MONDE - Un nouveau scandale à l'actif de l'administration des douanes à l'international après la destruction de deux inestimables herbiers (dont un français). Silence assourdissant des politiques en campagne !

Publié le 11 Juin 2017

Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.
Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.
Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.
Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.

Une plante fragile épargnée miraculeusement par le désastre écologique (ce n'est plus tout à fait de la fiction) et une profession toute entière à la connaissance des plantes et de leurs extraordinaires pouvoirs , condamnée, souvent pour des raisons inavouables et scandaleuses, sur le billot d'une pharmacopée asservie à la seule économie de marché.

 

Est-il besoin de figurer parmi les cinéphiles invétérés pour ne pas avoir été sensibilisé par le film d’animation en images de synthèse américain réalisé en 2008 par Andrew Stanton à qui on doit aussi « Le Monde de Némo » ?

En effet, le robot prénommé Wall-E (en anglais, waste allocation load lifter-earth selon les termes de la robotique) avait été conçu pour nettoyer la terre et la débarrasser de ses déchets.

Nous ne sommes malheureusement plus tout à fait dans la fiction !

Au-delà de cette aventure spatiale et de cette réalisation qui fut couronnée par le Golden Globe du meilleur film d’animation, le prix Hugo pour le meilleur long-métrage dramatique et l’Oscar du meilleur film d’animation, une place sympathique est aussi faite aux sentiments avec la présence d’un autre robot prénommé Eve dont Wall-E tombera amoureux.

D’autant que « la robote » est investie de la mission de s’assurer que la vie végétale n’avait pas totalement disparu de la planète terre.

Nous sommes au XXIIème siècle.

A défaut de fleurs, l’amoureux offrira à sa dulcinée une plante fragile réchappée du désastre écologique.

CRI d’ALARME

Pour moi, une entrée en matière à l’information découverte à la lecture d’une de mes lettres numériques quotidiennes. Un cri d’alarme à propos d’un excès de zèle scandaleux perpétré par les « normalement » et très sérieux services douaniers. En l’occurrence et pour la nouvelle qui nous intéresse : les services des douanes australiens.

Sans systématiquement tirer sur les pianistes représentatifs de cette administration qui, au-delà d’un pouvoir parfois exagéré, ne fait pas toujours dans la dentelle en se réfugiant dans les méandres obscurs d’une réglementation draconienne que certains fonctionnaires appliquent sans trop de discernement, il existe aussi des douaniers – surtout des hauts responsables mais aussi des subalternes - qui font de leur métier et en l’occurrence de leurs prérogatives, autre chose qu’une manière imbécile d’asseoir leur pouvoir de vie et de mort morale.

J’ai personnellement rencontré et gardé pour amis tant en France qu’au Maroc, des fonctionnaires exemplaires plus soucieux de servir et d’aider que de condamner.

Le nouveau scandale qui s’est récemment produit est proprement révoltant et ce qui en résulte tient de l’irréparable.

L’objet de ce courroux : un herbier français historique, vieux de 230 ans, appartenant au Muséum national d’histoire naturelle a tout simplement été incinéré par les services des douanes australiens au nom de la « biosécurité ».

Oui vous avez bien lu, au nom de la « biosécurité » !

Ils sont devenus complètement fous !

LE REGLEMENT, C’EST LE REGLEMENT !

Explication d’un spécialiste :

Cet herbier avait été prêté par les scientifiques français à leurs confrères de l’herbarium de Brisbane dans l’État du Queensland (Australie).

Après de longues procédures administratives (car rien n’est simple avec le code des douanes) l’autorisation fut finalement accordée et le précieux et inestimable herbier français, authentique trésor du patrimoine mondial (pas moins !) a pu s’envoler, au mois de mars dernier, pour l’Australie.

La déplorable affaire ne faisait que commencer car à l’arrivée du précieux paquet, les doctes douaniers australiens déclarèrent (sic) « qu’il manquait des documents de quarantaine pour passer la douane ».

"Des exigences - précise le rapporteur de cette histoire à trois balles - qui ne concerneraient pas les plantes rares du XIXe siècle et qui auraient été officiellement décidées afin d’éviter l’introduction de microbes et de parasites dangereux pour l’environnement et l’agriculture d’Australie dans le cadre du commerce international des fruits tropicaux et des animaux vivants !»

Non, vous ne rêvez toujours pas et selon la formule humoristique consacrée :

« Le règlement, c’est le règlement ! ».

Même si le temps a fait en sorte d’annihiler toute dangerosité éventuelle.

Nenni, circulez, il n’ y a plus rien à voir !

Pour ajouter à leur forfait ces bons douaniers (je vous laisse, le cas échéant et selon votre sentiment, changer la première lettre de l’adjectif attenant) estimant que « les papiers n’étaient pas en règle » procédèrent sur le champ et sans autre forme d’explication (pardon, de réflexion) à l’incinération de l’herbier.

Je n’irai pas jusqu’à justifier mes références par Cicéron ou Virgile interposés pour qualifier cet acte présomptueusement régalien … quoique … mais quand même.

Et là, on n’a même plus besoin de se pincer pour conjurer ce mauvais rêve :

« La perte est irréparable » a estimé Michel Guiraud, directeur des collections du Muséum.

Et d’ajouter :

« On a détruit les indices de la biodiversité d’il y a deux cents ans, lesquels sont importants quand on veut étudier les changements climatiques. »

ET DE DEUX !

Pour faire bonne mesure, les douanes australiennes auraient détruit récemment, et avec une égale absurdité, un herbier contenant de très vieux spécimens récoltés il y a cent cinquante ans sur les sommets de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le long de la côte australienne. Des plantes rarissimes qui n’existent plus aujourd’hui.

Tant qu’à faire on ne pouvait pas les arrêter en si bon chemin de conneries !

Ces plantes étaient d’une importance cruciale dans une zone de la planète particulièrement concernée par le changement climatique. C’est là, notamment, que se trouve la Grande Barrière de corail, d’une importance vitale pour l’avenir de l’humanité.

Non contentes de leur bévue, les autorités australiennes faisant fi des plus élémentaires excuses (il est vrai, ce n’est pas prévu dans le code déontologique de cette administration devant laquelle peu de citoyens du monde ne tremblent pas), rejetèrent , avec un rare aplomb, la faute sur les autres et le ministère australien de l’Agriculture et des Ressources en eau s’est à peine et royalement fendu d’un communiqué attestant (encore sic) « d’un événement profondément regrettable ».

Se défaussant dans la foulée en ajoutant que la responsabilité était partagée et que les botanistes français auraient dû « se soumettre aux conditions d’importation» !

Ben, voyons !

Autrement dit, nos chercheurs du Muséum d’histoire naturelle, dont le cerveau ne peut être taxé d’atrophié, sont supposés connaître la réglementation australienne en matière d’importation de fruits et légumes, et ils n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes si leur herbier a été détruit par les douaniers !

Face à ce scandale, aux répercutions graves, et au silence assourdissant des politiciens de tous bords actuellement plus au fait de leur élection ou de leur réélection n’ont pas, comme on dit, pipé mot. Laissant le soin à d’autres citoyens du monde plus au fait des dangers planétaires le soin de secouer le cocotier de l’imbécilité et en l’occurrence celui des autorités australiennes et de leurs homologues français :

 

« Nous en avons assez de cette indifférence, de ce mépris pour les plantes qui, rappelons-le, fournissent à l’humanité depuis la nuit des temps son alimentation et ses médicaments naturels. Derrière ces gestes insensés, gravissimes et répétés de destruction, il y a une ignorance profonde et une peur des plantes entretenues par les autorités qui ne cessent de jeter le discrédit sur les plantes médicinales."

Jean- Marc Dupuis qui rapporte l’information, précise encore, je le cite :

« Dans la France de 2017 le décret de Vichy qui a abrogé le diplôme d’herboriste en 1941 n’a toujours pas été annulé. La France ne compte plus que 15 herboristeries, contre 23 000 pharmacies, les cueilleurs de plantes sauvages sachant encore récolter la fumeterre, le gattilier, la scrofulaire, la bardane et l’achillée millefeuille, ne sont plus qu’une poignée, seules, 30 plantes sont encore au programme en faculté de médecine, sur plus de 800 000 connues et il est toujours interdit d’indiquer que le fenouil aide à la digestion, que le thym soulage la bronchite, et même que la camomille calme les nerfs et favorise le sommeil ! »

UN METIER DE KAMIKASE

Quant aux derniers herboristes Français, encore en activité, ils sont régulièrement persécutés, tels l’herboriste Jean-Pierre Raveneau, qui tenait une des dernières herboristeries de Paris et qui a été condamné, l’an dernier, à un an de prison avec sursis pour « exercice illégal de la pharmacie » et en récidive pour avoir vendu des tisanes et des huiles essentielles.

Pour sa part, Michel Pierre, de l’herboristerie du Palais-Royal à Paris, a également été condamné par un tribunal en 2013 : la juge ayant reconnu qu’il faisait « tout ce qui était en son pouvoir pour se conformer à la loi », mais celle-ci étant contre les herboristes, ceux-ci sont donc automatiquement hors de la réglementation !

Enfin, Natura Mundi, herboristerie en ligne des Pyrénées-Orientales, est actuellement harcelée par les agents de la DGCCRF.

Et Jean-Marc Dupuis pour le moins et on le comprend, courroucé par ces comportements d’une rare stupidité, d’ajouter en manière de triste conclusion :

« L’herboristerie est devenue un métier de kamikaze. Au moindre prétexte, les stocks sont mis sous scellés. On inflige des amendes aux herboristes, qui doivent s’attendre chaque matin à voir la brigade des fraudes débarquer chez eux et les obliger à détruire leur production. La moindre mention absente ou excessive sur vos étiquettes génèrent des poursuites. Ce harcèlement est évidemment la cause du recul de la connaissance et de l’usage des plantes médicinales. Avec ce recul, l’ignorance et les peurs montent, et c’est ainsi qu’on en arrive à des catastrophes comme celle commise par ces douaniers qui ont évidemment « cru bien faire » en jetant au feu ces herbiers  inestimables. »

Sur ce constat aussi réaliste que dramatique, Jean-Marc Dupuis souhaite que chacun apporte son soutien sinon sa voix pour que cessent ces scandales à répétitions en adressant, notamment et suite à la destruction de ces deux herbiers anciens et irremplaçables, un message au ministère australien de l’Agriculture et des Ressources en eau sans oublier, j’ajouterai, nos politiques nationaux.

Nous nous en faisons « citoyennement » l’écho.

 

Bernard Vadon

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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