatant l’épopée de l’Emir Abd el Kader et de mon aïeul le général Daumas, je me suis souvenu du projet de film de Stone sur cette saga qu’il avait envisagé d’intituler :

« Abd el Kader, le collabo ».

Mon sang n’a fait qu’un tour alors que j’étais au coeur de mon récit et je me suis alors évertué à conseiller au rapporteur ami de cette information que le choix de ce terme familier n’était  peut-être pas très judicieux.

Oliver Stone, pas forcément gaffeur ou complice mais à n’en pas douter provocateur.

 

Bernard Vadon

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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